IRSTEA : l’institut de recherche restera à Nogent-sur-Vernisson

Thierry Mandon secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche vient d’annoncer que le projet de délocalisation de l’IRSTEA* à Saclay “était bloqué” et que cet établissement “resterait à Nogent-sur-Vernisson”. Cette annonce est intervenue à la suite d’une rencontre avec le ministre au ministère de la Recherche, avenue Descartes à Paris.

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Les élus au ministère de la Recherche

Outre Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret qui en avait fait la demande étaient présents dans le bureau du ministre, François Bonneau, président PS de la région Centre-Val de Loire, Jean-Pierre Door, député (Les Républicains) du Loiret, Anne Besnier, vice-présidente de la région chargée de la recherche, Michel Le Roux, maire de Nogent-sur-Vernisson et Alain Grandpierre, conseiller départemental et président de la communauté .

Ils ont exprimé unanimement leur volonté de voir l’IRSTEA* (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) demeurer à Nogent-sur-Vernisson alors qu’un projet prévoyait de déplacer cet établissement à Saclay en passe de devenir le siège national. Ils ont indiqué que cet institut de recherche – le seul de l’Est du Loiret – était particulièrement bien placé au cœur de la forêt d’Orléans, site remarquable pour les études forestières, où il œuvre en totale synergie avec l’Inventaire Forestier National, le lycée du Chesnoy et des Barres et le remarquable arboretum créé par la famille Vilmorin. Ils ont souligné que le départ de l’IRSTEA mettrait en cause l’ensemble et porterait une grave atteinte à un site dont les potentialités sont grandes pour la recherche, mais aussi l’économie forestière et le tourisme. Ils ont aussi insisté sur le fait que l’IRSTEA délivrait un mastère et entendait travailler en lien toujours plus étroit avec les Universités d’Orléans, Tours, Limoge, Poitiers et La Rochelle.

IRSTEA* Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture. Le site de Nogent sur Vernisson concerne l’écologie des forêts de plaine

Questions à … Richard Chevalier
ingénieur d’étude, représentant du personnel

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Richard Chevalier

Pourquoi tenez-vous tant à rester à Nogent-sur-Vernisson ?

R. Chevalier. J’y suis très attaché car je travaille comme mes collègues depuis de nombreuses années sur l’écosystème forestier et pour cela ce lieu proche de la forêt d’Orléans et de celle de Montargis où poussent de grands peupliers est idéal. Nous somme sur le domaine des barres, historiquement lié à la famille de Vilmorin depuis 1821 et qui en a fait don à l’état il y a plus de 130 ans.

Ce lieu accueille quatre organismes publics entièrement vers l’étude de la forêt : un lycée forestier dispensant 3 niveaux de formations (BTS, licence professionnelle et master) ; l’Office national des forêts qui assure l’entretien de l’arboretum national des Barres et l’accueil du public ; le service forestier de l’IGN en charge les statistiques relatives à la forêt française et enfin l’Irstea (ex Cemagref), institut national de recherche pour environnement et l’agriculture et dont l’activité nogentaise concerne l’écologie des forêts de plaine.

Quel est le but poursuivi par le gouvernement en voulant vous transporter à Saclay ( Yvelines).

Sur le plateau de Saclay il veut concentrer de grands ensembles de recherche au de-là de la masse critique. Le centre Irstea de Nogent appartient à un ensemble de 9 centres de recherche répartis sur l’ensemble du territoire et dépend d’une direction générale sise à Antony dans les Hauts de Seine. Une réorganisation de la recherche française est en cours depuis 2013. Elle a pour but d’améliorer l’efficience de ses travaux scientifiques et de lui conférer une meilleure lisibilité. Dans le cadre législatif de cette réorganisation, les établissements de recherche sont tenus de se rapprocher scientifiquement, au niveau de leur région d’ancrage, au sein d’un établissement public dénommé COMUE ( communauté d’universités et d’établissements de recherche).

Notre direction générale d’Antony envisageait jusqu’ici d’associer son centre à la COMUE de Saclay dans l’Essonne et de déplacer ses infrastructures sur le plateau de Saclay en y comprenant le centre de Nogent dans son sillage.

Le personnel du centre Irstea de Nogent travaille à un rapprochement scientifique avec la COMUE inter-régionale Centre-Poitou-Charentes-Limousin. Cette orientation nous apparaît comme un projet de recherche cohérent et le plus prometteur pour la pérennité de nos activités de recherche. Nous étudions notamment notre rapprochement avec le Laboratoire de Biologie des Ligneux et des Grandes Cultures de l’Université d’Orléans et ce d’autant plus que la région Centre-Val de Loire soutient nos activités depuis de nombreuses années et finance actuellement un site atelier sur le massif forestier d’Orléans dédié à l’étude de l’intérêt des mélanges d’essences dans le cadre des changements climatiques. La quasi-totalité du personnel (60 personnes) rejette ce projet de délocalisation du centre Irstea de Nogent-sur-Vernisson. Elle provoquerait la dislocation du collectif de recherche dédié à l’étude des écosystèmes forestiers.

Peut-être y avait-il un intérêt financier, des coûts moins onéreux ?

Nous demandons des chiffrages qu’on ne nous a jamais donnés et selon ce que nous avons pu savoir ils ne sont pas très aboutis. Avec internet nous publions dans le monde entier, nous sommes connus de la communauté scientifique internationale et nous recevons à Nogent –sur-Vernisson des doctorants du monde entier.

Propos recueillis par F.C.

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