La Malle aux (petits) trésors

Gérard Hocmard

Gérard Hocmard

Par Gérard Hocmard

« Le Jeu des 1000 euros » de France Inter, sans lequel ne saurait se déclencher à 12h45 le réflexe pavlovien de la faim pour un certain nombre d’entre nous, accueille comme candidats tous les mercredis des élèves des collèges ou des lycées. À l’occasion des fêtes, il a ouvert son micro pour la durée des vacances scolaires à des enfants de l’enseignement primaire, dont les gains éventuels, par des réponses justes à des questions d’astuce, de réflexion ou de culture générale adaptées à leur âge, iront alimenter la caisse de l’école en vue d’un voyage de fin d’année.

Ecole Paul Eluard à Argenteuil © - 2015 / Kheira Retiel

Ecole Paul Eluard à Argenteuil © – 2015 / Kheira Retiel

L’émission diffusée hier était enregistrée à Argenteuil, en banlieue parisienne, et les questions avaient été posées à deux gamins, de 7 ans tous deux, petit garçon et petite fille à l’air éveillé autant qu’on en puisse juger à l’oreille et dont on peut penser qu’ils avaient été choisis parmi les plus aptes à bien savoir répondre.

Avec l’aide appuyée de l’animateur, ils ont réussi à répondre à toutes les questions et ont donc eu accès au « banco ». Suspense… Émotion… La manne allait-elle pouvoir tomber dans la caisse de l’école ? Le silence était à couper au couteau dans une salle qui retenait son souffle… Quel détail tordu allait-on leur demander de fournir ? Quel traquenard le tirage au sort des questions allait-il leur tendre ? Simplement ceci : « En France, quelle est la date de la fête nationale ? ».

1024px-Couture_-_Jeu_FI_01Silence des gamins. Embarras de l’animateur qui ne savait plus quelle perche tendre. La fin de la minute impartie retentit comme un glas… les enfants ne savaient pas. La salle appelée à la rescousse n’en savait apparemment guère plus. Une petite fille est venue au micro dire : « juillet », mais elle ne pouvait pas donner le jour et du temps s’est écoulé avant qu’une deuxième petite fille risque : « le 14 ? » d’un petit air interrogatif dû sans doute à l’émotion.

Bizarre, quand même. Il me semble pourtant bien qu’à leur âge nous avions repéré tout ça par osmose, en ouvrant les yeux et les oreilles.

Espérons que les petits trésors auront bien enregistré que Noël est le 25 décembre et que le 1er  janvier est le jour où l’on remplace le calendrier du facteur de l’année précédente, avec sa photo de chatons dans leur panier, par celui de l’année nouvelle, où ce sont des chiots qui occupent le panier. À condition, bien sûr, que le facteur soit passé proposer son calendrier.

Commentaires

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  1. Bigre ! Va-t-on leur laisser une chance avant de leur retirer la nationalité française ?

    Et des élus corses qui viennent de célébrer leur succès électoral dans leur langue et non celle de la République , qu’en dites-vous M le chroniqueur ?

  2. Est-ce que, au même âge, je connaissais la date de la fête nationale ? Je n’en suis pas si sûre. C’est facile de reconstituer des dizaines d’années plus tard un savoir supposé acquis par imprégnation. A 7 ans, je ne m’intéressais absolument pas aux événements que célébraient les adultes, et je ne pense pas avoir été la seule. Mais bien sûr, on sait que tout va de mal en pis, qu’autrefois tous les enfants savaient lire et écrire, que tout le monde chantait la marseillaise, et que le civisme était la vertu la mieux partagée du monde. Laudator temporis acti.

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