Jean-Pierre Sueur : « J’étais avec le ministre des Affaires étrangères tunisien au moment de l’attentat”

Vous êtes président du groupe d’amitié France-Tunisie du Sénat. Au moment où s’est produit l’attentat de Tunis vous accueilliez au palais du Luxembourg le ministre des Affaires étrangères tunisien. Comment avez-vous vécu ce triste événement ? 
Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur

Jean-Pierre Sueur : Nous avons appris cet attentat au moment même où j’accueillais avec mes collègues pour un déjeuner, le ministre des Affaires étrangères tunisien, Taïeb Baccouche, en visite à Paris. Tout le monde était attristé. J’ai fait part à mon hôte très choqué de toute la solidarité du Sénat et des sénateurs.

Quelle a été la réaction du ministre des Affaires étrangères tunisien, Taïeb Baccouche ?

J-P S : M. Baccouche était très inquiet. Il y avait aussi l’ambassadeur de Tunisie en France. Tout le monde était inquiet autour de la table. On a suivi presque minute par minute les événements. Le ministre les a découverts en même temps que nous. D’après ce que m’a dit M. Taïeb Baccouche, les terroristes avaient prévu de s’attaquer au Parlement qui est juste à côté du musée du Bardo, car il y avait une loi antiterroriste à l’ordre du jour et en discussion. Comme ils n’ont pas réussi à rentrer, ils se sont rabattus sur le musée, symbole de toutes les civilisations, ce qu’ils ne supportent pas et veulent effacer.
Que les terroristes s’en soient pris au Parlement tunisien n’est pas surprenant. La nouvelle constitution tunisienne reconnait pour la première fois dans le monde musulman, l’égalité entre l’homme et la femme et la laïcité. C’est une constitution émancipatrice dans le respect des traditions et des cultures, votée par 80% de l’Assemblée. La Tunisie qui est à l’origine du « printemps arabe » s’est doté d’une constitution et a procédé à des élections présidentielle et législatives dans le respect de la légalité et en mettant en place une bonne majorité qui a relégué le groupe Ennahda dans l’opposition.

 La Tunisie était-elle particulièrement menacée ?

J-PS : Le ministre m’a dit que le gouvernement était extrêmement attentif et vigilant face terrorisme. Il y a des menaces, certaines ont été déjouées. C’est un pays ouvert. Sa situation géopolitique et en particulier sa proximité avec la Libye partagée actuellement entre deux gouvernements jouent. La chute du régime policier tunisien a déstabilisé les services de sécurité qu’il faut reconstruire. Les frontières sont poreuses et des djihadistes partis s’entrainer dans les camps libyens reviennent.

Que peut et doit faire la France ?

J-PS : Il y a nécessité d’unir nos efforts. Je ne peux qu’être solidaire de ce que nous a dit le ministre tunisien qui souhaite, au de-là des traditionnels jumelages que notre coopération soit renforcée en particulier au niveau économique. Ce terrible attentat va porter un coup au tourisme qui représente une source de revenus importante pour ce pays. J’ai fait récemment une tribune pour inciter les touristes à continuer à se rendre en Tunisie. C’est le seul pays du Maghreb où le Français est enseigné à l’école, la Francophonie y joue un rôle et Laurent Fabius, notre ministre des Affaires étrangères, s’emploie a consolider nos liens. M. Baccouche nous a dit ses craintes de voir le centre de l’Europe se déplacer vers le nord et distendre les liens avec les pays du sud. J’exprime ma profonde solidarité et ma profonde amitié à l’égard du peuple tunisien et des dirigeants de Tunisie, ainsi que mes pensées sincères à toutes les victimes et à leurs proches et je vais participer ce soir au grand rassemblement qui va se tenir à Paris devant l’ambassade de la Tunisie.

Propos recueillis par F.C.

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Article sans le moindre intérêt. Il aurait pu aussi bien être precise le menu du repas que ça ne l aurait pas déparé.

Comments are closed.






Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail