#3 La politique version femmes: Estelle Touzin (EELV)

A deux semaines du scrutin départemental, il nous a semblé que l’on pouvait mettre  –aussi – en avant ces femmes qui s’engagent en politique. Parce que c’est aussi méritoire et courageux –voire plus– que de créer une entreprise. A tort, la politique n’a pas bonne presse. C’est pourtant l’organisation de la cité, le vivre ensemble qui sont en jeu. Or, quoi qu’on en dise, la France a besoin d’élus, hommes et femmes qui s’engagent, qui donnent de leur temps pour les autres.  Dans les départements qui, quoi qu’il arrive de la réforme, garderont leur compétence sociale, les femmes seront maintenant aussi nombreuses que les hommes. Dans le Loiret, elles étaient  8 sortantes, conseillères générales, sur 41 élus, après le second tour de scrutin le 29 mars, elles seront 21 femmes sur 42 conseillers départementaux. Nous  avons demandé à cinq candidates de base comment elles ont vécu jusqu’ici leur engagement politique et leur avis sur cette réforme du conseil départemental qui va déboucher sur la parité.

Estelle Touzin restera à jamais quoi qu’il arrive, comme la première femme à avoir mis au monde un enfant –une petite Manon- durant son mandat de conseillère générale du Loiret. C’était en 2013. Toute verte qu’elle soit, et ce n’est pas sa tasse de thé (vert), Eric Doligé avait peut-être secrètement apprécié ce rajeunissement teinté de féminisation de son assemblée, souvent qualifiée de “maison de retraite de la classe politique”.

TouzinAvant d’acquérir une notoriété élective, Estelle Touzin était connue comme le loup blond rue de Bourgogne, au cœur du monde de la nuit Orléanaise pour être la patronne de la Petite folie, un restaurant branché où il faisait bon diner. Déjà elle y triait les déchets et commandait bio, avant de faire “la petite folie” de se présenter aux cantonales. Pourquoi cet engagement à l’époque avec l’étiquette EELV? “Parce que je veux changer de l’intérieur la collectivité et aussi parce que je me veux porte-parole de l’écologie politique”.

Née dans le “neuf-trois”, aux Lilas en 1976, la petite Touzin verra ensuite des pays plus exotiques dans les bagages de maman et papa, ce dernier travaille chez Thales. L’Iran, “du temps du Shah” précise-telle, puis l’Arabie Saoudite. L’histoire ne dit pas, elle est toute jeune, si les tchadors lui donneront par la suite un chouia de sensibilité féministe. Itinéraire plus classique ensuite d’une étudiante d’avant Erasmus. Estelle Touzin parfait son anglais à l’université de Newcastle et apprend la langue de Cervantes en Espagne. Elue en 2011 sur le canton Bourgogne où elle créée la surprise, Estelle Touzin devient une des figures d’EELV sur le Loiret.

“La parité à 100%”

Des discriminations contre les femmes en politiques? “Le frein vient des partis politiques d’abord, nous à Europe Ecologies les Verts, nous avons la chance de pratiquer la parité en interne, autant de femmes que d’hommes.” A-t-elle ressenti une différence de traitement durant son mandat au conseil général? Tout en ayant apprécié la galanterie de certains conseillers qui, confiait-telle au début de son mandat, lui ont tendu la main pour faire ses premiers pas, elle n’oublie pas non plus dit-elle qu’“on se permet des choses qu’on ne ferait pas vis-à-vis d’un homme. Sur la vie privée, demander qui garde l’enfant par exemple”...

Quant au binôme, elle applaudit des deux mains, “ce sera la parité à 100%” et elle ajoute: “dans les remplaçants, une femme remplacera une femme, ce qui empêchera qu’au Front national une femme soit remplacée par un homme”. Comme aux Européennes par exemple. Candidate sortante (sur le canton Bourgogne devenu Orléans 4 Argonne-Bourgogne), Estelle Touzin compose un binôme original. Non pas avec le Front de gauche, comme c’est souvent le cas dans d’autres départements, mais avec Baptiste Chapuis, un socialiste bien implanté dans le quartier. “Nous les écologistes, n’étions pas favorable à ce mode de scrutin”. Et si elle est battue, Estelle Touzin n’en fera pas un fromage, même bio. “Je continuerai à militer”.

 

 

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