Loiret : Shiseido et Orange connectées aux abeilles

 

Conscients des enjeux que représente l’effondrement des populations d’abeilles, Shiseido International France et Orange Centre-Val de Loire ont choisi d’apporter leur soutien à la jeune start-up orléanaise, Label Abeille, en installant, sur leurs sites, des ruches innovantes à boîtiers connectés.

Bertrand Laurentin et Denis Pioger©EB

Bertrand Laurentin, créateur de Label Abeille et Denis Pioger, apiculteur . Photos ©EB

 

 

 

Dans un coin du parc arboré du site de Shiseido à Ormes, des ruches ont été installées à quelques pas de la forêt. Le 5e groupe de cosmétique mondial chercherait-il à développer une nouvelle gamme cosmétique à base de miel ? Non, pas vraiment. « On n’agit pas efficacement aux problèmes de peau avec le miel : ce n’est que du sucre ! assure Daniel Guillermin, PDG Shiseido International France. Notre démarche est purement sociétale. Nous avons choisi de suivre cette belle idée car elle s’inscrit dans la démarche RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et environnementale du groupe ». Ainsi, aujourd’hui 10 ruches dont 2 connectées produisent sur les sites de Ormes et de Gien un miel délicieux que récoltent des apiculteurs avant d’être revendu aux salariés. « L’idée pour nous est de densifier ces installations sur nos sites en France et d’accompagner le développement de Label Abeille à l’international ».

La vie de la ruche en live

Bertrand Laurentin explique le fonctionnement de la ruche connectée

Bertrand Laurentin explique le fonctionnement des ruches connectées

Car l’enjeu est de taille : contribuer à la sauvegarde de la biodiversité. Ici, en l’occurence à la protection des abeilles grâce à la démarche de la jeune start-up orléanaise récemment fondée par Bertrand Laurentin. « Trop de gens ne savent pas encore que les abeilles disparaissent, insiste le fondateur de Label Abeille. En leur proposant des ruches connectées, les entreprises non seulement participent à contrer la disparition des colonies (Colony Collapse Disorder) avec de l’innovation mais ils sensibilisent aussi leurs salariés à une démarche dont ils vont se faire l’écho auprès d’amis, de voisins… ». Munies de capteurs, ces bases, intégrées aux ruches, collectent des données en temps réel sur la santé des abeilles, leur productivité, la température ou l’humidité dans la ruche… consultables depuis une plate-forme Internet dédiée, adaptée aux tablettes et smartphones.

Collaborative, cette plate-forme web permet aux entreprises et aux apiculteurs de se connecter et de suivre la vie des ruches en direct. « Ce système permet de gérer les ruches plus facilement, note Denis Pioger, apiculteur à Coulmiers et intéressé pour accompagner des apiculteurs qui gèreront des ruches en entreprises. On a un matériel connecté que l’on peut interroger à n’importe quel moment et n’importe où. Ainsi, on connaît le poids de nectar que les abeilles rapportent, quand le poids de récolte est atteint, si les abeilles essaiment… Du coup, ça évite des trajets inutiles ».

Donner un sens à la RSE

Véritable levier social, sociétal, écologique, économique et environnemental créeant de la richesse et des emplois, les ruches connectées de Label Abeille aujourd’hui essaiment et font leur chemin auprès de grands groupes, de PME et de collectivités : Val de Loire Technopole et bientôt Lab’O à Orléans, Crédit agricole Centre Loire, et au niveau national, SNCF Développement, mais aussi Total, Vinci, Amazon et Caudalie qui se montrent sensibles au concept. Et pourquoi pas la Villa Medicis et le Palais Farnese à Rome que Bertrand Laurentin aimerait toucher ?

Etienne Bordry (Orange), Bertrand Laurentin (Label Abeille) et Daniel Guillermin (Sisheido)

Etienne Bordry (Orange), Bertrand Laurentin (Label Abeille) et Daniel Guillermin (Shiseido)

« Des projets intéressants il y en peu, et il y a peu de start-up qui mixtent innovation, connectivité, international et Responsabilité Sociale des Entreprises, explique Étienne Bordry, délégué régional chez Orange. C’est un projet qui rentre aussi dans la stratégie du groupe à travers le Plan ‘Essentiels2020’ et la volonté d’Orange d’aider les start-up locales avec un objectif de travailler avec 500 start-up d’ici 2018 dans le monde. Donc on a dit Banco ! ». D’autant que la disparition des abeilles est un sujet qui a trouvé, depuis quelque temps déjà, l’adhésion auprès de nombreux salariés d’Orange : « À travers le programme Let it Bee, ils sont incités à mettre des ruches sur nos sites. Ainsi, sur les 25 sites Orange en France, 60 ruches ont été installées dont 8 sont désormais connectées comme par exemple sur le site de Fleury-les-Aubrais. Les salariés font du miel et le produit de la vente est reversé à des associations. Ça crée des échanges, ils participent aux animations, il y a vrai engagement ».

Objectif : 1000 bases connectées

Objectif atteint pour Bertrand Laurentin et Label Abeille récemment primée au concours du Ministère « I-Lab 2015 » Région Centre-Val de Loire. « Aujourd’hui Label Abeille rentre dans une nouvelle phase : celle de l’industrialisation du concept. Une industrialisation de 1000 bases connectées qui devrait démarrer vers le mois d’octobre pour une commercialisation envisagée en février 2016. L’idée est aussi de redesigner la console et d’aller plus loin dans le développement technique avec le souhait que tout ceci se passe dans le Loiret et pas en Chine ! ». A bon entendeur !

Estelle Boutheloup

 

 

 

 

 

 

 

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