Des Indiens d’Amérique en douce France

Les Indiens d’Amérique, ceux qu’au temps triomphant des westerns on appelait les peaux rouges, ne sont pas dans l’actualité. Nul en France ne parle en ce moment de ces peuples qui furent confrontés à notre civilisation et tentèrent de nous faire comprendre la leur. Ces heurts et malheurs donnaient en quelque sorte un avant goût de ce que provoque au niveau des peuples la mondialisation actuelle.

1507-1Avec « Le voyage chez les yeux pâles », Philippe Brassart attire notre attention sur les difficultés et les incompréhensions qu’entraînent deux mondes qui s’ignoraient jusque là mais aussi sur ce que peut contenir de maladresses les tentatives de rapprochement. Il n’est pas facile d’apprivoiser l’autre.

Dans « Le voyage chez les yeux pâles » les héros, une poignée d’Osages au début du XIXème siècle traversent l’Atlantique pour rencontrer le roi de France. Rien ne se passe comme ils l’espéraient. Quand ils les virent débarquer au Havre, les Français d’alors les accueillirent comme des bêtes curieuses, avec condescendance et arrogance puis s’en détournèrent. Comportement hélas classique qui conduisit ces ressortissants du Nouveau Monde à la misère. Le glorieux général marquis de La Fayette s’intéressa un peu à eux suffisamment en tout cas pour qu’ils puissent rentrer aux USA et retrouver les leurs.

De Havre à Montauban

En bon journaliste, Philippe Brassart, d’origine tourangelle, tel Sherlock Holmes, a retrouvé cette bien triste aventure, vérifié et recoupé les sources, suivi à la trace le périple de ces êtres qui à leur manière sont indéniablement des pionniers. De Havre à Montauban et Toulouse en passant par Paris, la Belgique et la Confédération germanique, puis à nouveau aux USA où on ne souhaitait plus que faire d’eux des Américains.

Oubliés ces Indiens ? Pas tout à fait, sur une pelouse du Jardin des Plantes de Montauban une  stèle porte cette mention « Ami visiteur, vous êtes ici devant une terre indienne. Respectez-là autant que, de tout temps, les Indiens d’Amérique ont respecté la Terre Mère. Année après année des représentants de la nation osage viennent s’y recueillir ».

Philippe Brassart interpellé par cette triste et déroutante histoire fidèle à ce que fut sa trame, en a fait un roman qui se lit facilement. Amour, amitié, courage et couardise, illusion et désillusion, bon sens, grande sagesse, générosité et médiocrité ordinaire en constituent la trame. Il y a dans ce récit tous les ingrédients d’un bon film.

Françoise Cariès.

« Le Voyage chez les yeux pâles »
Philippe Brassart
(Michel Lafon), 362 pages 17,95 euros

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