COP 21 : accord historique  au Bourget

 

 Après des mois de négociations et l’échec de Copenhague, les 195 pays réunis au Bourget dans le cadre de la 21e conférence sur le climat ont adopté à l’unanimité samedi soir un accord universel  et juridiquement contraignant sur le climat, un texte historique accouché après quinze jours de débats et une dernière nuit de tractations. De Washington  Barak Obama  à la tête d’un  des pays les plus pollueurs au mondel’a salué et s’est réjoui. C’est le premier accord universel destiné à contenir  le réchauffement climatique. Jusqu’aux  derniers instants il a fallu vaincre les réticences des pays producteurs de pétrole et tenir compte des pays vulnérables comme les états insulaires. Aux côtés de Laurent Fabius  notre ministre des Affaires étrangères qui présidait la conférence sur le climat,  le président de la République, François Hollande a estimé que « le monde a écrit une nouvelle page de son histoire ».

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L’objectif de long-terme

 

Le réchauffement devra être contenu «bien en deça de 2°C». Nous sommes déjà  à + 0,8°C. Des efforts devront être réalisés pour tenter de rester en-dessous de 1,5°C, conformément à ce que demandaient les pays les plus vulnérables au réchauffement, notamment les petits états insulaires menacés par la montée du niveau des mers. C’est une prise de position  importante même si les spécialises du climat pensent que le franchissement de la barre des 1,5°C est inéluctable.

Comment l’atteindre?

C’est l’un des gros points noirs de l’accord: il n’y a aucun objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est simplement convenu que celles-ci devront atteindre «un pic aussi rapidement que possible».  Il est admis que les pays en voie de développement  mettront plus de temps à  la mettre  en route ? Mais dès qu’ils y parviendront les émissions devront  décroître rapidement pour atteindre un niveau où elles pourront être intégralement capturées par la végétation et les océans. Cela s’appelle  la neutralité carbone qui devra être atteinte dans la 2e moitié du XXIe siècle. Cette trajectoire est loin d’assurer que le réchauffement ne dépassera pas 2°C.

Mécanisme de contrôle et de révision des engagements volontaires des pays.

Pour le moment, les réductions d’émissions promises de façon volontaire par 186 Etats conduisent à l’émission de 55 gigatonnes de CO2 en 2030 alors qu’il faudrait  descendre à 40 gigatonnes pour rester sous les 2°C. Le groupement d’experts indépendants sur le changement climatique doit déterminer d’ici 2018 quel niveau d’émissions serait compatible avec un réchauffement limité à 1,5°C. Un bilan des efforts collectifs sera alors fait. Les pays seront sans nul doute appelés à revoir leurs ambitions à la hausse, sur la base du volontariat, avant le nouvel inventaire prévu en 2023. Ce processus de révision sera renouvelé tous les 5 ans. Les pays devront à chaque fois revoir leur copie en rehaussant leur niveau d’ambition.

Répartition du «fardeau climatique» entre les pays

Le principe de «différenciation» était au cœur des tractations. En effet, les pays en voie de développement appelaient les pays développés à leur responsabilité historique autrement dit à faire des efforts supplémentaires. Ceux-ci rechignaient à inscrire dans le marbre la vieille dichotomie pays riches/pays pauvres. Le compromis  a finalement trouvé sa place dans l’article 2 du traité qui acte le le principe de responsabilités et des capacités différentes des Etats résultant de leurs «circonstances nationale »  d’où, à tout moment,   la possibilité d’une adaptation à leur  évolution.  Par ailleurs,  l’accord affirme que les pays développés doivent jouer un rôle moteur dans la réduction des émissions mondiales et aider financièrement les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

100 milliards de dollars promis aux pays en voie de développement à partir de 2020

Ils n’apparaissent pas dans le texte de l’accord mais figurent dans une annexe. Cela doit notamment permettre d’éviter un rejet du projet d’accord par le Sénat américain. Si le président  Obama est enthousiaste il n’est pas certain qu’en cas de victoire des conservateurs aux  élections  présidentielles de 2016, ceux -ci  pourraient  s’y montrer réfractaires. Il est reconnu qu’un nouvel engagement financier précis devra être formulé en 2025. Cette somme est intégralement à la charge des pays développés. Les autres pays sont eux appelés à réaliser un effort financier supplémentaire s’ils le souhaitent et non s’ils le peuvent comme le demandaient les pays développés. Aucune somme n’est sanctuarisée pour les projets permettant aux pays en voie de développement de faire face aux conséquences du réchauffement

Compensation des conséquences irréversibles du réchauffement

 Eux aussi ont été retirés du texte  afin d’éviter un rejet du projets de l’accordamérician par le Sénat  mais figurent dans une annexe. Il est reconnu qu’un nouvel engagement financier précis devra être formulé en 2025. Cette somme sera intégralement à la charge des pays développés. Les autres pays sont eux appelés à réaliser un effort financier supplémentaire mais ils n’y sont pas obligés, seulement s’ils le souhaitent . Aucune somme n’est sanctuarisée pour  les projets permettant aux pays en voie de développement de faire face aux conséquences du réchauffement.

 Françoise Cariès

 

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