Le Commencement de la sagesse ?

Gérard Hocmard

Gérard Hocmard

Par Gérard Hocmard

Il faut bien de temps en temps qu’une lueur vienne percer la chape des nuages de l’actualité : la nouvelle selon laquelle le député Razzi Hammadi vient de déposer une proposition de loi visant à l’impôt pour tous est de celles-là.

Car s’il y a bien quelque chose qui devrait être supporté par tous, à proportion de ses revenus, c’est le coût de fonctionnement des services de l’État. Après tout, en démocratie, l’État, c’est nous et c’est justement en démocratie que le mot de contribuable devrait prendre tout son sens.

Razzy Hammadi

Razzy Hammadi

À l’heure actuelle, indépendamment de toute la frange assujettie à cet ISF qui rapporte, à ce qu’on dit, moins à l’État qu’il ne lui coûte, le poids de l’impôt direct pèse sur moins de la moitié des citoyens. Or la démagogie pré-électorale promet encore de réduire cette proportion, ce qui ne peut que diviser l’opinion publique et dresser si besoin est les Français les uns contre les autres.

« Cela ne coûte rien, puisque c’est l’État qui paye ! »

Ceux qui payent l’impôt –parfois à revenu égal que ceux qui ne le payent pas parce qu’ils ont un salaire plutôt que des allocations diverses– ont un très fort sentiment d’injustice à la perspective de voir leurs contributions augmenter mathématiquement. Tout cela parce que le prince a décidé de reconquérir, pour autant que ce soit possible, sa base électorale sans avoir réfléchi que sa vraie base électorale sont les fonctionnaires.

impotsPour ceux qui en sont dispensés et trouvent normal de bénéficier des services de l’État sans y contribuer, les autres ne peuvent qu’être « riches » puisqu’ils payent. Comme s’il n’existait pas un monde entre la famille à deux salaires relativement bas appelée à verser des impôts et les gens, effectivement plus riches, assujettis à l’Impôt sur la Fortune dont l’exode continu contribue à la prospérité des pays voisins tels que Belgique, Suisse ou Grande Bretagne. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on entend un auguste ex-énarque qui a pourtant bien dû avoir des cours d’économie proférer à propos de je ne sais plus quelle dépense que : « cela ne coûte rien, puisque c’est l’État qui paye ! ».

L’impôt « universel » : un symbole fort

Il est évident que, dans l’idée de M. Hammadi (qui rejoint là des propositions voisines faites par des personnages aussi diamétralement éloignés que MM. Mélanchon et Mariton), la contribution qui serait demandée à ceux qui actuellement ne payent pas d’impôts ne saurait être que symbolique. Ce pourrait par exemple être la vingtaine d’euros des amusants « frais d’établissement des rôles » qu’acquittent déjà les contribuables pour que soit fait le travail pour lequel les fonctionnaires des services fiscaux sont par ailleurs payés.

Mais rendre l’impôt « universel » serait un symbole fort, une mesure de salut public bienvenue, pour réconcilier entre eux les citoyens et raccommoder un tissu social qui en a – ne trouvez-vous pas ? – bien besoin.

Gérard Hocmard.

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. M. Hocmard semble ne pas aimer les fonctionnaires (même s’il bénéficie certainement de beaucoup des “services de l’État” qu’assument ces mêmes fonctionnaires honnis !), ni M. Mélenchon dont il estropie le nom (par simple maladresse ou sciemment, comme on estropiait la prononciation du nom de François “Mitran” ?).

    Dommage car le sujet mérite que l’on y réfléchisse et que l’on aille plus loin dans l’analyse de la proposition très pertinente de M. Razzy Hammadi. À suivre ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *