Région: François Bonneau fait mousser son bilan en campagne

Nous sommes dix jours après le carnage du Bataclan. Sonnés les Français, les politiques aussi. Ils ont repris la campagne dans un état second. Fin de journée plus grise que grise dans un quartier populaire de Mainvilliers, banlieue de Chartres. On est à quelques kilomètres de la cathédrale, de ses merveilles de vitraux et pourtant à plusieurs mondes du patrimoine mondial. Après la pause forcée due aux attentats il faut mettre les bouchées doubles, rattraper le temps de campagne perdu, les dizaines d’acteurs locaux à voir, d’électeurs à saluer.

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“Le problème c’est le look”

Cinq fauteuils en faux cuir, des bigoudis et un séchoir sur une commode, une affiche d’Yves Rocher, au rez-de-chaussée d’une HLM, au cœur de la régie de quartier. “Pour se présenter à un entretien d’embauche, ils ont un problème c’est le look” explique à propos de son public défavorisé Bernard Monguillon, le directeur de cette régie qui coiffe des boites d’insertion dans les domaines du déménagement, de l’hygiène, des espaces verts… Solid’Haires est spécialisé dans la coiffure mixte traditionnelle mais aussi relooking et esthétique.

Chez le coiffeur de la régie de quartier.

Chez le coiffeur de la régie de quartier.

“Le salon est fréquenté par sept cents personnes par an, sous condition de ressource. A 90% ce sont des femmes” explique Béatrice, la directrice-coiffeuse du salon, “et les deux tiers viennent de Mainviliers”. Echange informel sur les chantiers d’insertion, François Bonneau, parle du “lien, c’est le Cap asso”. Bernard Monguillon ajoute, “il faut tirer les gens vers le haut”. Le président de région flanqué de sa tête de liste d’Eure-et-Loir, Harold Huwart, lui-même entouré de ses colistiers est dans son cœur de cible, l’emploi dans le social, l’économie solidaire.

La campagne sur les marchés, dans les escaliers: “ils sont encore sous le choc mais ils ne nous envoient pas balader”, raconte Nora Husson, la drouaise. “On leur dit qu’il faut aller voter que ce sont les fondamentaux de la France, si le pays est structuré ça passe par le vote”.

Deux heures par nuit

Qualités premières d’un homme politique sur le terrain: l’empathie, l’écoute, les dossiers, et puis surtout la santé, une résistance à toute épreuve. François Bonneau accuse la fatigue, plie, s’endort presque mais se ressaisit, entend et répond. “En ce moment il dors deux heures par nuit, d’habitude c’est quatre” confie un membre de son équipe de campagne. “L’autre jour il m’a dit “si je l’appelle à cinq heures du matin tu crois que c’est trop tôt…?“.

Etape suivante avec la FOL (Fédération des œuvres laïques). L’échange roule sur  les rythmes scolaires, à propos de la formation d’animateurs. François Bonneau reprend vie, l’enseignant est sur son terrain: “faire mouvement c’est avoir une organisation scolaire plus performante, des élus ont voulu faire de la politique à deux balles en rejetant ça avant de se poser les bonnes questions”. Najat Vallaud-Belkacem boirait du petit lait.

Après l’élection sans prévenir

Pugnace, sincèrement choquée, Nathalie Arnoux, la déléguée culturelle de la FOL parle de l’assassinat du festival populaire de théâtre Cornegidouille qui “avec ses spectacles annuels bénéficiait à tout le territoire”. Harold Huwart s’insurge à son tour contre le conseil départemental qui a supprimé les 40 000€ de subvention, “tout de suite après l’élection sans prévenir”. Selon lui, c’est au profit de l’anniversaire en grande pompe du mariage de Louis XIV avec Madame de Maintenon aura coûté plus de 40 000€!

L’épicerie solidaire

A l'épicerie solidaire de Mainvilliers.

A l’épicerie solidaire de Mainvilliers.

A quelques immeubles et deux trois ronds-points de là, derrière Décathlon, l’épicerie solidaire. Le maire de Mainvilliers, conseiller régional sortant, Jean-Jacques Chatel qui cornaque les petits éléphants socialistes, explique l’objectif.

A l'épicerie solidaire de Mainvilliers.

A l’épicerie solidaire de Mainvilliers.

