Loiret: le conseil départemental au chevet des zones rurales en colère

Hugues Saury, le patron du département et sa garde rapprochée viennent d’inventer un nouveau concept: le programme électoral post-scrutin. “La loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) n’a été définitivement adoptée qu’après l’élection” (en mars 2015) explique le président du Loiret qui présente devant la session de décembre, ce jeudi et vendredi, sa “feuille de route jusqu’en 2021″, au bout du mandat.

La "dream team" d'Hugues Saury, avec Pauline Martin, Alexandrine Leclerc,Viviane Jehanet, Marc Gaudet, Gérard Malbo, et Frédéric Néraud. Photo D. Chauveau.

La “dream team” d’Hugues Saury, avec Pauline Martin, Alexandrine Leclerc,Viviane Jehanet, Marc Gaudet, Gérard Malbo, et Frédéric Néraud. Photo D. Chauveau.

Avant cette Loi sur les compétences territoriales qui n’a pas vraiment fait bouger les lignes, le département avait senti le vent du boulet avec sa suppression envisagée par Manuel Valls. Alors, afin de bien souligner l’importance de sa collectivité, en présentant  à la presse son “projet de mandat”, Hugues Saury (LR) en bon politique, n’a pas manqué de souligner que l’on doit “s’interroger et se préoccuper du vote rural et ce sentiment d’abandon qui s’y développe. Le département est en première ligne pour y déployer ses politiques au plus  près des citoyens”.

Hugues Saury.

Hugues Saury.

Cela n’a pas été dit comme ça mais le département se veut lui aussi un barrage contre le Front national. Pour l’élaborer, la méthode Saury  qui veut rompre avec l’époque Doligé, s’est d’abord appuyée sur une concertation à coup d’assises (pour le social), de séminaires, de commissions pour ensuite en interne remettre à plat les politiques. Malgré les nouvelles donnes budgétaires (aides de l’Etat en baisse, réforme de la fiscalité), “c’est un projet ambitieux” estime le président qui promet 100 millions d’euros d’investissement par an en moyenne. Le grand chantier de la mandature concernera les maisons de retraite (EHPAD), un plan de rénovation et de construction presque comparable à ce qui avait été fait pour les collèges auparavant. Vint-quatre établissements sur tout le Loiret seront construits ou rénovés, au total une enveloppe de 140 millions dont 20 pour le conseil départemental.

Un guichet unique

Alexandrine Leclerc, la vice-présidente en charge du social (enfance, personne âgée, handicap) a évoqué un chantier, certes moins gourmand financièrement mais qui apparaît comme une montagne inaccessible: la simplification des procédures d’aide sociale: “l’idée serait d’avoir un numéro unique pour tous les services sociaux, que chacun des partenaires ait connaissance du dossier de l’allocataire” avec une sorte de carte Vitale qui regroupe les informations avec garantie de confidentialité bien sûr.  “Il y a des personnes qui ont des droits mais qui ont du mal à en bénéficier” explique Hugues Saury qui, à contrario, souhaite aussi que le département lutte contre “ceux qui bénéficient de prestations sans y avoir droit au détriment des premiers”.

Une véloroute entre Dordives et Briare

LoiretEn projet aussi en vrac, une maison de l’autonomie pour les handicapés, au registre de l’aménagement du territoire, une plus grosse enveloppe pour les communes rurales, un effort sur le très haut débit (70% des loirétains couverts), la remise en état du pont de Châtillon, la construction du pont entre Mardié et Darvoy, la déviation de Jargeau-Saint-Denis-de-l’Hôtel et la construction de trois nouveaux collèges (deux à Pithiviers pour couper l’actuel en deux, et un au nord-est d’Orléans). En revanche, les projets sur le canal du Loiret sont abandonnés mais le département continuera de mettre le paquet sur la Loire à vélo et sur une nouvelle véloroute entre Dordives et Briare.

Quant à la compétence économique dont le chef de file est désormais la région, le département n’y renonce pas complètement: “nous gardons des compétences pour accompagner les EPCI et dans l’immobilier d’entreprise” explique Hugues Saury qui ne veut plus d’une “politique de guichet” mais envissage d’autre part de contractualiser avec les communes afin d’avoir une politique cohérente. Ne plus financer par exemple deux piscines à quinze kilomètres l’une  de l’autre.

L’avenir de Loiret&Orléans

Quant à Loiret&Orléans, le bras armé économique créé avant les élections par le département, l’UDEL et la CCI et l’Agglo, que va t-il devenir maintenant que les compétences passent à la région? François Bonneau avait dit durant la campagne qu’il convenait de transférer les postes au conseil régional pour éviter des emplois publics supplémentaires. “La situation devrait évoluer d’ici le 31 décembre 2016” a répondu, prudent, Hugues Saury. 

Les résultats des élections régionales ne vont certes pas dans le sens que souhaitait l’exécutif du Loiret, mais les récentes prises de positions des élus LR du Nord et de Paca et notamment de Jean-Pierre Raffarin, sur l’intérêt d’un consensus droite-gauche pour l’intérêt général, ne devraient pas laisser insensibles dans des région moins en vue.

Ch.B

 

Commentaires

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  1. “le vent du boulet avec sa suppression envisagée” tout à fait !
    Supprimons tous ces échelons inutiles qui ralentissent les idées, coutent une fortune pour des résultats insignifiants, ajoutent de la lourdeur administrative sans valeur ajoutée. Les communes et les régions sont aussi aptes à faire le boulot. Agacés de ces doublons !

    Vraiment il y en a ras le bos de ces plaisantins qui pensent avoir du pouvoir, alors qu’ils ne font que dilapider l’argent du contribuable. Ils participent au déclin de la France, à sa fiscalité outrancière, sa lenteur administrative, son manque d’ambition.

    Dehors les inutiles du conseil départemental, tous partis confondus. Allez chercher un”vrai job”, bref soyez Français et non profiteurs des français !

  2. S’il y a des regroupements à faire d’urgence, c’est au niveau des communes et de leurs communautés. Le mouvement a démarré, grâce à une incitation budgétaire. La preuve que c’est possible.

    Il n’en est pas de même pour le grand Orléans où les petits maires font de la résistance, même dans le domaine de la mutualisation.

    Comment les convaincre de fusionner au moins 20 des communes. Chacun va prendre sa calculette en fonction des votes des 3 derniers scrutins.

    Il faut aussi aller vers des fonctionnaires “contractuels”, voire “élus” et plus en poste à vie !

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