“Afriques Médiatiques”: pour une décolonisation des esprits

Afrique Médiatiques

Ce lundi soir s’ouvrait à Orléans le festival “Afriques Médiatiques” par deux événements marquant le début de cette semaine de décryptage des images des “Afriques” dans les médias:  une exposition de quelques stéréotypes culturels au Lycée Voltaire de la Source, et une première conférence inaugurale au Bouillon à l’Université sur le thème:
“Les Afriques contemporaines dans les médias: entre fantasmes, mythes et réalités”

La Conférence Inaugurale

Felwine Sarr, Marie France Malonga, Sorcy Rugamba

Felwine Sarr, Marie France Malonga, Sorcy Rugamba

La conférence réunissait Marie France Malonga, sociologue des médias enseignante à l’Université Paris II Assas, Felwine Sarr, ancien étudiant à Orléans aujourd’hui enseignant à Dakar et écrivain, et Sorcy Rugamba, rwandais, auteur, metteur en scène, acteur et créateur du spectacle théâtral Rwanda 94.

A partir d’un premier constat établi par la sociologue, Marie France Malonga, définissant les trois stéréotypes  formatés, attribués par les médias français à la population africaine: la victime qu’il faut toujours aider, le sauvage primitif entre crainte et envie, et le déviant/délinquant qu’il faut punir, les regards croisés des trois participants permirent d’établir une grille de compréhension de l’image médiatique de l’Afrique, voire de “l’africain”, première forme de la négation de la diversité historique, sociale et culturelle de ce continent pluriel.

Plusieurs sujets de journaux télévisés tirés des archives de l’INA, permirent d’illustrer la pertinence de l’analyse autour de trois événements marquant des relations entre la France et des pays africains: l’intervention au Mali en 2013, le génocide au Rwanda en 1994 et le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007, discours négationniste de l’histoire de l’Afrique, avec cette affirmation (que ne contredira pas François Hollande cinq ans plus tard), “L’homme africain n’est pas entré dans l’histoire”, s’inscrivant ainsi dans une vision véhiculée depuis cinq siècles par l’Europe, affirmant l’inexistence des civilisations africaines, reléguées au statut condescendant d’art “primitif” (finalement rebaptisé art “premier”).

Cette conférence inaugurale permit donc de baliser l’ampleur du travail médiatique et culturel à entreprendre pour briser des schémas profondément ancrés dans les mentalités, tant européennes qu’africaines, pour passer de l’indépendance des états à la décolonisation des esprits.

Vaste tâche qui continuera toute la semaine…

Gérard Poitou

>Tout le programme des Médiatiques 2016: http://www.lesmediatiques.fr/

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