Jean-Luc Reichmann : du micro au livre

Après Drucker et d’autres vedettes de l’audio-visuel, Jean-Luc Reichmann, l’un des présentateurs préférés des Français  se raconte dans un livre. « T’as une tache, pistache » n’est pas à proprement parler une biographie.

ob_15fd88_1507-1Personnage atypique, pas vraiment «  people » bien qu’appartenant à ce milieu, cet originaire de Toulouse, fils d’un dirigeant de grande surface, se penche, avec sa gouille habituelle sur des « éclats de vie », des moments  et des faits qui ont forgé son caractère et l’ont aidé à construire sa carrière.

Il n’était pas évident pour Jean-Luc Reichmann de devenir un homme de télévision et de théâtre, celui qui rentre dans tous les foyers par petit écran  interposé à l’heure de midi. Il est né avec une tâche lie de vin sur le visage  qui n’est plus un secret pour personne. Bébé, ses parents ont tout tenté pour la faire disparaître, en vain. Les enfants sont cruels entre eux. A la récré, « nez râpé, nez rouge » ont fusé. Pire en sixième, un prof lance en plein cours, «  La Tache, au tableau ».

Aujourd’hui, le chirurgie pourrait faire disparaître cet angiome intempestif. Mais Reichmann fait avec et l’assume pleinement : « Devant ma glace, je me sens beaucoup moins bien en masquant ma tache qu’en la montrant en plein jour. Sans elle, je ne me reconnais plus ». Bien malgré elle, sa petite sœur l’a aidé à positiver. « Cette différence m’a renforcé. Quand j’ai eu 10 ans, ma petite soeur est née sourde. Jusque là, ma tâche était au centre de toutes les attentions en famille et puis, tout d’un coup, c’est devenu tout à fait bénin par rapport au handicap de ma soeur. Le problème s’est déplacé. Sans le vouloir, ma sœur m’a beaucoup aidé. Malgré la différence, on peut y arriver, je peux  en  témoigner”, écrit-il.

Allergique à l’injustice

Un autre évènement  dramatique a forgé le dynamisme dont fait preuve Jean-Luc Reichmann, cash, plein d’empathie pour les autres,  gentil et les pieds sur terre, toujours dans le présent : « A 23 ans, j’ai eu un très grave accident de moto. Un type m’a renversé à pleine vitesse. On me croyait mort, je suis tombé dans le coma. Au réveil, dix huit fractures, cent trente points de suture, la rate éclatée, des muscles scalpés et neuf mois d’immobilisation. J’ai vécu des souffrances physiques et psychiques inimaginables. J’ai voulu le raconter aux gens que j’accompagne le midi à la télévision et qui sont peut-être à l’hôpital, ou seuls chez eux, et en souffrance. Depuis cet accident, je vis au jour le jour. Je peux éventuellement envisager demain, mais pas après demain. Le plus dur pour moi a été quand, une fois guéri, j’ai voulu rencontrer l’homme qui m’a renversé, pour comprendre, et qu’il m’a claqué la porter au nez. Je suis, depuis, allergique à l’injustice ».

Le grand bain de la télé

1510393_949811738395617_158673377671771474_nIl ne lui fut pas facile de  se sentir bien dans le grand bain de la télé. Mais du sport ce volontaire a retenu une chose « ne jamais baisser les bras…. Sauf si ça fait partie de la chorégraphie. Agir, se placer dans l’inconfort permanent, se mettre sans cesse en danger plutôt que de rester sur ses acquis moelleusement assis ». C’est avec ce bagage mental que Jean-Luc Reichmann a abordé l’univers de la télé et y a fait son trou. Au cours d’un déjeuner, devant la presse quotidienne régionale de toute la France, il raconte cet univers dans lequel il a plongé et qui n’est pas celui des bisounours « Avant de réussir à la télé, j’ai connu des moments de galère, de chômage, de traversée du désert. Mais je me suis battu, j’ai pris des risques. Quand on me dit que j’ai de la chance, que tout est plus facile, je réponds que je l’ai provoquée. Moi aussi j’ai eu des embuches, des galères professionnelles ! Avant d’être à l’antenne, je me suis fait virer de Fun Radio, j’ai été chauffeur de salle pour l’émission de Nagui « N’oubliez pas votre brosse à dent », ai multiplié les castings pour faire de la figuration dans des téléfilms, fait la voix Off de « Motus »,  » couru après les cachets en enregistrant toutes sortes de jingles, ai été la voix d’RFM… En 2000, j’ai tout quitté : la radio et les Z’Amours pour proposer  « Attention à la marche » alors que France 2 n’est voulait pas. J’ai dit « si je n’arrive pas à vous convaincre, je partirai ». Un saut dans le vide, alors que j’avais une famille à charge. Mon téléphone n’a plus sonné pendant des mois. Jusqu’à ce que TF1 programme l’émission ! ».

12196176_1011598375550286_3656302199691867343_nPour digérer un tel parcours, pour le mettre en perspective, il a entrepris après l’avoir repoussé dans le temps « T’as une tache, pistache » à la demande de son éditeur, Michel Lafon. Deux ans d’écriture pour ce livre illustré par sa femme, Nathalie : « Je me suis servi de mon histoire pour faire passer des messages positifs. Jouer avec les mots pour me jouer des maux. Les gens me côtoient depuis des années à la télévision sans savoir qui je suis. Les lecteurs vont découvrir mes tics et mes tocs. Je me suis surpris à aller chercher des choses aussi profondément enfouies au fond de moi. Mais j’ai voulu me montrer tel que je suis. D’ailleurs j’écris comme je parle ! », du Reichmann dans le texte.

F.C.

 « T’as une tache, pistache »  Jena-Luc Reichmann

Michel Lafon,  312 pages 17 euros

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