Easy Rider : de la Sologne à l’Opéra Bastille

Easy Rider n’est vraiment pas le genre de cantatrice ou de baryton que l’on est habitué à entendre et à voir à l’Opéra. Cet imposant bœuf charolais a été choisi au mois de mai par le metteur en scène Roméo Castellucci pour tenir le rôle du Veau d’or dans Moses und Aron à l’Opéra Bastille jusqu’au 9 novembre.

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Sa préparation  a commencé au mois de juin en Sologne, à Sainte-Montaine dans le Cher  chez Jean-Philippe Varin, fondateur et gestionnaire de la société Jacana spécialisée dans  le dressage de nombreuses espèces animales pour le cinéma, la publicité et les spectacles.  Easy Rider a été quotidiennement  et progressivement habitué à être au contact rapproché de l’homme, des éclairages et de la musique.

Hébergé à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort pendant son séjour parisien il n’arrive à l’Opéra qu’une heure avant la représentation  et n’apparait sur scène que deux fois quinze minutes dans une cage de verre. Après la dernière représentation il regagnera la Sologne. Comme n’importe quel artiste  Easy Rider touche un cachet, soit 5000 euros par soirée.

Capture d’écran 2015-11-06 à 19.58.05Le traitement réservé à ce pacifique bovidé pour certains drogué, son immobilité et son enfermement sur scène ont ulcéré les amis des animaux qui ont mis en ligne une pétition adressée à Fleur Pellerin, ministre de la Culture.

Elle a depuis réuni près de 20 000 signatures : « Aucun animal ne devrait être utilisé pour notre divertissement au nom de l’art et une institution aussi influente que l’Opéra National de Paris se doit de montrer le bon exemple », dit le texte accusateur. Le communiqué diffusé par l’Opéra de Paris au lendemain de la première attestant du bon traitement de l’animal est loin d’avoir calmé ces protestations. 

Jean-Philippe Varin qui a entrainé l’’ourson de l’Ours de Jean-Jacques Annaud, les oiseaux du Peuple Migrateur de Jacques Perrin et  le grand cerf de la dernière publicité du parfum Lolita Lempicka  réplique, « Pendant des mois on lui a passé l’opéra de Schoenberg dans son pré et on l’a familiarisé avec les éclairages. Il est trente minutes à peine sur scène. Il est bien mieux que les taureaux qui restent dans des box pendant huit jours au Salon de l’Agriculture ».

F.C.

Commentaires

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  1. Imposer l’audition d’un opéra de Schoenberg pendant des mois à qui que ce soit est déjà, en soi, une torture abominable. À lors, à un pauvre bœuf qui ne demandait rien à personne, c’est monstrueux et devrait être poursuivi devant les tribunaux !
    Bon, je rigole, quoique… Schoenberg n’est pas à la portée de toutes les oreilles, même les plus mélomanes !

  2. Se taper un bœuf à 5 000 € la soirée, je suis candidat.
    Effectivement depuis ces articles estampillés “Goracentre”, on ne sait plus ce qui est sérieux ou pas …

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