François Bonneau affiche sa gauche unie et en appelle à la jeunesse

C’est historique: la salle des fêtes de Saint-Jean-de-la-Ruelle est un marqueur de gauche. Des collections de ministres, de secrétaires d’Etat et de premiers secrétaires y ont porté haut et fort la parole socialiste. C’est dans ce fief rose dirigé par l’éternel jeune espoir du PS, Christophe Chaillou que François Bonneau a fait son meilleur score, 33,93% dimanche. Comme l’a rappelé le maire, “un des derniers très grands meetings, c’était en 2012, il s’appelait François et il est devenu président, c’était François Hollande”.

Jeudi soir à Saint-Jean-la-Ruelle, la dynamique de l'union retrouvée, François Bonneau avec Charles Fournier (EELV).

Jeudi soir à Saint-Jean-la-Ruelle, la dynamique de l’union retrouvée, François Bonneau avec Charles Fournier (EELV).

Pas besoin d’en faire beaucoup plus pour que l’ambiance dopée au goût de la victoire annoncée, monte encore de quelques crans. “On va gagner”, ont scandé les 600 militants d’une gauche enfin rassemblée pour la première fois depuis le début de la campagne sur l’Orléanais, dont deux belles poignées de communistes et de verts. Ils en sont persuadés, dimanche prochain, François Bonneau,  rassemblera les voix de la gauche réunie..

Le président sortant l’a dit dans son discours, et cela se murmure en coulisse, la liste Vigier n’est plus dans la course, ce sera François Bonneau ou le Front national. A deux pas de la rue Charles Million et de sa salle des fêtes tourne toujours l’usine Fagor, un des symboles industriels de l’Orléanais. “Au moment où il a fallu sauver Fagor nous t’avons toujours trouvé à nos côtés” a lancé Christophe Chaillou à l’adresse de François Bonneau.

Des grands témoins

"On va gagner"...!

“On va gagner”…!

Comme elle l’avait fait avant le premier tour, l’équipe de campagne avait eu la bonne idée pour rompre les logorrhées des discours, de faire témoigner des régionaux qui ont bénéficié peu ou prou des politiques régionales. Rôle tenu cette fois par Frédéric Robbe, le président de la Fracama (Fédération régionale des acteurs culturels) qui est aussi le directeur de l’Astrolabe et David Simonnet, président du groupe pharmaceutique Axyntis.

Restaient les politiques amis et alliés età cet égard, la voix du Front de gauche, en l’occurrence celle du Parti communiste était attendue comme le messie, si on peut dire. Infoutu de se qualifier, faute d’avoir fait 5% pour une fusion avec les socialistes avec qui ils dirigent la région depuis 17 ans, les communistes allaient-ils affichés un soutien tiède et de pur forme?

Nicolas Sansu, le député-maire de Vierzon et tête de liste Front de gauche avait annoncé la couleur dimanche soir. Mais Marc Brynhole qui le représentait dans le Loiret a fait plus que le job. Ne cachant pas sa “colère et sa tristesse” d’avoir “manqué la marche” pour participer au second tour, l’ancien conseiller régional a fait passer le souffle des convictions devant une salle conquise et respectueuse. “Nous sommes prêts à travailler quand il le faudra et où il le faudra” a dit Marc Brynhole. “Nous sommes entièrement engagé pour le vote Bonneau”. Reste à savoir si ces mots suffiront à convaincre l’électorat traditionnel du PC à se déplacer en masse dimanche.

Le FN, “spectre malsain”

Marc Brynhole (Front de gauche).

Marc Brynhole (Front de gauche).

C’est sans doute là que se trouve la clé d’un scrutin annoncé très serré avec le Front national. Ce parti que le militant communiste de toujours a qualifié de “spectre malsain qui pourrit notre société”. Entre deux orateurs, le chauffeur de salle, Antoine François, directeur de cabinet dans le civil de François Bonneau, n’a pas résisté au plaisir de révéler quelques messages inattendus reçu par le président. Celui d’Alix Penloup, la tête de liste de Debout la France qui lui témoigne “son soutien et son amitié pour dimanche”. Si les souverainiste se mettent à soutenir les Européens ou va-t-on?  En espérant pour le président sortant qu’il ne s’agit pas d’une fâcheuse erreur de DLF comme dimanche soir! Autre message “contre nature, celui d’un secrétaire départemental du Modem anonyme, qui se dit “bayrouiste” mais qui ne “votera pas pour Philippe Vigier…un opportuniste qui a trahi son camp en 2007”.

