Présidence de Région: souvenirs, souvenirs…

Au mois de mars 1998, cinq régions, dont le Centre, avaient vu leurs élus de droite pactiser avec ceux du Front national pour garder la présidence de ces collectivités dévolue à la gauche par le suffrage universel.

régionales 1998Vendredi 18 décembre, à l’occasion de l’élection du président de la région Centre-Val de Loire, le souvenir de cette “mascarade”, qui avait fait descendre 7.000 manifestants dans la rue à Orléans, ne devrait guère effleurer les esprits bien que certains des acteurs de 1998, siègeront encore dans l’hémicycle. À commencer par Philippe Vigier, leader de la liste d’union de la droite et du centre.

Certes, les conditions sont similaires: une droite désappointée de ne l’avoir emporté sur les socialistes et leurs alliés; une assemblée tripartite (gauche, droite, Front national). Mais la situation s’avère fondamentalement différente qui donne cette fois une majorité absolue de trois voix à l’union, PS-PRG-EELV et ne permet plus en conséquence de bricoler une majorité de circonstance pour garder le pouvoir envers et contre tout.  

En serait-il allé différemment que le sursaut républicain enregistré dimanche dernier contre le péril frontiste, aurait tué toute ambition velléitaire dans le camp de la droite.

Philippe Vigier et la tentation du diable

régionales 1998En ce printemps 1998, le FN comptait déjà 13 conseillers régionaux (il se gargarise des 17 totalisés désormais) lesquels avaient été à l’initiative du “hold-up” qui reçut l’adhésion de la quasi unanimité des 30 élus de la droite aux fins de barrer la route de la présidence à Michel Sapin (PS), chef de file de la gauche dont l’effectif comptait 33 élus.

Parmi les mutins, ralliés au FN, les plus ardents étaient les centristes en dépit de l’opposition immédiate et résolue de leur patron Renaud Donnedieu de Vabres. En dépit également des interdits lancés parles états majors parisiens. Philippe Seguin (RPR) allant jusqu’à tempêter: “On ne va pas vendre nos âmes pour des Safrane”! A savoir: renier ses convictions au bénéfice des luxes du pouvoir.

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Bernard Harang annonce sa démission

Bernard Harang (UDF), concessionnaire auto, accepta de mettre les mains dans le cambouis et de se porter candidat à la présidence de la région. Quatre centristes (dont Philippe Vigier) et gaullistes rejoignirent dès lors le camp de la Résistance que Donnedieu formait avec deux autres membres de sa famille politique. Ces seuls sept opposants ne votèrent pour Bernard Harang qui n’exerça la présidence qu’une semaine durant. Tous le lâchant progressivement, hormis les Frontistes.

Beaucoup eurent l’examen de conscience embarrassé. Y compris parfois avant de se ressaisir préalablement au scrutin installant Harang à l’éphémère présidence. Tel Philippe Vigier qui devait déclarer à un confrère journaliste: “J’ai des convictions profondes que j’affiche depuis quatorze ans, je n’y déroge pas… Mais il y a l’éthique et les réalités politiques!” Il n’avait pas été le seul à émettre sur une longueur d’onde un peu embrouillée…

G.B.

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