Serge Grouard défenseur de la liberté de la presse… sur Facebook

Grand défenseur de la liberté de la presse et de la liberté tout court (surtout à Paris), Serge Grouard vient d’écrire un billet sur… facebook. Oui sur facebook, réceptacle ordinaire et quotidien des pires insultes, rumeurs, fakes, diffamations, photos truquées et autre vidéos de décapitation, d’incitation au djihad et tutti quanti.

grouard facebook

Oui sur facebook qui se fout comme de l’an 40 (ou à peu près), des lois sur la presse, qui garantissent justement la liberté d’expression, et qui a, entre autres, pour objectifs de couler les médias que ce réseau dit “social” aura pillés sans vergogne. Si l’ancien maire d’Orléans aime tant la presse et s’il a entrepris de la défendre  -noble cause-  et de “défendre le débat démocratique et combattre le dogmatisme” comme il l’écrit, que ne propose t-il à un média de publier son billet, Magcentre, par exemple, l’aurait fait volontiers ?

Le député du Loiret qui veut faire rayonner Orléans a certainement proposé sa prose au Monde ou au Figaro qui n’en ont sans doute pas voulu… et c’eût été descendre évidemment bien bas que d’écrire sur un site régional qui, lui, se vante d’exercer sa liberté éditoriale et son sens critique à l’égard de tous les pouvoirs dont celui de l’ancien maire notamment…

Comme disait Pascal, “vérité en-deçà du périphérique parisien, erreur au-delà”. 

Magcentre

Post Scriptum:  Rappelons ici, pour les orléanais arrivés depuis peu, la procédure abusive employée par Serge Grouard il y a quelques années contre le blog désobligeant du fameux Fansolo, procédure ayant conduit à un lourde condamnation financière du bloggeur, finalement annulée en cassation, ou la procédure engagée par le correspondant local de Libération… (voir Médiapart) Hasard de calendrier, Fansolo alias Antoine Bardet sera présent prochainement, dans une librairie orléanaise, pour parler de son aventure blogguesque, nous ne manquerons pas d’en informer nos lecteurs…

Serge Grouard, député du Loiret sur sa page Facebook

guillemets-anglais-ouvrant Liberté d’expression à deux vitesses : ras-le-bol du prêt à penser !

En janvier dernier, la France entière s’est levée dans un élan patriotique et républicain pour défendre l’une de ses plus précieuses conquêtes : la liberté d’expression.
Nous avons tous été Charlie, lecteurs ou pas, en accord ou pas, gênés voire choqués ou non par son contenu.
Il est une évidence : la liberté d’expression ne se divise pas. Elle est pour tous.
Pourtant, il y a bien deux poids, deux mesures. Moins d’un mois avant les attentats de janvier, elle avait été mise à mal par iTélé qui déprogrammait soudainement l’une de ses émissions phare, dans laquelle débattait, face à Nicolas Domenach, Eric Zemmour. Une décision consécutive à des propos dont on apprit d’ailleurs plus tard qu’ils n’avaient pas été prononcés par le journaliste.
Plus récemment, Eric Zemmour a reçu le prix littéraire Combourg-Chateaubriand pour son ouvrage « Le suicide Français » et sa conférence à l’issue a été perturbée par des manifestants lui reprochant… son intolérance !
Dans les deux cas, cela s’appelle la censure. Ce n’est pas acceptable.
Personne ou presque ne s’en est offusqué. Pourquoi cela ? Sans doute pour deux raisons. D’abord, par l’influence insidieuse, voire la pression de cette bien-pensance véhiculée par une petite nomenklatura qui s’érige en censeur et s’arroge le droit de dresser la liste des infréquentables (Zemmour, Finkielkraut, bientôt d’autres ?)
Lâche et hypocrite censure qui ne s’exprime jamais au grand jour mais qui oblige à taire les sujets qu’elle réprouve en s’attaquant à ceux qui veulent les porter. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui, forts de cette arrogance qui n’est que la démonstration de leur ignorance, se sont toujours trompés dans notre belle histoire de France, depuis le sinistre pacifisme des années 30 jusqu’à leur antigaullisme primaire.
Et qui ont continué de se tromper lorsque, par exemple, ils dénonçaient –et avec quelle véhémence- le débat sécuritaire des années 2000 et notamment les mesures que je prenais dès 2001 pour rétablir la tranquillité publique à Orléans (avec un résultat de -68%, et des mesures que beaucoup de villes imitent maintenant). Et qui continuent de se tromper aujourd’hui lorsqu’ils veulent interdire tout débat sur l’immigration. Et qui ne reconnaissent jamais leurs erreurs.
Mais il y a plus.
Cette censure fonctionne tellement bien par l’opprobre faussement moral qu’elle fait planer sur ceux qui ne lui font pas allégeance, qu’elle finit par ne même plus avoir besoin de s’exprimer. La bien-pensance et la peur d’y déroger finissent par s’emparer de la pensée tout entière. On sort de la censure pour entrer dans l’interdit. L’alternative devient dramatiquement simple : la soumission au prêt-à-penser ou la déchéance morale et le bannissement de la sphère politico-médiatique. Et chacun alors de se conformer à ce soft big brother pour ne pas risquer son courroux. Nouveau catéchisme des temps modernes, nouveau confessionnal. Autocensure. A l’extrême, M. Zemmour est interdit d’antenne sans qu’il n’y ait plus besoin d’aucune pression extérieure. Miracle de la pensée unique. Lobotomisation. Le méchant a été puni. Vive l’Inquisition, le tribunal révolutionnaire, ce doux terrorisme intellectuel, qui vous susurrent ce qu’il convient de penser.
Oui mais voilà : le peuple, lui, qui est souvent plus sage et plus courageux que ses pseudo-élites, le peuple ne l’entend pas ainsi. Il se rebelle, il récuse, il gronde. Il dit à ceux qui l’écoutent qu’il n’aime pas qu’on lui dicte sa pensée. Il dit que depuis le chevalier de la Barre, en passant par la Bastille, la « nuit des Lampions » de février 1848, le mur des fédérés ou autres, il en a vu d’autres et qu’il ne se laisse pas intimider. Alors on s’étonne, on s’offusque, on condamne. On ne comprend rien en tout cas.
On ne comprend pas que ce n’est pas en bâillonnant les voix dissidentes que l’on fera taire les inquiétudes du peuple de France, bien au contraire. Il suffit de regarder le résultat des urnes pour s’en convaincre.
Les journalistes de Charlie Hebdo et Eric Zemmour partagent le point commun fondamental d’agiter les idées et de susciter réflexion et désapprobation. Inquiétante conséquence, les uns comme les autres sont placés sous protection policière. Ce n’est acceptable ni dans un cas ni dans l’autre. Comme il n’est pas acceptable que l’un soit censuré.
Je ne partage pas toutes les idées de Charlie Hebdo tout comme je ne partage pas toutes les idées d’Eric Zemmour. J’ai simplement la chance d’être Français, et de pouvoir librement décider de ce en quoi je crois ou pas.
Cette tribune n’est pas destinée à défendre un journaliste en particulier, mais à défendre le débat démocratique et combattre le dogmatisme dont les Français ne veulent plus.
« Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre » écrivait G. Orwell.
Alors que les journalistes de Charlie Hebdo, Eric Zemmour et les autres continuent librement de s’exprimer. Parce que c’est aussi cela « une certaine idée de la France».

