José Cardona: l’anarchiste devenu l’ami de l’évêque

Né en 1919 à Minorque aux Baléares, fuyant son île, dernier bastion républicain par la mer, en 1939 pour débarquer en France, il s’est retrouvé quelques poignées d’années plus tard, maire et conseiller général d’un village de Beauce du Loiret, Artenay.

Le musée du théâtre forain.

Le musée du théâtre forain.

Anarchiste et libertaire, passionné d’archéologie et d’astronomie, créateur du musée du théâtre forain, José Cardona nous a quittés il y a dix ans. C’est un bel hommage, teinté de nostalgie et d’humanité qui lui a été rendu lundi dernier, au fil de belles séquences en noir et blanc. Avec en particulier, la projection d’un film rare et rarement diffusé, “l’Espagne vivra” d’Henri Cartier-Bresson. On y retrouve le sens du cadrage qui fait de ce court métrage, un témoignage sensible et personnel du prince de la photo d’actualité.

https://www.youtube.com/watch?v=kVVtMcVfCHg

https://www.youtube.com/watch?v=f1GoLWQjgvw

Des extraits du “Minorquin de la Beauce”, le bouquin de souvenirs écrit par José Cardona et Régis Guyotat, écrivain et journaliste, l’un des organisateurs de la soirée hommage tenu lundi dernier aux Carmes à Orléans (et non à Artenay comme tout le monde l’aurait aimé, y compris le maire, maiis la famille, elle, ne le souhaitait pas) ont été lus. En 1999 lorsque son bouquin sur sa vie est sorti, il répondait dans la presse locale à la question sur l’accueil des Beaucerons lorsqu’il a débarqué de son camp de réfugiés d’Argeles et de Bram par ces mots: “Je me souviens d’un jour où je labourais le champ. Arrive face à moi un agriculteur qui me dit, “dis- donc t’en a tué combien de curé, t’en a violé combien de bonnes sœurs…?” Nous étions perçus comme des rouges”.  

Comme Cincinnatus à Rome

cardonaPlus tard, José Cardonna épousera la fille de son patron et, devenu maire et conseiller général, il fera œuvre de tolérance, d’un humanisme tous azimuts, doué d’une grande culture, apprécié de la droite locale par exemple de Klébert Malécot le président (UDF) du conseil général, de l’évêque Picandet, lui l’ancien anarchiste…“Il dut attendre 1957 pour être naturalisé Français” écrit Régis Guyotat qui l’a aidé dans la rédaction de son ouvrage, “en 1977, comme Cincinnatus à Rome, on vient le chercher dans son champ pour s’occuper de la cité”. Le sénateur Jean-Pierre Sueur qui a longtemps côtoyé José Cardona se souvient d’un “fou de culture qui adorait l’astronomie et la paléontologie et était aussi un ratisseurs de subventions hors pair”.

Il fut maire d’Artenay jusqu’en 2000, en y faisant entrer la lumière de Minorque” écrit Régis Guyotat, écrivain et journaliste. A Minorque dans son île, José Cardona rédigeait quelques chroniques dans le journal local et à Orléans il commit longtemps des billets, sous le pseudonyme de Jehan de Beauce. L’anarchisme mène à tout à condition d’en sortir…

Ch.B

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