Régionales : Nicolas Sansu, le dernier des Mohicans

ruban

Allaité à la foi de coco, Nicolas Sansu est de la tribu des durs et purs. Naguère on les appelait les « Stals ». Aujourd’hui, ces peaux rouges qui ont réussi à reprendre le bastion de Vierzon ne font plus guère pow-pow qu’avec les « Front de Gauche ».

Portrait #2 : Nicolas Sansu, le dernier des Mohicans

sansuFils de vieux sage (Michel Sansu, six mandats PCF dont deux dans l’opposition, dauphin de Fernand Micouraud aux cantonales de 1992), Nicolas n’est pas un pied tendre avec les anciens alliés de circonstance, le peuple de la rose au poing. L’histoire est trop forte. Ca remonte à l’année 1990, l’annus horribilis pour les communistes de Vierzon qui sont éjectés de la mairie par le « socio-traître » Jean Rousseau, alors secrétaire de la section PS la plus forte du Cher. Il est soutenu dans sa félonie (Ouh ! Ouh !) par l’UMP.

Nicolas fait alors ses classes. Né le 17 juin 1968 – « le jour de l’arrêt de la grève chez Renault Billancourt ! » aime-t-il lancer en bombant le torse. L’autre référence historique est le 4 décembre 1986, lorsqu’il se trouve face à « la fameuse charge des CRS » contre les étudiants, Esplanade des Invalides. Son baptême du feu contre la loi Devaquet lui a laissé de toute évidence le souvenir olfactif des grandes batailles.

Trois ans plus tard, lorsqu’il est élu au bureau national de l’UNEF, le monde assiste à la chute du mur de Berlin. Il n’y a pas de hasard.

Nicolas Sansu prend sa carte au PCF. Pas plus que son parti, Jacques Rimbault alors député-maire PCF de Bourges, ancien maire-adjoint de Vierzon, devenu la figure emblématique du PCF du Cher, n’a jamais digéré cette « révolution de 89 ». Ce présidentiable convoité en 1988, condamne le « hold-up politique » et lance un anathème définitif sur le renégat Rousseau : « Ainsi, la droite est de retour à Vierzon…».

Élu tourbillonnant

sansuMalade, Jacques Rimbault appelle Nicolas en 1993 comme « secrétaire particulier » pour préparer sa succession. Le jeune homme vient d’aiguiser sa plume dans le camp des sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen. Au décès de Jacques Rimbault, il devient le directeur de cabinet de son successeur, Jean-Claude Sandrier. Il restera son attaché parlementaire.

Un DEA d’économie en bandoulière, c’est bientôt le temps des premiers revers politiques (municipales à Vierzon en 1995, cantonales de 2001) qui forgent les futurs conquérants. Il entre en 2004 au Conseil général et d’emblée est nommé vice-président en charge des transports. « En charge » est la formule appropriée pour cet élu tourbillonnant passionné d’escalades.

Et puis vient le temps des victoires : 2008 (municipales contre Jean Rousseau dès le premier tour) ; en juin 2012 il succède à Jean Claude Sandrier et entre en fanfare à l’Assemblée nationale : en 2014, il conserve la mairie de Vierzon (en deux tours). Le voici tête de liste régionale d’un parti qui n’est plus ce qu’il était, d’où sa proposition d’alliance avec les écolos au premier tour et avec le PS au second… Un cornet de glace Cerise, Pistache, Framboise ? C.P.F. Un goût subtil d’anagramme.

Patrick Martinat.

Portrait #1 : Philippe Vigier, le mousquetaire-corsaire

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.