Orléans: le centre de la DGSE à Cercottes faisait partie des cibles

Les deux jeunes Orléanais interpellés il y a une semaine à leur domicile, l’un à l’Argonne et l’autre dans le quartier Madeleine, comptaient-ils s’attaquer au centre d’entraînement de la DGSE à Cercottes, près d’Orléans? L’hypothèse a été envisagée par les enquêteurs et les magistrats du  pôle anti-terroriste de Paris qui ont déjoué l’opération en cours.

La Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) à Cercottes

Entourée sur la carte, la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) à Cercottes

Les deux hommes surveillés depuis le mois d’août 2015 ont indiqué qu’ils voulaient s’en prendre à des représentants de l’ordre public, policiers, gendarmes et militaires. La préfecture du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, rue de Bourgogne, a été citée comme une autre cible potentielle. L’attaque contre des personnalités de l’Etat entraient aussi dans leurs projets.

Pourquoi Orléans? Parce que les deux suspects de 24 et 25 ans, l’un né à Lomé (Togo), l’autre originaire du Maroc, deux petits délinquants français connus pour des faits routiers ou de rébellion à agent, et qui s’étaient récemment radicalisés, y demeuraient ?  Selon le voisinage, une arrestation musclée dans le quartier de l’Argonne a eu lieu mercredi 16 décembre rue de Médéa où pourrait habiter Karim K., l’une des personnes arrêtées. Karim K. était connu des autorités pour trafic de drogue et quelques délits sur la voie publique.  

Orléanais, ils auraient voulu frapper dans leur ville? Cela semble un peu juste comme explication. On sait qu’ils ont reçu un mandat de 4 000 € de Syrie, d’un complice orléanais lui aussi, destiné à acheter des armes. Faute d’avoir trouvé des kalachnikovs sur la région, les deux hommes sont allés faire “leur marché” à Marseille. Mais lors des perquisitions, les policiers de l’anti-terrorisme n’ont pas découvert d’armes. Ils sont tombés en revanche sur des vidéos produites par Daesh qui ne laissent planer aucun doute sur les commanditaires des projets d’attentat. “C’est le parquet anti-terroriste de Paris sous l’égide du procureur de la République de Paris, François Molins qui a conduit toute l’enquête et effectué les perquisitions”, indique une source proche du ministère à Paris. “C’est la démarche judiciaire qui a fonctionné et permis ces arrestations”. Celles-ci ne découlent donc pas des perquisitions administratives effectuées dans le cadre de l’état d’urgence.

Les agents du Service action

Ces deux jeunes apprentis terroristes étaient-ils de taille à s’attaquer au camp de Cercottes, l’un des principaux centres opérationnels de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure)? Il y aurait eu dans ce projet une dimension symbolique forte. A Cercottes, à la limite de Saran, se préparent en effet les interventions des forces spéciales françaises sur les théâtres d’opération extérieures. En effet le centre d’entraînement spécialisé de Cercottes, forme les agents du service action qui interviennent à l’étranger, en particulier contre le terrorisme, que ce soit en Afrique ou au  Moyen-Orient.

Coincé à l’orée de la forêt d’Orléans, entre le parc de loisirs de Saran, la zone d’activité de Montaran et la zone pavillonnaire de ce quartier, le site de la DGSE, composé de bâtiments et d’une zone de tir, ceinturés de murs et de barbelés, est hautement sécurisé. Le Centre parachutiste d’entraînement spécialisé (CPES), stationné à Cercottes, instruit les agents clandestins  et bénéficie aussi pour ses missions au long cours de la proximité avec la base aérienne de Bricy à l’ouest d’Orléans. Cercottes, une cible autrement plus délicate d’accès pour deux terroristes que la préfecture, mais à la valeur ajoutée symbolique plus  élevée dans le contexte des conflits en cours en dehors de nos frontières.

Ch.B

 

Commentaires

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  1. Je genre d’info doit être sanctionné par le même processus que le secret militaire. Je pense irresponsable que la presse écrive cela

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