Contrairement aux restos du cœur ou à la Croix rouge, “les gens disent ‘je fais mes courses'”; La commission du CCAS de la ville décide des “clients” qui pourront acheter à prix très bas, les produits de première nécessité, 0,40€ le paquet de coquillettes, 0,60 le litre de vinaigre…” Nous allons chercher les produits à la Banque alimentaire, les légumes sont donnés et nous sommes aussi alimentés par l’Union européenne”, explique aux candidats de la liste PS la directrice, Muriel Lenouvel. Participation de la région à cette épicerie solidaire qui a accueilli 71 dossiers de familles en grande détresse depuis le 15 septembre, 16 800 € “dans le cadre du contrat d’agglomération”, précise François Bonneau.

Grâce aux Cap Asso…

Salle Esméralda, toujours à Mainvilliers, le staff de campagne a réuni une quinzaine d’associatifs qui ont, peu ou prou, bénéficié de Cap Asso ou de financements régionaux. “Les gens que nous rencontrons trouvent qu’il a un bon bilan” confie le 1er fédéral d’Eure-et-Loir, Stéphane Cordier à propos du président sortant. “Dommage qu’il ne voit pas plus de monde car il passe bien et c’est quelqu’un qui connait ses sujets, c’est toute la différence par rapport à un Vigier…”. Autour de la table, tout le monde va dans le même sens, “la région grâce aux Cap Asso nous a permis de démarrer sur un poste”, une autre “d’en conforter quatre“… François Bonneau souligne “la richesse extraordinaire de la loi de 1901 sur les associations… le bras armé de l’action publique. Les Cap Asso ont permis aux associations de se structurer. Ce serait quoi les clubs de sport sans Cap Asso”.  S’en suit une plaidoirie étayée sur ces 1 200 Cap Asso de la région, dix millions d’euros par an.

“Si on retire les moyens de vivre ensemble je ne suis pas sûr qu’on ait compris les besoins de notre société” lance le président sortant, grosse pierre dans le jardin de la droite qui râle contre cet exécutif qui passe des financements de Cap Asso dans les dernières lignes droites de la mandature. Nora Husson renchérit, “supprimer 1 300 Cap Asso, ce serait un énorme plan social…” et Harold Huwart de conclure, “si la région baisse ses crédits de façon globale, elles se tourneront vers les municipalités…”. A bon entendeur…

Les apprentis au café

Au Martroi sur le thème de l'apprentissage avec Valérie Corre et Anne Leclercq.

Au Martroi sur le thème de l’apprentissage avec Valérie Corre et Anne Leclercq.

Lundi, François Bonneau est entre Chartres et Bourges, il devait faire halte à Orléans au Grand Martroi pour une rencontre avec une autre catégorie et sur un autre thème: les commerçants et artisans qui bénéficient et son acteurs de l’apprentissage et de la formation. Trop en retard, le président sortant n’en sera pas, il saute la case Orléans, et laisse le manche à Anne Leclerc, numéro 2 de sa liste dans le Loiret et à Valérie Corre, la députée très impliquée dans ces questions d’éducation. Il y a là autour de la table du bistrot, Aline Mériau gérante d’une société d’électricité, le patron de la droguerie Morette à Orléans, Eric Benchetrit qui gère la boutique “le café d’Eric” et Patrick Hume, de Patay, qui a coaché un jeune plombier, médaille d’or aux Olympiades des métiers au Brésil. Ils ont tous un, deux apprentis, échangent,  disent le plus grand bien de cette formation en apprentissage. “Notre premier apprenti est aujourd’hui chef de chantier” se félicite Aline Mériau. “C’est tout bénéfice pour nous car nous apprenons aussi avec nos jeunes” explique Patrick Hume.

Chaque année c’est 10 000 apprentis qui sont formés dans le Centre-Val de Loire du CAP au master, dans les CFA et les lycées pro. Un fond réactif a même été mis en place pour mieux s’adapter qui est passé de quatre à dix millions d’euros par an.

Ainsi va la campagne, l’équipe sortante laboure le terrain pour démontrer que la droite a tout faux lorsqu’elle se paye les Cap Asso qui iraient “à des copains” et sur cette formation que la gauche aurait négligé durant dix sept ans. Cette drôle de campagne touche à sa fin, pas sûr que ceux qui iront aux urnes mettront un bulletin vraiment régional dans l’urne. Mais les candidats auront fait leur maximum pour que cela se passe ainsi.

Ch.B

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