2017 en ligne de mire

Sept régions à droite, cinq à gauche. Au premier coup d’œil, la nouvelle carte des régions nous ramène au bon vieux bipolarisme français. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le second tour électoral de dimanche n’a pas marqué son retour. Bien que le Front national n’ait remporté aucune région, si quoi qu’il en dise le front républicain l’a endigué, si Marine Le Pen a enregistré son premier échec électoral depuis qu’elle est arrivée à sa tête, le parti d’extrême droite a totalisé plus de 6 800 000 voix qui représentent un vrai pouvoir électoral et inscrivent de fait le tripartisme dans notre paysage politique.

carte france regionales 2015

Les dirigeants du FN parlent de « haine, de magouilles, d’ostracisme ». Prendraient-ils, eux aussi, les électeurs pour des débiles manipulables et oublieraient-ils que les citoyens sont capables de se faire une opinion en fonction de ce qu’ils vivent et ressentent ? Le FN est en mesure de gagner les premiers tours mais se heurte au « plafond de verre » aux seconds. 

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy

Une partie de l’électorat, encore au moins 60%, oppose une vraie résistance à ses thèses et aux solutions qu’elles induisent. Le repli sur soi, l’abandon de l’ouverture au monde ont du mal à passer parce qu’ils ne ressemblent pas à notre pays et ne vont pas dans le sens de l’histoire.

L’important pour les adversaires du FN n’est pas comme l’a trop souvent fait Nicolas Sarkozy de courir après les thèses frontistes ni de tenter de le battre sur son terrain mais bien de se préparer au premier tour et de le passer confortablement. Il y a même urgence car, à peine la page des régionales est-elle tournée sans attendre l’élection des présidents de conseils régionaux et la désignation des vice-présidents, les partis de droite comme ceux de gauche ont pris le départ de la course qui mène à la présidentielle de 2017.

Besoin de clarté

Certes, au vue des résultats, la droite peut pousser un grand « ouf » de soulagement mais elle aurait tort de s’endormir sur ses modestes lauriers. Elle n’a terrassé ni le parti socialiste, ni le Front national qui désormais tire les bénéfices des colères provoquées par les échecs du gouvernement (chômage, croissance en berne).

nathalie kosciusko morizet

Nathalie Kosciusko Morizet

Un grand ménage a commencé à la tête des Républicains. Sarkozy qui, pour l’instant, évite le procès frontal que ses rivaux à la primaire entendent lui intenter sur la ligne politique des Républicains vient d’annoncer qu’il souhaitait « former une nouvelle équipe dirigeante. On préfère que les responsables du mouvement expliquent les positions du mouvement et pas autre chose », a-t-il dit à l’issue du bureau politique de ce matin au cours duquel Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux du parti depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à sa tête en novembre 2014 a été évincée de la nouvelle direction qui sera annoncée en janvier. Elle a fortement critique le ni ni de Nicolas Sarkozy au soir du premier tour. « L’exclusion n’est jamais une bonne réponse », a immédiatement réagi Alain Juppé, autre candidat à la primaire, absent du bureau politique et qui partage souvent les critiques exprimées par NKM . « Tout est question de savoir comment on conçoit le parti. Est-ce qu’il peut y avoir des opinions diverses ou est-ce qu’on doit être en colonne par un ? » s’est interrogé le maire de Bordeaux avant d’entrer en conseil municipal.

L’important pour les Républicains n’est pas de se « droitiser ou de se recentrer » mais de faire disparaître les querelles de personnes et d’adopter une claire acceptée par tous comme de faire l’union avec les centristes.

Vifs débats à gauche

Manuel Valls

Manuel Valls

La gauche aussi peut être soulagée. Même si elle a perdu des bastions, le Nord-Pas-de-Calais- Picardie et surtout l’Ile-de-France pour ne parler que de ces deux régions, elle a échappé à une berézina. Mais en son sein les débats s’annoncent vifs. La stratégie anti FN menée par Manuel Valls et François Hollande ne suffit plus. Si la gauche contestataire a été incapable de définir une stratégie électorale commune, elle n’en constitue pas moins le tiers du « total des gauches », un tiers qui déjà commence à donner de la voix et auquel les frondeurs du PS commencent à apporter leur renfort.

Entre la tentation vallsienne d’une ligne social-démocrate sur le plan économique et sécuritaire sur le plan régalien et les tenants d’une « vraie politique de gauche » la bataille a commencé et va s’intensifier. Un remaniement cosmétique ne sera pas à la hauteur de l’enjeu et Hollande se retrouve dès aujourd’hui avec la même incertitude quant à sa participation au second tour de la présidentielle à venir.

Françoise Cariès.

Commentaires

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  1. Si les urnes du deuxième tour ont eu un goût …”funéraire” pour le Front National et si les français ont su tirer les leçons du premier tour , reste à espérer que notre classe dirigeante le fasse à son tour en passant aux actes sans s’en tenir aux paroles et …ne reste pas de marbre … faute de quoi ???

  2. Et si le vrai gagnant de ces régionales était le FN?
    Plus 600 000 voix au deuxième tour par rapport au premier, vraiment inquiétant. Ecoeuré j’ai été par la teneur des discussions le soir des résultats tant au premier qu’au deuxième tour, ils sont à coté de la plaque nos élus, il y a le feu au lac messieurs.

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