Éric Cantona : « je suis un grand enfant »

« Le voyage d’Arlo » le dernier film d’animation Disney Pixar est sur les écrans à partir de mercredi prochain. Dans un monde où les dinosaures ne se sont jamais éteints et où les humains vivent en pleine nature, ce film idéal pour les enfants à l’approche de noël raconte un voyage initiatique, un passage à l’âge adulte. 

Arlo, un enfant apatosaure, a peur de tout. Son père lui confie une mission pour qu’il puisse faire ses preuves mais il échoue et se retrouve loin de sa maison. Il rencontre Spot , une petite créature mi-homme mi- chien, très courageux, déterminé et plein de ressources. Ensemble ils accomplissent un voyage riche en rebondissements et en rencontres inattendues entre autres avec «  Le collectionneur », un mystérieux styracosaure qui vit en pleine nature et a peur de presque tout. Pour se protéger et se fondre dans le paysage il a réuni une collection d’oiseaux inoffensifs qu’il transporte. Pour converser en Français il emprunte la voix d’Eric Cantona qui nous a expliqué pourquoi et comment il a accepté le rôle. Nous l’avons rencontré à la veille des attentats parisiens lors de la présentation du film à la presse

cantona 1Comment vous a-t-on fait la proposition de ce doublage ?

Cantona : Un jour le téléphone a sonné. On m’a expliqué, j’ai dit oui, pourquoi pas.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette aventure 

Le collectionneur lui-même. C’est à sa façon un illuminé qui peut sembler rustre mais très gentil et qui a peur de tout. En plus il est de bon conseil.

Quel plaisir trouvez-vous à prêter votre voix à un personnage de dessin animé ?

J’aime énormément ça. J’y retrouve la raison pour laquelle j’ai voulu être acteur, les sensations de cette période entre 3 et 10 ans où l’on prend un objet , n’importe lequel et on lui fait vivre des histoires, jouer des personnages et avoir des émotions. Et, puis, un beau jour, aux alentours de 10 ans je m’en rappelle parfaitement, avec le même truc en main, la magie n’opère plus. d’un coup, on entre dans le monde des adultes.

J’ai la nostalgie de cette période de ma vie et c’est pour çà que j’ai voulu devenir acteur. Si, par exemple, je prends une photo, c’est pour éterniser un moment et pouvoir la regarder dix ans après, retrouver et ressentir l’état dans lequel j’étais au moment où je l’ai faite. Même chose pour une peinture. Poser ma voix sur un personnage animé, c’est retourner à ce moment de mon enfance et j’éprouve énormément de plaisir à redevenir l’enfant que j’étais.

L’univers de Pixar vous est-il familier ?

Forcément, j’ai quatre enfants. Ils ont 26, 20, 6 et 2 ans. Alors tout ce qui est Nemo, Cars, etc… Je suis bien obligé de le connaître d’autant plus que je suis un grand enfant qui se régale autant qu’eux.

Vous avez du plaisir à revenir à votre enfance, à en retrouver les sensations, les objets, lesquels étaient vos préférés ?

Je gardais soigneusement des posters de Bruce Lee et je dormais avec mes chaussures de foot qui ne laissaient pas de place aux bandes dessinées.

Après le foot, le cinéma et le théâtre. Comment s’explique ce passage ?

Beaucoup de choses se rejoignent dans ces univers à priori différents. Que je sois sur un terrain de football ou sur la scène d’un théâtre, je joue au sens propre et littéral du terme. Ensuite tous ces domaines demandent du travail qui est indispensable pour acquérir la confiance en soi et en son art. C’est elle qui amène le plaisir et fait perdre de vue le mot jeu. On peut avoir un don autant de talent que l’on peut imaginer on n’est rien sans le travail. Il m’est arrivé de jouer au football avec des gens qui étaient plus doués que moi mais qui n’ont pas atteint le très haut niveau par manque de travail. Le don ne fait que 20 à 30% du footballeur et du comédien. Enfin le public aussi joue un rôle très important dans tous les cas. Un match à huis clos avec les mêmes joueurs ne peut soutenir la comparaison avec une rencontre devant 40 000 spectateurs.

Au cinéma vous apparaissez dans des univers très différents. Pourquoi ?

Je ne sais pas trop. Je n’ai pas envie de toujours faire la même chose. J’ai des envies, je les fais connaître. Jusqu’ici mon chemin s’est construit naturellement. HPC et Pixar ne sont pas la même chose. Ils ne touchent pas le même public et ne payent pas pareil. Mais tout ce que j’ai fait, je l’ai fait avec le désir de le faire. C’est une bonne très raison.

On vu a vu récemment en couverture de l’hebdomadaire ELLE poser nu avec votre compagne Rachida Brakni en manteau rouge et avec qui vous jouez « Victor » qu’elle a mis en scène au Théâtre Hébertot, pourquoi ?

Nous avons trouvé que c’était une idée forte, pas parce qu’il y avait de la nudité mais parce que ça disait quelque chose sur la relation homme- femme et la perception qu’on en a.

Propos recueillis par F.C 

 

 

 

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