La poisse du troisième mandat…

Décidément ce troisième mandat de maire d’Orléans porte la scoumoune. Jean-Pierre Sueur (PS) s’y était cassé les dents, Serge Grouard (les Républicains) son successeur, est contraint, quinze mois après avoir été élu triomphalement en mars 2014 pour la troisième fois, de jeter l’éponge en raison de son état de santé. Olivier Carré, son premier adjoint le remplacera.

Déjà en 1988, à la suite du retrait de la vie politique de Jacques Douffiagues (UDF) qui venait d’entamer un second mandat mais qui avait été battu aux législatives, Jean-Louis Bernard (Rad) avait repris le flambeau du maire démissionnaire.

Famar

Olivier Carré qui succédera à Serge Grouard.

Quelle que soit la compassion que l’on peut éprouver à l’égard d’un homme frappé par la maladie et auquel chacun souhaite un prompt et complet rétablissement, on ne  peut que s’étonner de la procédure à nouveau un peu “foutraque” qui a présidé à la communication de cet “évènement”. Une fois de plus, comme il l’avait fait lors de l’annonce de sa candidature à un troisième mandat, dans une posture gaullienne qu’il affectionne, Serge Grouard a fait distribuer une lettre aux Orléanais. L’Orléanais parle aux Orléanais… Enfin pas tout à fait, à tous puisque les habitants de la Source qui ne sont pas tout à fait des Orléanais comme tout le monde, même s’ils payent plus d’impôts, n’avaient pas reçu la missive du maire  lundi.  

grouardUne fois de plus le maire a “oublié” d’informer aussi les médias locaux et régionaux (dans un premier temps), comme les services de la mairie et le conseil municipal d’ailleurs, qui ont découvert la lettre comme tout le monde dans leur boite. Les médias sont “convoqués” mardi midi en mairie, une fois que le contenu de la lettre aura fuité partout. A ceux de nos confrères qui téléphonaient lundi à la mairie pour s’informer, le service de presse n’avait rien à répondre, pas de confirmation officielle. L’idéal eût été quand même qu’Audrey Pulvar, “l’imptertinente”, relayât en primeur l’information! Cela aurait eu plus de gueule que cette vidéo, certes “émouvante” à la République du Centre, qui annonce aussi une interview “papier” pour mardi matin.

Pas de quoi trop se plaindre, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, puisque le maire démissionnaire n’a pas choisi cette fois sa page Facebook, comme lorsqu’il a révélé son hospitalisation, expliquant son forfait aux fêtes de Jeanne d’Arc.

Carré, plus qu’un galop d’essai

carré

Olivier Carré

Tout indiquait jusqu’ici que la succession de Serge Grouard avait été organisée… mais pas avant 2017. Le maire, disait-on, prendrait la présidence de l’agglo devenue communauté urbaine à cette date et Olivier Carré lui aurait alors succédé à la mairie. Lors du dernier conseil municipal, Serge Grouard n’est pas allé au bout des débats. Il a dit lui-même n’avoir pas recouvré tous ses moyens malgré une convalescence de plus d’un mois, après son opération de la vésicule à Paris. La maladie est venue accélérer ce bel échafaudage, au moins dans son second volet. Serge Grouard, il le dit lui-même, n’est pas en état d’exercer ses deux mandats de maire d’une grande ville et de député du Loiret. En sollicitant un troisième mandat en 2014, le maire d’Orléans a-t-il présumé de ses forces?

Olivier Carré qui va lui succéder dimanche, a déjà fait plus qu’un galop d’essai. Le premier maire adjoint avait remplacé Serge Grouard au pied levé aux fêtes de Jeanne d’Arc. Mais le discours du 8 mai avait été écrit par Serge Grouard. Un peu plus tard, Olivier Carré a assumé, cette fois seul, les cérémonies  liées au transfert des cendres de Jean Zay au Panthéon. Tant à Orléans où il fut crédité d’un remarquable discours qu’à Paris en présence du Président de la République et d’une grande partie du gouvernement, il est à créditer d’un sans faute. Politiquement, Olivier Carré, un héritier de l’ancien maire Roger Secrétain, est un libéral alors que Serge Grouard, le filionniste s’en réfère encore et toujours à de Gaulle. Au futur maire d’Orléans, l’on promet aussi la présidence dans le Loiret des Républicains.

Tout  en espérant que le maire démissionnaire d’Orléans, qui reste conseiller municipal, retrouve la totalité de ses moyens, on peut néanmoins trouver dommageable qu’en la circonstance, la maladie rappelle cruellement à tous, les limites du cumul des mandats.

Ch.B

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