La femme qui cherchait sa vie en Nouvelle-Calédonie

Irène le personnage imaginé par Marie Lincourt poursuit sa traversée de l’histoire. Après l’occupation la colonisation, elle nous transporte en Nouvelle-Calédonie, en attendant le Sénégal. De l’autre côté de la terre, c’est l’occasion pour ce personnage de femme de caractère de vivre des aventures sentimentales à rebondissement, sur fond de sourde colère du peuple mélanésien, méprisé par les gros exploitants du nickel qui annonce Ouvéa.

 

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Interview

  • Marie Lincourt, “La femme qui cherchait sa vie”, c’est la suite du précédent (Surtout ne viens pas !, Éditions du Panthéon, 2012) qui se situait durant la seconde guerre mondiale?

Oui, après cette histoire de couple qui se déchire, là nous sommes dans les années 50-60, ils partent vivre en Nouvelle-Calédonie. Pierre y a été nommé comme chef de subdivision des îles Loyautés, au large de la Grande terre calédonienne où il veut, lui qui a une formation dans l’immobilier, construire des routes, des écoles, des services publics.

  • Le climat est bien différent en Nouvelle-Calédonie de ce qu’il est aujourd’hui. Vous y avez vécu. Est-ce un livre autobiographique?

C’est une histoire réelle sur laquelle j’ai greffé mon expérience de la Nouvelle-Calédonie où j’ai eu le privilège de vivre durant trois ans, dans des tribus mélanésiennes au cœur des réserves, avec des autochtones qui menaient une vie à la fois primitive et riches de leurs coutumes. Elles y sont bien ancrées avec des rituels, de la sorcellerie, les fêtes tribales religieuses ou sacrées.

  • C’est un livre qui comporte de nombreuses aventures et rebondissements?

Oui, plein d’aventures, aussi bien Pierre qu’Irène vont en vivre de très fortes et à la fin du livre on ne sait pas ce qu’ils vont devenir car une menace pèse sur eux.

  • Irène est une “Française” atypique puisqu’elle se mêle aux populations locales ce qui ne se fait pas dans la communauté venus de l’hexagone?

En général les zozos (les zoreilles, les blancs, ceux qui ont entendu dire que l’on pouvait gagner beaucoup d’argent dans le nickel), méprisent les kanak qu’ils considèrent comme des sauvages, voire des gens dangereux.  Au début du 20 ème siècle, il y avait encore de l’anthropophagie. Alors les zoreilles ont développé une sorte d’aversion, au moins du mépris vis-à-vis de ces “sauvages”. Nombreux sont ceux qui restaient à Nouméa et n’allaient jamais se risquer en brousse. Irène elle au contraire, va s’intéresser à ces populations, découvrir leur richesse, leurs traditions puis leur médecine basée sur des herbes. D’ailleurs les chercheurs de l’Orstom (aujourd’hui rempacé par l’IRD, Institut de recherche pour le développement) continuent d’étudier ces soins à base d’herbe.

  • Déjà à l’époque Pierre le sous-préfet va pâtir  de velléités  indépendantistes qui se font jour?

Oui, car ces colons se sont octroyés les meilleures terres ne laissant aux kanak que des terres sans valeur. Dès lors, la révolte kanak a commencé à gronder. C’était bien avant la grotte d’Ouvéa mais Maurice Lenormand venait de fonder un parti l’UC (L’union Calédonienne) avec des revendications sur les terres. Pierre le sous-préfet va subir des pressions très fortes jusqu’à des menaces de mort et il va en faire les frais…

  • Vous avez déjà commencé une suite?

Oui elle se passera au Sénégal, après 1960, le pays vient juste d’acquérir son indépendance, et la Casamance se soulève…

Propos recueillis par C.T

  • La femme qui cherchait sa vie par Marie Lincourt, aux éditions du Panthéon, 17,50€.

 

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