Le PS orléanais monte au créneau avec Pierre du Lys

Réagissant à la publication demaison pierre du lys orléans notre article du 10 septembre annonçant la mise en vente de la Maison de Pierre du Lys par la SEMDO (voir Magcentre), le Groupe des Elus Socialistes Verts et Apparentés à la Mairie d’Orléans  a publié un communiqué ce 13 septembre fustigeant la décision de la mairie d’abandonner le projet initial d’en faire une médiathèque, en rappelant que depuis la transformation de l’Hotel Dupanloup en luxueuse résidence universitaire, les habitants du quartier Bourgogne se sont vus privés de bibliothèque.

Les socialistes s’interrogent également sur la couteuse rénovation de ce bâtiment historique qui débouche sur une mise en vente qui  semble ne même pas couvrir le cout des travaux.

Avec l’abandon du projet de rénovation de la friche Dessaux, c’est ainsi l’ensemble du projet culturel du centre historique d’Orléans qui se réduit comme une peau de chagrin.

GP

Voici l’intégrale du communiqué:


La vente de la maison « Pierre du Lys », perte d’un NOUVEL équipement public à Orléans
 
On a appris il y a peu (Magcentre du 10 septembre 2015), que la maison « Pierre du Lys », à l’angle des rues Saint Flou et des Africains, qui aurait appartenu au frère de Jeanne d’Arc, était à vendre. Il avait pourtant été prévu, lors de la mandature Grouard II, qu’elle accueille les locaux d’une médiathèque de quartier (cf :Orléans.mag n°101, septembre 2012). 
Cette décision surprenante, prise en catimini, est la dernière d’une série de cafouillages, de projets ratés et de renoncements successifs qui signent la faillite de ce qui devait être, au cœur du centre ancien, le « grand quartier culturel d’Orléans ». Elle démontre une absence de vision, à moyen et long terme, plusieurs incohérences et deux questions centrales : 
 
Les incohérences :
  • Il y a un peu moins d’un an, le groupe d’opposition  « socialistes, verts et apparentés », prenait acte « avec tristesse », de l’abandon du projet culturel prévu pour la requalification des anciennes vinaigreries Dessaux. Il rappelait à cette occasion que ce projet était lui-même un produit de substitution, après l’échec d’une première tentative de transformation des bâtiments industriels en site universitaire. Remodelé à la hâte, mais resté en piteux état lors du mandat 2008-2014, ce dossier est donc désormais clos, sans que l’on sache à ce jour ce que va devenir la friche actuelle, en plein centre-ville. On ne sait pas davantage si la bibliothèque promise plusieurs fois aux habitants du quartier Bourgogne en remplacement de l’hôtel Dupanloup verra le jour d’ici 2020. »
  • Cette sombre prédiction s’est réalisée, pour le plus grand préjudice d’Orléans et des riverains de Bourgogne, sans qu’un quelconque projet alternatif soit le moins du monde évoqué.: 
 
Les questions :

1. Une question financière d’abord : Le bâtiment est cédé pour 500.000 € nous dit-on. Or, le coût de l’opération de « restauration patrimoniale » (en fait, une reconstruction pure et simple, puisque la municipalité avait laissé le bâtiment se dégrader irrémédiablement)  était de 700.000 € « entièrement pris en charge par la ville » (cf : La République du Centre du 21/12/2013). Est-ce un principe de bonne gestion de vendre à si bas prix,  à des investisseurs privés alors que l’on est ici en cœur de ville, avec un coût de foncier élevé, un édifice qui a coûté si cher au contribuable Orléanais ? 
 
2. Une question politique ensuite. En effet, pourquoi renoncer à faire du bâtiment « Pierre du Lys » une médiathèque, et priver ainsi les habitants du quartier d’un équipement culturel de proximité ? Rappelons en effet que l’ancienne bibliothèque du secteur Bourgogne était localisée dans l’hôtel Dupanloup. Ceux-ci ayant été affectés à un usage universitaire, une solution provisoire de repli avait été trouvée dans la salle Hardouineau. Or, cette dernière vient d’être prêtée au Conservatoire, les habitants du quartier étant invités à se rendre à la Médiathèque centrale, place Gambetta.
 
Une nouvelle fois, voilà des décisions qui n’ont fait l’objet d’aucun débat public, et qui privent de nombreux Orléanais d’un service dont ils disposaient auparavant. 
Les écoles du quartier, tout comme les étudiants qui logent dans les nombreuses résidences universitaires du secteur, attendaient en effet la réouverture d’un lieu dédié à la culture, à la lecture et aux nouvelles technologies. 
 
Pour toutes ces raisons, le groupe « socialistes, verts et apparentés » demande  à la Majorité municipale de revoir sa décision, de surseoir à cette absurde mise en vente, et de rendre à la maison « Pierre du Lys » sa vocation de médiathèque publique
 
pour le groupe socialistes, verts et apparentés,
Corinne Leveleux-Teixeira 
et Marie-Emmanuelle Matet  (Conseillère municipale du secteur Bourgogne), 

Commentaires

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  1. Merci à Mag’ Centre d’avoir levé pareil lièvre!!!!
    Ancienne employée de la Médiathèque, j’avais suivi attentivement toutes les étapes de ce projet, remis plusieurs fois en question.
    Mais, vendre, à vil prix, sans aucune concertation ou explication donnée à quiconque, un bâtiment conçu spécialement en fonction de l’espace donné pour le livre et les nouvelles technologies et visant à satisfaire aussi les besoins des étudiants ….. alors là ?????
    Merci à la nouvelle municipalité de revoir cette décision absurde.

  2. Je ne peux que réagir et m’attrister de cette nouvelle, qui ne me surprend guère : la ville déteste les bibliothèques dont les personnels sont à ses yeux de redoutables gauchistes – comme moi bien sûr ! Certes, entretenir des établissements culturels coûte à la collectivité qui préfère les effets de masse comme miss France ou le festival de Loire. Pourtant la lecture publique, même si tous les citoyens ne sont pas de grands lecteurs, reste un des éléments fondateurs pour les jeunes et un élément de réflexion pour les autres. Je déplore la braderie – que vous avez laissé faire – à l’université de l’ancien évêché que vous appelez à tort “hôtel Dupanloup” du nom d’un des curés les plus réacs du XIX. siècle… alors qu’il eût pu devenir le navire amiral d’un espace culturel autour du musée, du conservatoire, du cercil, de l’école royale gratuite de dessin… En réduisant comme une peau de chagrin les moyens accordés à la lecture, les usagers vont se lasser et le tour sera joué : plus de visiteurs, donc plus besoin de bibliothèques. Je ne peux que plaindre mes successeurs et leurs collaborateurs et fustiger les élus qui font ce sinistre travail de destruction…

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