Culture O Centre… du vote budgétaire régional

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Alors que les débats dans l’hémicycle ont été placés sous le signe du réchauffement politique, c’est dans les travées du public, puis en coulisse de la session budgétaire, que s’est joué le gros orage qui secoue le conseil régional.

Les salariés de Culture O Centre jeudi  lors de la session budgétaire.

Les salariés de Culture O Centre jeudi lors de la session budgétaire.

 

Une quarantaine de manifestants, des acteurs culturels, comédiens, intermittents, mais aussi des représentants des associations, des mairies, des syndicats comme Sud et le PC, sont montés sur les planches de la scène régionale, consacrée jeudi au budget 2016, pour soutenir Culture O Centre. Les 19 salariés de l’agence de soutien à la culture (un EPIC) dont les finances dépendent entièrement de la région, vont en effet être licenciés, après la dissolution de cette structure.

Celle-ci sera votée en commission permanente le 18 mars prochain. Sur les seize salariés permanents, deux devraient intégrer le Frac (Fond régional d’art contemporain) à Orléans, et quatre seront titularisés au service culturel de la région. Resteront donc dix salariés sur le carreau (les autres étant des apprentis). Selon toute vraisemblance, il s’agit des salariés qui occupaient des “fonctions support”, administration, communication, informatique… Des reclassements leurs seront proposés dans d’autres agences, indiquait-t-on jeudi soir dans les services de la région. D’autre part, un cabinet de reclassement les accompagnera dans leurs recherches, mais les salariés de Culture O Centre n’attendent pas grand-chose de ce soutien, tant leurs champs d’action et bien spécifique.

“Un mépris des salariés” 

Dans les travées de la région.

Dans les travées de la région.

“Nous ne comprenons toujours pas cette décision” expliquait Stéphane Schleininger, un des salariés de Culture O Centre. “Il n’y a jamais eu d’audit, ni d’analyse de l’activité en 2015, c’est une violence institutionnelle, un mépris des salariés”. Pour le porte-parole des salariés licenciés, la culture est devenue “une variable d’ajustement” des budgets des collectivités. Plus généralement, “cela va poser la logique de la permanence artistique dans les territoires”.

Au fil des débats de la session budgétaire, jeudi, le dossier Culture O Centre s’est invité dans les débats. “La région a pris ses responsabilités”, a dit Michèle Bonthoux, la vice-présidente PS à la culture, tout en réaffirmant que le “budget de la culture est reconduit à 32 m€” et que “les engagements seront tenus”. Un budget culturel qui est d’ailleurs en pourcentage, l’un des premiers des treize régions. Les Etats généraux de la culture auront lieu à l’automne. Alors pourquoi le couperet est-il tombé si vite, quelle urgence? Christine Fauquet qui s’exprimait pour l’opposition, est d’accord sur le fond, “nous soutenons“, mais en revanche sur la forme, “c’est un total manque de respect pour le personnel”.

Quel plan B ?

Un peu gêné aux entournures, Charles Fournier pour EELV a pris acte “du choix de fermer Culture O Centre”, mais il prévient aussi qu’il sera “attentif au devenir des salariés non repris… au devenir des missions”, (prêt, expertise, observation).

Michèle Bonthoux

Michèle Bonthoux

En fin de journée, une délégation des salariés de Culture O Centre a été reçue en marge de la session par François Bonneau le président, Michèle Bonthoux et le directeur général délégué à la culture, Emmanuel Porcher. Clairement, et c’est le discours qui a été tenu par la région aux salariés, cette décision a été prise dans le cadre des économies à gratter sur les budgets. Sur les 2,3 millions d’euros que coûtaient la structure par an, un million était en effet consacré aux frais de personnel.

“Quel est le plan B ?” demandent les salariés dans un communiqué. “Nous continuerons d’accompagner les projets culturels dans les territoires”, affirme Emmanuel Porcher qui admet que certaines associations que ce soit de lutte contre la mucoviscidose ou sportives, s’inquiètent déjà, tant le service rendu par Culture O Centre est indispensable. Le prêt de matériel (dont 70% concernaient le seul Loiret) avait bénéficié d’importants investissements ces dernières années. Il devrait être repris par des associations et des EPCI.

Quant aux salariés, d’ici le 18 mars, ils comptent bien continuer de populariser leur lutte et disent-ils se mettre “en ordre de marche”. Christine Fouquet n’avait peut-être pas complètement tort de souligner au registre politique à l’adresse de la majorité socialiste, “dès que Marc Brynhole n’est plus là pour les défendre…”, évoquant l’ancien président communiste d’organismes culturels régionaux. “Cela montre dans quelle estime vous tenez vos amis…”.

Ch.B

Commentaires

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  1. C’est très clairement la fin de l’aide précieuse que fournissait le Parc de matériel auprès des associations et collectivités depuis de nombreuses années.
    Mais aussi la mort de bon nombre de manifestations régionales qui sans ce service de location ne pourront supporter le surcoût budgétaire pour se procurer du matériel identique dans le circuit privé.
    Merci pour tout Monsieur Bonneau…

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