Région: la droite boude Jean Zay avant la dernière séance

Rien n’y fait: 71 ans après son assassinat, Jean Zay fait encore clivage. Jeudi, le CESER et le conseil régional ont inauguré une plaque baptisant l’hémicycle du nom du ministre de l’Education nationale et des Beaux arts du Front populaire. Après le transfert des cendres de l’Orléanais, toute sa vie persécuté comme Juif et franc-maçon, on aurait pu espérer qu’à Orléans Jean Zay ferait consensus.

La plaque as été dévoilée jeudi matin avant la session.

La plaque a été dévoilée jeudi matin avant la session.

D’autant plus que la mairie de sa ville natale lui avait rendu un vibrant hommage pour son oeuvre en matière d’éducation et de culture. Est-ce le contexte de la campagne électorale qui a entraîné un boycott qui n’a pas voulu dire son nom? En tous cas, aucun membre de l’UPRC (LR et UDI) n’a assisté à cette brève cérémonie qui a réuni plusieurs dizaines de membre du CESER et de conseillers régionaux de la majorité. Certains membres de l’UPRC (LR et UDI) ont argué qu’ayant trouvé porte close de l’hémicycle ils étaient allés boire un café, oubliant le panneau inaugural qui barrait l’entrée. Paradoxalement le groupe du Front national était représenté par son président, Michel Chassier, même si d’autres membres comme Bernard Chauvet revendiquaient leur opposition en raison de “l’affaire du drapeau”, un écrit de jeunesse de Jean Zay.

Il doit “nous réunir”

Hélène Mouchard Zay devant la dédicace à son père Jean Zay.

Hélène Mouchard Zay devant la dédicace à son père Jean Zay.

A l’heure où Hélène et Catherine, les filles de Jean Zay ont dévoilé la plaque, une réunion de campagne était organisée par la liste de Philippe Vigier et Guillaume Peltier à la Maison des entreprises à Orléans avec quelques patrons de PME, à laquelle participait notamment Charles-Eric Lemaignen.  Ce n’était qu’un hasard. Soucieux de ne pas jeter de l’huile sur le feu à propos de ce “boycott” sans doute involontaire, François Bonneau déclarait à l’heure du déjeuner que l’exemple de Jean Zay “doit nous réunir”. 

“Le personnel ne doit pas être l’otage de la politique”

conseil regionalLors du débat matinal de la dernière session avant inventaire, le consensus a étonnamment présidé au débat. Notamment sur les aides d’urgence à l’agriculture, avec 2,6 millions d’euros pour 3 000 éleveurs qui s’ajoutent aux aides de l’Etat, et qui ont été votées à l’unanimité. François Bonneau s’est félicité de la sérénité de ces débats. “Cela prouve que nous sommes capables par delà les postures politiciennes de débattre sur le fond, sans mettre en stand by les dossiers, avec une exigence de continuité de l’action publique”. Seule exception, des interventions polémiques sur le rôle des fonctionnaires régionaux. Pour sa dernière session, Jean Delavergne, le patron du groupe vert, n’a pas résisté au plaisir d’allumer la droite qui rend hommage aux services lors des sessions et qui “sur les estrades” de la campagne affirme que les fonctionnaires auraient “tous les pouvoirs”. Pour le président sortant, “le personnel ne doit pas être l’otage de la politique” et “sa neutralité doit être respectée”. C’est aussi l’avis de Charles-Eric Lemaignen (LR) pour qui les fonctionnaires “ne doivent pas se substituer au travail des élus” à deux ou trois exceptions près. Or lorsqu’il exerçait les fonctions de DGS (directeur général des services) à la région, sa “neutralité”, en 1998, n’était pas allée jusqu’à désavouer l’alliance entre le RPR et une partie de l’UDF avec le Front national. 

Jean Delavergne

Jean Delavergne

Lors du débat sur la décision modificative du budget, d’autres escarmouches ont opposé majorité et opposition sur des polémiques de campagne, notamment les Cap Asso et les travaux de l’aéroport de Châteauroux, approuvés par les écologistes (16 millions d’euros pour un hangar consacré à la maintenance des avions). En revanche, Jean Delavergne a fait entendre sa différence sur les projets de nouvelles lignes passagers depuis Déols “à l’heure de la COP 21”. C’est là une des divergences avec  le PS qui “justifie” que les écologistes veuillent se compter lors du premier tour du 6 décembre en faisant liste à part. Autre point de divergence, une subvention à la manifestation Open Agrifood, que les Verts auraient voulu attribuer à l’Ecopole. Ce qui n’a pas empéché EELV de voter ce budget d’étape avec la majorité, tout comme le Front de gauche.

Le nouveau conseil régional issu des urnes sera installé le 17 décembre.

Ch.B 

Commentaires

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  1. Pas tres brillant le comportement de la droite régionnale entre les soit disants républicains et les faux culs centristes-chrétiens démocrates. Ah que l’on était bien en 1942 avec le maréchal !! en fait, aucune différence entre eux et la droite extreme. Bientot une nouvelle majorité régionnale PR-FN-centristes comme en 1998 avec Pelletier dans le role de B Haran.

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