État d’urgence : les maires de Loir-et-Cher se retrouvent et s’informent

A circonstances exceptionnelles, réunion exceptionnelle : les maire et parlementaires du département était invités par le préfet pour les informer des suites de l’état d’urgence.

De g. à d. : colonel Eric Chuberre (gendarmerie 41). Frédéric Chevallier (proc). Yves Le Breton (pref). Guy Milin (DDSP). Delphine Baglin-Le Goff (Directrice académie).

De g. à d. : colonel Eric Chuberre (gendarmerie 41). Frédéric Chevallier (proc). Yves Le Breton (pref). Guy Milin (DDSP). Delphine Baglin-Le Goff (Directrice académie).

D’ordinaire la Maison de la Magie à Blois est plutôt réputée pour ses illusions. Mais vendredi 20 novembre dans l’après midi, l’ambiance était au réel et à la gravité. Les 291 maires et les 5 parlementaires du département étaient invités pour une réunion d’information, en présence du préfet Yves Le Breton, du procureur de la République Frédéric Chevallier, du DDSP (Directeur départemental de la Sécurité publique) Guy Milin, du colonel Eric Chuberre (Commandant du Groupement de Gendarmerie départementale) et de la Directrice d’Académie Valérie Baglin-Le Goff. 160 élus ont pointé à l’entrée de l’amphithéâtre Fechner.

« Un seul mot : vigilance ! »

Emprunte de solennité, le préfet s’est voulu rassurant dans son discours d’introduction au sujet des pouvoirs exceptionnels dont il dispose : « ils ne peuvent s’envisager sans un contrôle et une coordination permanents, et pour dire les choses simplement, avec une très grande humilité ».

A l’issue de cette réunion à huis clos, quelques maires acceptent d’évoquer le contenu. « Un seul mot : vigilance ! » dira simplement le maire de Naveil. « Nous n’aurons pas de moyens économiques supplémentaires », regrette pour sa part Nicolas Garnier, maire de Billy. A Fougère-sur-Bièvre, Eric Martelière évoque « quelques personnes très inquiètes bien sûr, mais aucune manifestation ne sera annulée ». « L’objectif », précise Yves Le Breton, « était de tenir les maires informés de la suite très concrète que va prendre l’état d’urgence, qui sera prolongé pour trois mois. Concrètement, j’ai dit qu’aucun évènement, ou manifestation ne seraient interdits. Nous demandons à chaque élu de nous envoyer auparavant un tableau de bord avec le public attendu, et nous déciderons des mesures de sécurité à mettre en œuvre. Après, je ne m’interdit pas d’interdire, si je sens qu’il peut y avoir trop de risques. Concernant les manifestation spontanées, je les déconseille. Il vaut mieux que l’expression soit personnelle que collective. Pas de psychose, mais de la vigilance. » Une perquisition administrative a déjà eu lieu en Loir-et-Cher depuis l’instauration de l’état d’urgence, « d’autres auront lieu » ajoute-t-il.

“Anticiper les futurs contentieux”

« La réunion d’aujourd’hui n’est pas anodine », martèle Frédéric Chevallier, procureur de la République récemment installé. « Il ne faut pas penser que puisque nous ne sommes pas à Paris, ça ne nous arrivera pas. Je ne veux pas subir. Nous sommes en train de mettre en place un travail de fond. C’est un état d’urgence, dans un état de droit. Il faut aussi anticiper les futurs contentieux. » Concernant les écoles, collèges, et lycées, dont tous les voyages scolaires ou formations diverses ont été annulés depuis le 13 novembre dernier, la directrice d’Académie Valérie Baglin-Le Goff, précise « qu’à partir de lundi 23 novembre, tout reprend normalement. On redonne la vie la plus normale possible. Seront soumis à autorisation les voyages scolaires, notamment ceux en Ile-de-France, et les activités ponctuelles dans l’école avec du personnel extérieur. »

Enfin, côté forces de police et gendarmerie, le colonel E. Chuberre avoue que la gendarmerie a été confronté à des « crises d’angoisse ». Le commissaire Guy Milin a invité à se rendre sur place (commissariat ou brigades de gendarmerie) plutôt que d’encombrer le « 17 ». « Nous sommes là pour lever les doutes » a-t-il conclu.

F.S.

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