 

Commentaires

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  1. Facebook est effectivement tout ce qui en est dit dans ce billet mais on y trouve aussi des choses que la presse ne diffuse pas ou seulement lorsque l’info a suffisamment agité les rézosocios. Par exemple dans le conflit Air France, si l’image des cadres perdant leur chemise a circulé en boucle sur toutes les chaines, et les photos dans la presse écrite, personne n’avait diffusé la vidéo de cette salariée qui tentait de dialoguer avec une direction qui ne lui faisait même pas l’aumône d’un regard, et qui fut vue par un million d’internautes. Ce n’est qu’un modeste exemple, mais au regard de la manière dont fonctionne une majorité de rédactions aujourd’hui, comme autant de lieux de diffusion du seul point de vue ordo-libéral, on ne peut faire le reproche à certains d’aller chercher ailleurs une information différente ou d’essayer, faute de mieux de s’y exprimer. Le pluralisme des idées et de l’expression n’est pas la qualité majeure de nos médias appropriés par quelques oligarques. Quand aux chroniqueurs et grands éditorialistes ils méritent tous, par leur unanimisme, le qualificatif de “nouveaux chiens de garde” que leur a attribué un documentaire récent. En attendant, que vive Magcentre bien sur !

  2. Serge Grouard montre simplement – mais on ne l’ignorait pas – qu’il est un adepte du “Faites ce que je dis, pas ce je fais…”
    Les Orléanais qui ont de la mémoire se rappellent ainsi que, sitôt arrivé à la tête de la ville, il avait fait augmenter sensiblement son salaire en jurant – pour justifier la démarche – qu’il serait “un maire à temps plein” !
    Avant de se faire élire député peu de temps après…

  3. Et où est le mal de publier sur Facebook ?
    Après tout c’est le plus grand des réseaux sociaux actuels ! Vous-même à Mag-Centre, vous y publiez également. tout comme moi et des millions d’autres personnes.
    Je comprends que vous auriez préféré que SG publiât chez vous. Mais désolé, vous avez beaucoup moins d’audience que Facebook, c’est un constat que vous ne pouvez pas nier.

    Quant aux reproches que l’on peut faire à Serge Grouard concernant le passé, vous avez raison, je lui avais moi-même fait observer que c’était sans doute malhabile de persister à attaquer Fansolo qui n’était alors qu’un clown, et que cette action ne pouvait que donner davantage de retentissement à une “affaire” qui n’en était pas une au départ.

    Mais le problème, rappelez-vous, c’est que précisément Fansolo n’avait pas publié ses élucubrations sous son nom, pas même sous son pseudo, mais de manière parfaitement anonyme pour la plupart des lecteurs lambda.
    La question n’a donc jamais été de l’empêcher de publier ses blagues discutables, mais de le faire de façon sournoise, et ce pour une raison évidente : le nom d’Antoine Bardet figurait alors sur la liste Municipale d’Opposition !… C’est une chose qu’il ne fat pas oublier dans le contexte de “l’affaire”…
    Je m’en était très largement expliqué à l’époque de la “blogosphère orléanaise”.

    On peut publier ce que l’on veut dans la mesure où on l’assume en SIGNANT ses écrits. Aucun journaliste digne de ce nom ne dira le contraire. Et le courage d’ASSUMER ses positions est évidement la contrepartie naturelle de la LIBERTE d’EXPRESSION.

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