Une région et un président fantôme à Paris

Même pas capable d’élire un président Front national ! Ou au moins à basculer de gauche à droite. Non vraiment cette région Centre-Val de Loire mérite bien d’avoir été traitée comme une région fantôme avec un président fantôme, elle ne fait rien pour attirer l’intérêt médiatique national. Inconnue durant la campagne, toujours non identifiée après le scrutin.

ps

Pourtant, son président François Bonneau –“qui ça Bonneau…?”– a été l’un des trois seuls présidents des 22 régions que tenait le PS auparavant à l’emporter dimanche. Certes d’une courte poitrine mais à l’emporter. Il l’a fait dans une région où tous les départements sont à droite et où toutes les villes, hormis Blois, sont administrées par LR ou l’UDI. Singulier non? En face nous avions un trident atypique avec un Philipe Vigier qui est quand même président du groupe UDI à l’Assemblée nationale, un Guillaume Peltier (LR), “bébé Sarkozy”  de 39 ans, leader de la droite forte du temps de l’UMP, qui se voit un destin national y compris jusqu’à l’Elysée, et enfin un Marc Fesneau, devenu bras droit de François Bayrou. Des cas de figure qui auraient pu capter l’attention des stylos, micros et caméras. Le problème c’est que personne à Paris n’a flairé l’odeur du sang, c’est-à-dire l’élection d’un président, plutôt d’une présidente, Front national. Philippe Loiseau, le candidat FN qui a presque multiplié son score en voix par trois depuis 2010 et, en sièges qui passe de 7 à 17, n’est pas en famille avec Jean-Marie Le Pen. Même pas beau-frère ou petit ami d’une fille Le Pen, à notre connaissance. Quel manque de nez médiatique!

La tournée des écuries présidentielles

Michel Sapin

Michel Sapin

Quant à fouiller dans les archives et se souvenir que le Centre à l’époque avait été l’une des quatre régions en 1998 à connaître une alliance entre la droite UDF et le Front national. Avant que la gauche ne se rebiffe et mette au pouvoir un certain Michel Sapin, qui lui s’en souvient bien et a fait le déplacement d’Orléans dimanche soir, il ne faudrait quand même pas encourager le sens de l’archéologie…

Qui n’a pas entendu –notamment sur une grande chaîne de radio dont nous tairons le nom par charité- un “journaliste politique” oser affirmer qu’il n’y avait pas eu de campagne sur les “enjeux régionaux”, ne peut mesurer ce fossé Paris-province qui s’est encore creusée ces dernières semaines. Et qui explique aussi en partie le vote Front national d’une “province” délaissée, oubliée. Bien sûr que les odieux attentats de Paris ont parasité durant une dizaine de jours cette campagne et c’était la moindre des choses. Mais en dehors de cette pause respectueuse du deuil, il y a eu de la part de tous les partis présents au premier tour comme au second, une vraie campagne de terrain, avec meetings, distributions de tracts, réunions en tout genre, présence sur les radios locales à la télé régionale, sur les sites d’information et sur les réseaux sociaux. Ceux qui osent affirment le contraire n’ont jamais franchi le périphérique parisien.

sarkozy peltier

Nicolas Sarkozy et Guillaume Peltier

Chez LR, les ténors en ont même profité pour se payer une pré-primaire, de Nicolas Sarkozy à Bruno Le Maire, en passant par François Fillon et Alain Juppé, toutes les écuries présidentielles ont fait leur tour de chauffe en région Centre-Val de Loire. En oubliant au passage de s’étendre sur les enjeux régionaux qu’ils ne connaissent pas.

L’idéal aurait été quand même que cette élection régionale se limite à l’île-de-France, à Paca et au Nord-Pas-de-Calais, voire un peu au Grand est. Le scrutin dans les dix autres régions n’a fait que perturber les informations essentielles. A Paris la classe médiatique a toujours deux wagons d’avance sur les “provinciaux”, ces bouseux. Ces régionales n’avaient d’intérêt que si elles propulsaient des représentantes de la famille de Pen au pouvoir régional, juste dans la perspective de 2017. Le reste, toutes ces histoires de TER, de lycées, d’aide aux entreprises, de relance économique, de formation, de transition énergétique, ce ne sont vraiment que des détails de l’histoire de France.

Ch.Bidault

 

Commentaires

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  1. Article excellent relatant l’exactitude de notre situation dans le centre. Nous devenons une région de passage sans identité! Bravo M. Bidault et longue vie à Magcentre.

  2. Très bonne analyse et pertinemment dit. Paris n’est pas la France et le travail en région pour discret qu’il soit n’en est pas moins efficace. Le Centre Val de Loire en est un bon exemple. Les électeurs ne s’y sont pas trompés.

  3. Un président dont la gestion bénéficie de AA , qui se consacre à sa région sans être prêt de la quitter pour la capitale comme l’a fait par deux fois M Sapin , a bénéficié de la confiance des administrés ; ils ne sont pas trompés , en effet.

  4. Excellent , un bémol quand même Michel Sapin n’a pas fait le voyage il est juste sorti de l’autoroute à l’annonce des résultats lors de son retour dominical sur Paris !

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