Bougies, fleurs et paix devant l’hôtel de ville de Tours

De nombreux Tourangeaux se sont spontanément mobilisés après les attaques de vendredi soir à Paris. Les marches de l’hôtel de ville sont devenues dimanche, comme cela avait déjà été le cas en janvier, un lieu de recueillement.

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Dimanche soir devant l’hôtel de ville de Tours.

Allume-gaz à la main, Ursula rallume les bougies que le vent a soufflées. À ses côtés, ses deux enfants rapprochent d’autres mèches de la flamme d’une bougie. Ce geste, ils sont plusieurs à le faire. Malgré l’interdiction de la préfecture d’Indre-et-Loire de se rassembler pour le week-end, une petite vingtaine de personnes s’est retrouvée, silencieusement, face aux lueurs des bougies, aux fleurs et aux pancartes.

Ma tante était musulmane…

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Des centaines de bougies…

Ursula s’éloigne des centaines de bougies posées sur les marches. Ses enfants ne rallument plus les bougies, mais tracent au sol des dessins à la craie. « On est tous unis, confie-t-elle. C’est bien qu’il y ait de tels élans de spontanéité, ça me provoque de l’émotion. »

Derrière elle, Wahid se tient debout, les mains dans les poches. Sa tante, Djamila, a été lâchement assassinée par les terroristes rue de Charonne vendredi soir. Sur la grille, il a suspendu un dessin de la Tour Eiffel entourée de bougies. « Ce que je crains, c’est que ces événements donnent une nouvelle fois une mauvaise image de l’Islam, explique-t-il. Comme moi, ma tante était musulmane. Ça n’a pas empêché qu’elle soit tuée. » Mélanie a dix-huit ans. À la craie rouge, elle écrit le hashtag « PrayforParis » sur la façade du bâtiment. « Ils agissent avec des messages qui ne veulent rien dire, s’emporte-t-elle. Toutes les religions sont pacifistes ! Et les musulmans vont une nouvelle fois être montrés du doigt. »

Arrêter tout ça

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Musulman et contre le terrorisme…

Une grosse voiture blanche ralentit en passant devant l’hôtel de ville. La fenêtre s’ouvre. En sort un smartphone. Le passager photographie rapidement la petite troupe pacifiste. Pendant ce temps, Nikita coince un bouquet avec trois roses dans la grille. Étudiant originaire de la Crimée en Russie, il a encore en tête le crash d’un avion russe en Égypte il y a deux semaines. « Je suis venu en soutien aux familles des victimes, confie-t-il, les yeux brillants. Il faut combattre le terrorisme. Il faut arrêter tout ça. » Sur le trottoir d’en face, un jeune homme met la béquille de sa moto. Il s’immisce au sein du petit groupe de personnes. Se recueille quelques secondes. Puis s’en va.

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Chez chacun, un sentiment règne : celui de l’unité. « N’importe qui doit pouvoir croire en ce qu’il veut », dit Alix. Elle vient de dessiner un symbole d’amour et de paix sur la façade du bâtiment. À côté, Morgane et Émilie parlent du rassemblement prévu au même endroit demain, lundi 16 novembre, à 19 h. Il vient d’être annoncé sur les réseaux sociaux. Pas moins de 1 000 personnes ont déjà promis qu’elles y seraient.

Aubin Laratte

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