La soirée de clôture de la campagne (ou presque) passait ensuite au vert, avec Charles Fournier, tête d’une liste EELV qui a donc fusionné avec celle de François Bonneau. Lui, avec ses amis il a toujours annoncé la couleur, parlant “d’accord s approfondis avec François Bonneau” mais aussi de “désaccords qui sont identifiés“Les écologistes sont des partenaires loyaux mais exigeants”. En vrac, le leader écologiste a revendiqué le bilan régional, “on peut en être fier”, avec les Cap Asso, la Loire à vélo, le plan climat énergie, la conférence de la jeunesse”.

Droite: la façade de l’union se fissure

Charles Fournier a aussi brocardé le programme de droite et sa renaissance qui “renvoient au passé, au classicisme”, et l’union de la droite et du centre, qui ,n’est selon lui, qu’une “façade qui commence à se fissurer“.

Charles Fournier (EELV).

Charles Fournier (EELV).

Pour son dernier grand meeting, le président sortant François Bonneau lancé un vibrant appel au jeunes la plupart du temps absents des bureaux de vote. Quand ils ne votent pas à 40% pour le FN! Il a d’abord chaleureusement remercié ses alliés communistes et promettant de continuer le chantier au plan social. S’agissant des résultats, il a indiqué en évoquant les enquêtes d’opinion qui le voyaient à 20%, “peu importe les sondages, ce qui compte c’est le mouvement que nous imprimons dans l’action”.

Comme les orateurs précédents, il s’en est pris à la liste de Philippe Vigier. “Je veux dire aux leaders de la liste de droite que leur arrogance n’est plus acceptable…Parce que l’action publique est portée par la gauche alors il faut la critiquer, la nier, l’abîmer, salir le territoire qui l’a reçue, ça n’est plus acceptable”. Il a qualifié de “réponse citoyenne” le score de la “droite unie” à 26%, “sévère mais méritée” et son “incapacité à aller plus loin”.

“Insupportable mépris”

Au registre de la culture, François Bonneau a revendiqué son “ambition de faire de la culture un attrait et un rayonnement considérable” avec trois exemples le FRAC à Orléans, le CCC à Tours en construction et la renaissance de la Maison de la culture à Bourges. “Qu’on-ils proposé pour la culture et le tourisme” a-t-il demandé à propos de ses adversaires. “Ils sont allés chercher le Puy du Fou, avec le projet de l’adosser au château de Chaumont pour en faire le grand projet touristique et culturel de notre région! Quel insupportable mépris pour ce que nous sommes, pour l’œuvre des hommes et des femmes qui développent la culture sur notre territoire”.

IMG_1380Au projet d’école de tourisme envisagé par la droite, le président a répondu qu’une formation tourisme était en cours d’installation au lycée Dolto d’Olivet. “Cette liste n’a plus aucune chance de jouer un rôle pour la période qui vient dans les affaires de la région. Etant donné la qualité du projet qu’ils proposaient nous ne pouvons que nous en féliciter” a t-il conclu à propos de ses adversaires de droite.

Seul le Front national…

Reste le Front national que désormais François Bonneau désigne comme son seul adversaire. Après le diagnostic sur ce vote FN en zone rurale et dans les quartiers,, le candidat de la gauche a dit qu’il “faudra chercher les voix et moyens de répondre à ces hommes et ces femmes et se dire que l’extrême droite est aux aguets. Pour faire croire que la division, que l’opposition, que la haine, que la rupture entre les catégories, que la condamnation de tel ou tel, constituent des réponses au mal vivre”.

Un écart avec la jeunesse

IMG_1353Comment se fait-il, s’est enfin demandé François Bonneau, que, lorsque 50% du budget de la région est consacré à l’apprentissage, aux lycées, à l’enseignement supérieur, aux formations des demandeurs d’emploi, “vous ne soyez pas au rendez-vous” en s’adressant à la jeunesse qui ne vote pas. “J’ai compris qu’entre notre société et la jeunesse un écart s’est creusé”. Alors le candidat à sa succession se propose de créer de “nouvelles modalités de dialogue, de participation” parce qu’on ne peut pas se satisfaire qu’une “génération reste à l’écart de la démocratie”. Un barrage contre le Front national c’est une chose mais un barrage contre l’indifférence des jeunes à la démocratie, c’est une façon de prendre le mal à la racine.

Ch.B

 

 

Commentaires

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  1. + de 600 sur place, sans compter ceux qui n’ont pas pu s’y rendre (dont je fais partie), et dont le vote est acquis

    pour la région, il faut gagner

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