
La villa Vaszary, centre culturel de la ville de Balatonfüred (Hongrie), organise du 7 mars au 9 août prochains une exposition intitulé:
« Un jour avec Picasso : vingt-neuf photographies de Jean Cocteau ».
Cette exposition présente une série de clichés pris par Cocteau dans le quartier de Montparnasse le 12 août 1916.
On y découvre ses amis et artistes parisiens dont le peintre Pablo Picasso et le poète Max Jacob. Pour mieux témoigner de ce milieu artistique, l’exposition présente un certain nombre de documents dont l’un est prêté par la Ville d’Orléans. Il s’agit d’ une édition de « L’Imitation de Jésus-Christ », dédicacée par Pablo Picasso et faisant partie du fonds Max Jacob de la médiathèque orléanaise.
Le document et sa dédicace
De fait, né dans une famille juive, Max Jacob se convertit au catholicisme à partir de 1911. Après de longues démarches, il est baptisé le 18 février 1915 sous le prénom de Cyprien. Pablo Picasso, un ami de longue date, est le parrain de Max Jacob et lui offre, à cette occasion, le fameux ouvrage. Dès lors, Max Jacob n’a de cesse de susciter à son tour des conversions, considérant que cela pèsera favorablement pour entrer au Paradis. Robert Szigeti, également d’origine juive, se convertira à son tour, en partie sous l’influence de Max Jacob. Pressenti pour être son parrain, le poète lui remet le livre qu’il avait lui-même reçu lors de son propre baptême. C’est en 1991 que l’ouvrage rejoindra, avec le fonds Szigeti, les collections de la Médiathèque d’Orléans.
Robert Szigeti et le fonds Szigeti
Robert Szigeti (1905-1990) est une importante figure de Montargis. Médecin, il fait la connaissance de Max Jacob avant la guerre et continue, avec le peintre orléanais Roger Toulouse, à le rencontrer régulièrement. Après la Guerre, Robert Szigeti s’engagera en politique et deviendra, notamment, maire de Montargis de 1954 à 1971. Très engagé pour défendre la mémoire de Max Jacob, il présidera l’association des Amis de Max Jacob de 1976 à 1989. Après le décès de son père, Michel Szigeti offrira, en 1991, à la Bibliothèque municipale d’Orléans un important ensemble de correspondance, manuscrits, photographies et ouvrages.
Pour mémoire, le fonds Max Jacob de la Médiathèque d’Orléans se constitue progressivement depuis 1945 et surtout dans les années 60 grâce à de nombreux achats et surtout des donations et des legs prestigieux. Rappelons que Max Jacob vécut à Saint-Benoit-sur-Loire, de 1921 à 1928. Il y reviendra en 1936 pour s’y retirer définitivement et c’est là qu’il sera arrêté par la Gestapo, le 24 février 1944, pour être transféré à Drancy.