Boëdic, l’île où s’est suicidé Me Metzner, rachetée par un magnat lyonnais

Depuis sa vente au printemps dernier le mystère planait sur l’identité du nouveau propriétaire de l’île de Boëdic, dans le golfe du Morbihan. Une île entourée d’un halo de mystère depuis que son précédent propriétaire, Maître Olivier Metzner qui l’avait transformée en un petit paradis, avait été retrouvé noyé en mars 2013 sur l’une des plages de Boëdic. L’enquête avait conclu au suicide.

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Mise en vente au printemps 2014 par les héritiers du ténor du barreau parisien, l’île de Boëdic, sept hectares entre l’île d’Artz et la côte de Séné, commune dont elle dépend, et qui a été somptueusement aménagée, a été racheté par une société civile agricole au prix de 4 millions d’euros. Mais le vrai propriétaire, “une des plus grosses fortunes de France”, souhaitait garder l’anonymat.

Xavier Beulin, président de la FNSEA

Xavier Beulin, président de la FNSEA

 

La rumeur Xavier Beulin démentie

Il n’en fallait pas plus pour que les hypothèses les plus fantaisistes circulent dans le golfe. La rumeur a ainsi évoqué le nom d’un ancien Premier ministre. Jusqu’à celui de Xavier Beulin qui se serait dissimulé derrière cette société civile agricole pour se payer cette fastueuse résidence secondaire! Cela méritait enquête. Le président de la FNSEA par ailleurs patron de Sofiprotéol et président du CESERE de la région Centre-Val de Loire, aurait-il remonté l’Atlantique depuis le port de la Rochelle, dont il est le président, pour s’offrir cette île paradisiaque à la sortie de Vannes, la plus belle du golfe selon les agents immobiliers ?

Les bateaux de croisière qjui font visiter le golfe passent  tous devant Boëdic.

Les bateaux de croisière qui font visiter le golfe passent tous devant Boëdic.

Cette rumeur, propagée par le capitaine d’un bateau qui fait visiter le golfe aux touristes, s’était même répandue jusqu’à Paris. Xavier Beulin, qui n’en n’avait pas eu vent, nous l’a lui-même démenti.

La 71 ème fortune de France

Magcentre est en mesure aujourd’hui de révéler le nom de l’heureux propriétaire de Boëdic qui se “cache” derrière cette SCEA. Il s’agit de Christian Latouche, 71ème fortune de France, fondateur et PDG du groupe Fiducial, un patron de choc qui emploie dans le monde 71 500 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaire de 1,68 milliard de dollars dans 80 pays.

Christian Latouche, patron de Fiducial.

Christian Latouche, patron de Fiducial.

Christian Latouche, magnat lyonnais qui a la réputation d’un homme d’affaires discret, voire secret, a créé en 1970 Fiducial qui fournit des services d’expertise comptable et d’aides juridique aux entreprises. Le groupe s’est ensuite diversifié, dans la gestion de patrimoine, la surveillance privée et même la presse. Au début des années 2000, Il a ainsi racheté deux magazines, Lyon mag et Lyon capitale, puis en 2010 une chaîne de TV câblée, Lyon TV. Christian Latouche, 75 ans, réputé très à droite, et même un temps proche de Bruno Mégret selon certaines sources, se heurta à une levée de bouclier des journalistes lorsqu’il voulu en 2011 reprendre deux journaux économiques, la Tribune et l’Expansion.

Par le biais d’un domaine agricole

IMG_0113La société propriétaire de l’île de Boëdic est la SCEA Le Roucas d’Eygalière, qui a servi de “couverture” à Christian Latouche et à sa famille pour s’installer en toute discrétion sur l’ïle. Le Roucas d’Eygallière est une société civile d’exploitation agricole dont il est le co-gérant et qui produit de l’huile d’olive dans les Alpilles, non loin de Saint-Rémy de Provence (Bouche-du-Rhône). Et qui possède aussi un  haras.

Absent de l’avant-scène nationale, Christian Latouche, bordelais de naissance, se veut un homme de l’ombre, pas bling bling pour un sou, qu’on ne croise que dans le microcosme de Lyon, où son groupe a son siège, et où lui prête des accointances avec Jean-Michel Aulas, le patron de l’Olympique lyonnais. Pourtant c’est dans le ballon ovale que son groupe, Fiducial, a choisi d’investir en devenant actionnaire du Stade Toulousain il y a un an.

Christian Bidault

Décor du film “Le cavaleur”

Jean Rochefort dans Le Cavaleur

Jean Rochefort dans Le Cavaleur

En 1970, alors que le nouveau propriétaire, Christian Latouche créait Fiducial qui allait faire sa fortune, Boëdic, 7,5 hectares, n’était encore qu’un rocher paumé à quelques centaines de mètres d’Arradon, aujourd’hui la commune chic du golfe. En 1970, Philippe de Broca  plante ses caméras sur ce rocher breton pour y tourner “le cavaleur”. Jusqu’en 2011, l’île est la propriété d’ostréiculteurs, la famille de Bernard Gopy et des parcs à huîtres jouxtent encore aujourd’hui Boëdic. En 2011, un maître du barreau, maître Olivier Metzner rachète l’île pour 2,5 millions d’euros. Il la rénove somptueusement avec des matériaux de qualité voire précieux.

IMG_0301Trois bâtiments  de pierres ont été construits sur l’île et somptueusement rénovés par l’avocat: un manoir baptisé “le château”, avec deux étages et 16 pièces dont neuf chambres et huit salles de bain, une longère de 33 mètres de long avec un salon au décor design, et une délicieuse petite chapelle à la pointe du morceau de terre, plus deux bâtiments annexes pour les gardiens.  Boëdic , d’où l’on a paraît-il le plus beau point de vue sur le golfe, est aussi riche de deux plages

A la vente de l’île par l’agence de luxe Sotheby’s, ainsi aménagée par l’avocat, qui est chauffée à la géothermie grâce à un puits de 90 mètres de profondeur, les prix estimés étaient montés jusqu’à 7 voire 10 millions d’euros. Durant la saison, les bateaux de croisière qui font la visite du golfe au départ de Vannes passent entre le continent et Boëdic. Les capitaines qui racontent les histoires de ces îles, dont certaines appartiennent ou ont appartenu à des “people”, comme Danièle Darrieux ou Yves Rocher, savaient jusqu’ici simplement que Boëdic n’était pas tombée dans l’escarcelle d’un grand du show biz ou du cinéma. Boëdic, est l’une des 42 îles du golfe du Morbihan dont la plupart sont des propriétés privées.

Avant sa vente au printemps dernier, le conseil départemental du Morbihan avait été saisi d’une déclaration d’intention d’aliéner obligatoire. Le département y est en effet propriétaire de zones naturelles sensibles. Séné, la commune dont dépend l’île, n’a pas non plus souhaité exercer son droit de préemption.

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