Les touristes vont être “pistés” grâce à leur téléphone portable

Les touristes qui circulent en région Centre-Val-de-Loire vont être suivis à la trace grâce à leur téléphone portable! C’est Marseille et les Bouches du-Rhône qui avaient “donné le la” pour “Marseille Provence capitale européenne de la culture”. “Développer une approche efficace de l’activité touristique depuis le niveau local jusqu’au niveau départemental et être capable de travailler en temps réel, c’est gagner en expertise sur les missions d’observation, d’études et de veille pour l’ensemble des acteurs du tourisme public et privé.”, dit Isabelle Brémond, la directrice de Bouches-du-Rhône tourisme.  C’est l’opérateur Orange par le biais de sa filiale “Orange flux vision” qui propose ce service nouveau aux professionnels du tourisme. 

La Loire à vélo, un des atouts de la région Centre.

La Loire à vélo, un des atouts de la région Centre-Val de Loire.

Ces millions de données sont collectés automatiquement sur le réseau mobile. Elles sont ensuite traitées de façon anonyme et massive afin d’aboutir à un niveau de statistiques performant pour de nouveaux services”, explique Orange pour vanter son outil  big data.

 

Combien de visiteurs sur une journée

Pas facile en effet dans une région comme le Centre-Val-de-Loire, central par essence et de surcroît en butte à des déplacements quotidiens de population entre l’Ile-de-France et ses départements, de déterminer qui est un touriste en déplacement dans la région et qui est un habitant en migration quotidienne.  “Grace à cette méthode, nous saurons au jour le jour combien de touristes se trouvent sur le territoire”, combien de temps ils y séjournent et, dans les grandes lignes, comment ils se déplacent d’est en ouest ou du nord au sud de la Loire par exemple. Cette enquête a été lancée en début d’année et les premiers résultats seront exploitables début juillet.

Deux départements touristiques, la Touraine et le Cher ont déjà engagé de telles enquêtes. Comment pratique Orange pour “pister” ses clients? Les mobiles des voyageurs sont détectés par les antennes relais de l’opérateur. Pour exploiter les données ainsi collectées, Orange opère ensuite un “redressement”, un peu comme les instituts de sondage, à l’aune de la part de marché que représente cet opérateur sur le parc des abonnés.

Des touristes anonymes quand même

Qu’on se rassure, en ces temps de débat sur les nouveaux pouvoirs donnés aux services de renseignements, le “flicage” ne sera pas personnalisé. Un système d'”anonymisation” des données interdit de conserver l’identité des touristes suivis. “La CNIL a donné son accord”, explique Stéphanie Mangin du Comité régional de tourisme du Centre-Val-de-Loire en charge du dossier.  La Commission nationale informatique et libertés vient aussi d’autoriser Orange à affiner l’étude en déterminant  de quelle région est originaire le visiteur ou de quel pays pour les étrangers. Pour autant, les deux régions qui ont commandé cette étude, Centre-Val-de-Loire et Pays-de-la-Loire, ne suivront pas le touriste dans le moindre de ses déplacements sur un site ou dans un camping. Mais ces enquêtes sont plus fiables et plus rapides que les coûteuses enquêtes de terrain auprès des professionnels.

Ce touriste hollandais sur son grand vélo noir, se pensait peinard, le long de la Loire, seul au monde ou presque. En fait Big brother, en short et en tong, le pistait en Val-de-Loire, avec ses grandes oreilles oranges. Enfin, tant que c’est pour la bonne cause…

Ch.B.

La marque Val de Loire et une place de marché

Alain Beignet, président du CRT.

Alain Beignet, président du CRT.

La marque “Val de Loire” a été officiellement créée mardi à Orléans en présence de dizaines d’acteurs du tourisme des deux régions.

Afin qu’à l’autre bout de la planète à Pékin ou à Sidney, un touriste potentiel choisisse la destination Val de Loire comme une autre grand marque française, Paris ou la Côte d’azur, l’Etat a appuyé la démarche par un contrat de destination. “Notre attractivité va croissant”, explique le président de région François Bonneau, nous partons de l’essence de notre territoire, la Renaissance, les jardins, la Loire, notre histoire représente tout une dynamique, ce n’est pas un Ovni culturel”. Une pierre lancé dans le jardin de Guillaume Peltier, le chef de file UMP, qui propose de créer une sorte de Puy du fou ligérien.

Boutique virtuelle

Sept “marques” touristiques ont ainsi été identifiées par le ministère et le Val de Loire a reçu 70 000 euros en plus des campagnes spécifiques menées par Atout France, les ambassades de notre pays à l’étranger. Alain Beignet, le président du Comité régional du tourisme souligne combien grâce à des produits comme La Loire à vélo qui génère un million de touristes et 20 millions d’euros l’an passé, les séjours sont passés depuis 1998 de deux nuits par touriste en moyenne à six. Pour sa part Pascale Rossler, vice-présidente déléguée, notamment au tourisme et au Val de Loire, met en avant les atouts nature avec ce catalogue de cinq produits et le site sur les itinérances douces.

Début juin, les deux régions sortiront un autre outil qui va faire du bruit, le site internet valdeloire-France.com. Il deviendra une “place de marché” régionale qui, en s’appuyant sur les ADT (départements) et les OT (villes) permettra de “rassembler dans une seul boutique virtuelle” les offres régionales. Avec réservation en ligne possible.  Que le professionnel soit déjà doté ou pas d’un dispositif numérique.  Et pour le gadget, les touristes pourront poster sur le site photos, vidéo et commentaires…

 

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