Au commencement était le dessin

Certes l’affiche n’est pas très attractive, mais surtout ne manquez pas cette exposition sur les trésors de dessins du Musée des Beaux Arts d’Orléans !

L'enlèvement de Proserpine, attribué à Charles de La Fosse

L’enlèvement de Proserpine, attribué à Charles de La Fosse

Un trésor

Choisis dans l’immense réserve de 10.000 dessins, les cent vingt dessins proposés dans cette exposition sont un tout petit aperçu du trésor, le deuxième de France dit-on, que recèle le Musée d’Orléans. C’est un panorama qui couvre six siècles d’une pratique intrinsèquement liée à la création picturale: le dessin, de la “Femme avec deux lansquenets” attribué à Urs Graf (?) (début du XVIième siècle) jusqu’au “Paon indien” (2013) de l’artiste orléanais André Robillard, beaucoup de grands noms sont représentés, Véronèse, le Titien, Boucher, Fragonnard, Greuze, Géricault, Ingres, jusqu’à Rodin, Pissaro, Picasso ou Cueco.

L’art sur le vif

Car le dessin, c’est l’art sur le vif, la pensée créative se réalisant par la main de l’artiste, dans une image, une esquisse ou une aquarelle, et comme l’explique fort bien cette exposition le dessin sert autant à préparer une œuvre (comme la série des Léon Cogniet pour un plafond du Louvre), qu’à noter une idée qui germe sur un paquet de cigarettes comme ces deux petits dessins de Picasso que l’on retrouvera dans l’immense “Guernica” au musée du Prado (Madrid).

Mais le deuxième génie de cette exposition, c’est de mettre scène le support technique du dessin, démarche pédagogique s’il en est, expliquant au visiteur,  de visu, tous les outils et tous les supports utilisés dans cette production picturale: de la plume au stylo bille, et du parchemin aux magnifiques carnets d’aquarelles comme celui de Charles Pensée. Tout cela donne une furieuse envie de dessiner, que l’exposition concrétise par un atelier où tout un chacun peut s’exercer à un art dont la spontanéité cache toute la subtilité…

Sauvegarde et restauration

Enfin l’exposition nous explique dans une salle plus technique, comment sont restaurées et sauvegardées ces œuvres, souvent produites dans l’éphémère, afin que la postérité puisse encore s’émerveiller de l’esprit créatif des artistes.

Pas de doute, Cécile Bignon, restauratrice des Arts Graphiques, et Bénédicte de Donker, conservatrice, réussissent par cette exposition à nous faire partager leur passion pour cette partie méconnue du Musée d’Orléans.

Gérard Poitou

“Le dessin, de l’atelier au musée” du 15 octobre au 31 janvier
tous les jours sauf lundi 10 h -18 h
Musée des Beaux Arts d’Orléans 1 rue Fernand Rabier 45000 Orléans

Visites exceptionnelles de l’atelier de restauration et des réserves d’arts graphiques : le 29 novembre à 15h30 et le 15 janvier à 18h
(nombre de places limité, sur réservation au 02 38 79 21 83)

A l’occasion de cette exposition, l’association des Amis des Musées d’Orléans a édité une série de cartes postales des dessins exposés, en vente à la librairie du Musée des Beaux Arts

http://musees.regioncentre.fr/expositions/le-dessin-de-l-atelier-au-musee

 

Etude de Bacchante endormie (1855) Léon Riesener

Etude de Bacchante endormie (1855) Léon Riesener

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