Philippe Geluck à Orléans jeudi : “avec Jeanne d’Arc, boutons la morosité hors la France”

Philippe Geluck à Orléans ce jeudi 5 novembre pour un spectacle gratuit au cinéma Pathé.  Le dessinateur et humoriste propose un one man show à l’occasion de la parution de son nouvel album « Le chat fait des petits ». Celui-ci se présente sous la forme d’un coffret contenant trois opus « Le scrabble du dimanche, Desseins du Chat, Prêchi-Préchat ». La librairie « Passion Culture » gère la distribution des places.

Question : C’est la deuxième fois que vous venez  à la rencontre  des Orléanais ?

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Philippe Geluck

Philippe Geluck : Oui et c’est avec plaisir.Il y a un  an environs,   c’était pour une dédicace. Je n’en fais plus, la médecine m’ayant contraint à ménager  mes doigts si je voulais continuer à dessiner. Je vais donc présenter,  échanger, dialoguer avec le public, avec les amoureux du Chat.

Homme de théâtre, de radio, de télévision, dessinateur, vous êtes submergé de travail, vous n’arrêtez jamais ?

Ph.G : Je suis contraint de travailler le dimanche et tout le week-end à la maison ce qui rend furieuse mon épouse. Elle voudrait jouer au scrabble et me harcèle jusque sous la douche. Je le raconte dans « Le scrabble du dimanche ». Comme je finis par m’exécuter, en attendant qu’elle pose son mot je la dessine. Pour la faire rire, la séduire, renouveler l’intérêt qu’elle peut me porter, lequel m’est indispensable  et pour la déstabiliser un peu dans  sa recherche des mots. Au fil des parties, des dizaines de situations cocasses prennent forme sous mon crayon. Ainsi sont nés les trois livres du coffret de 72 pages chacun. Finalement ma femme est très contente

Le Chat a 32 ans. Il est né en 1983. Il était temps pour lui de faire des petits et un petit troisième qui ne ressemble pas aux deux premiers…

Ph. G : La trentaine, c’est l’âge où les générations actuelles font des enfants. Pour les deux premiers Le Chat s’y est pris de façon très classique. Pour vous expliquer je pourrais ressortir le dessin  que j’ai réalisé pour mon faire-part de mariage, lequel a donné naissance à mon animal. J’y avais dessiné un monsieur chat qui honorait une madame chat. C’était il y a 32 ans. D’où vient le troisième ? Une infidélité due à l’usure passagère du couple ? Ou bien, plutôt, d’ une adoption, du recueil d’un petit être qui vient d’ailleurs, qui est différent ce qui n’empêche pas qu’on l’aime et qu’il vous aime ? Je laisse toujours une ouverture, la possibilité pour chacun  d’imaginer ce qu’il veut, ce qu’il ressent.

Le Chat vit avec son époque et comme l’on vit dans son époque. Il est un être marié qui a une vie de famille. Vous auriez pu le placer sur un autre versant de l’actualité, vous auriez pu l’envisager homosexuel. Le mariage pour tous peut-il être le sujet d’une prochaine aventure ?

geluckPh.G : Pour l’instant  je ne suis pas allé sur ce terrain mais pourquoi pas dans un prochain album. Je dessine toujours sur la religion et les terroristes mais je fais toujours attention de ne pas blesser. Tous ces récents attentats, celui de Charlie hebdo m’ont profondément blessé mais je n’ai pas peur.

L’humour du chat qui renouvèle sans cesse ses réparties résulte-t-il d’une tournure d’esprit innée en vous ? Vous parlez beaucoup de la famille l’avez-vous reçue de vos parents et l’avez-vous transmise à vos enfants ?

Ph.G : L’humour résulte d’une éducation à l’humour, je l’ai reçue de mes parents. Il existe une pédagogie du second degré que mes parents m’ont transmise et qu’il faut transmettre. Dans  la période de resserrement moral que nous traversons le second degré est en danger. Aux gens de ma génération il semblait acquis au même titre que la liberté d’expression et la démocratie. Ces valeurs sont attaquées.  Mes enfants,  Antoine et Lila possèdent chacun un solide humour, qui leur est propre, qui leur ressemble. Ils me font mourir de rire.

Le musée du Chat s’ouvre à Bruxelles en 2019 ?

PH. G : Oui et j’en suis très heureux. Le gouvernement belge  rénove un bâtiment qui était en très mauvais état dans le quartier des musées près du palais royal.  Ce sera le musée du dessin humoristique. Il y a des musées de la BD pas du dessin humoristique. Je vais financer et superviser les aménagements intérieurs et faire don d’une grande partie de mes originaux. Je veux créer un fonds avec des œuvres de dessinateurs internationaux et organiser des expositions temporaires des maîtres de l’humour comme Siné, Sempé, Reiser, Bosc ; Bien sur mon Chat aura sa place réservée et je vais calibrer des expositions qui pourront voyager.

Imaginons que Le Chat et Jeanne d’Arc se rencontrent à Orléans que peuvent-ils bien se dire ?

Ph.G : Parlant d’une seule voix « Boutons la morosité hors de France ».

Recueilli par Françoise Cariès

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