“Mon Roi”, ma souffrance

mon roi bercot

Ça commence par une séance chez le psy, séance inaugurale d’un discours crypto-lacanien autour du genou révélant l’inconscient du “Je/Nous” comme symptôme de la blessure de notre héroïne, métaphore que le film va dérouler dans une sorte d’hymne à la souffrance, physique et mentale, et se terminer, deux heures plus tard, dans une scène grotesque avec les instituteurs de l’enfant du couple, pour constater au vu de sa production picturale, l’inscription du conflit des parents, chez un enfant devenu une sorte d’objet transitionnel de ceux-ci.

Entre ces deux balises psychologisantes, on navigue à vu, dans le temps et dans l’espace, entre les affres de la rééducation dans un centre de thérapie, havre de ressourcement jeune et joyeux quelque peu décalé, d’un genou blessé, et les crises inlassablement répétées de rupture/réconciliation d’un couple dont la femme apparait comme la victime addictive, follement/bêtement éprise d’un homme devenu salop jusqu’à la caricature.

Alors bien sûr, le film donne lieu à quelques scènes d’anthologie hystérico-lacrimales de Tonie (Emmanuelle Bercot), scènes qui lui ont donc valu ce Prix d’interprétation féminine à Cannes, mais l’ectoplasme (Vincent Cassel), genre bad boy sexy affublé de tous les défauts du genre, mytho, toxico, gigolo qui tient lieu de mâle dans ce récit, est tellement ridicule, caricatural et prévisible, que les cris de sa victime finissent par nous rendre indifférents à son triste sort, comme les doses d’à peu près tous les psychotropes que l’héroïne s’ingurgite au fil du film.

L’hystérie est peut-être une pathologie, mais pas une tragédie…

Gérard Poitou

“Mon Roi” un film de Maïwen  2 h 4 mn

avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot

 

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