Loir-et-Cher: le Conseil départemental n’a plus de gras, le contribuable va rogner l’os…

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Le DOB (Débat d’orientations budgétaires) du Conseil départemental de Loir-et-Cher était empreint de gravité et solennité lundi 29 février. Malgré les efforts de bonne gestion, les contribuables du département ne devraient pas y couper : une hausse de la fiscalité semble désormais inévitable, après 9 ans de stabilité.

momo photo

Maurice Leroy préside le conseil départemental.

Cette fois-ci, nous y sommes : plus de chair, plus de gras, plus de muscle, plus rien, il ne reste que l’os. Maurice Leroy, président du conseil départemental de Loir-et-Cher aime ces moments d’intense gravité où gronde le canon, où flotte le parfum de la poudre et retenti le tambour annonçant le combat futur : du sang, de la sueur et des larmes. Songez que pour le seul RSA (Revenu de solidarité active) il manque 20 M€ dans les caisses (40,2 M€ de dépenses ; 20 M€ de recettes). Depuis le transfert de charge en 2004 entre l’Etat et les Départements, le nombre d’allocataires est passé de 4.460 à 10.000. L’Etat a transféré beaucoup de charges… mais peu les compensations qui devaient les accompagner. Trop peu. Le « reste à charge » du Département était élevé en 2015 : 17,8 M€ pour le RSA ; 6,2 M€ pour la PCH (Prestation compensation handicap) ; 21,8 M€ pour l’APA (Aide personnalisée à l’autonomie). Et pour ce dernier chiffre, les affaires ne s’améliorent pas pour le Loir-et-Cher, département vieillissant plus que la moyenne nationale.

…Grâce à sa bonne gestion

Maurice Leroy (UDI).

Maurice Leroy (UDI).

« Nous sommes arrivés au bout de notre capacité à dégager de l’épargne », a déclaré le président Leroy dans son discours de présentation du DOB. Il faisait suite au spécialiste des finances publiques des collectivités territoriales Michel Klopfer, venu une nouvelle fois dans le département faire un exposé didactique de la situation, graphiques et courbes à l’appui.

Pourtant, le Département ne s’en sort pas si mal au regard des difficultés, et des baisses drastiques de dotations de l’Etat (-10,7 milliards € en moins en 2015, 2016 et 2017). Le Loir-et-Cher, « grâce à sa bonne gestion et des efforts d’économies drastiques » indique l’élu UDI, a réussi à économiser 8,8 M€ en 2014 et 12,6 M€ en 2015. Réductions dans les frais de fonctionnement, baisse de subventions aux associations, vente de patrimoine immobilier : « il n’y a plus de gras, on va rogner l’os, et si ça continue on va faire péter les boulons », a indiqué dans un discours très imagé Maurice Leroy.

Pas question pour autant de sabrer dans les compétences obligatoires ni de baisser le niveau des investissements. Les travaux routiers (notamment les déviations de Vendôme, Cellettes, Contres), ou l’aménagement dès 2017 du rond-point de Cap’Ciné à Blois fortement bouchonné matin et soir, seront maintenus. Le déploiement de l’Internet THD (Très haut débit) va continuer sa progression (25 M€ sur 5 ans). La rénovation des collèges, la Dotation de solidarité rurale (DSR) « qui a généré en 6 ans 100 M€ de travaux dans 250 communes rurales du Département », selon Maurice Leroy, seront maintenus également.

A gauche, une attitude “responsable”

Au nom du groupe « Loir-et-Cher autrement », la conseillère départementale Geneviève Baraban a affiché la couleur de la volonté de l’opposition : « dans le respect de nos valeurs, des contraintes réelles de notre département et des incertitudes qui vont persister quelques semaines voire quelques mois encore, nous aurons une attitude responsable ». En ajoutant « si nous sommes entendus lors du vote du budget prévisionnel » (les 21 et 24 mars prochains). La mise en œuvre de mécanismes d’incitation financière des départements à renforcer leurs dispositifs d’insertion – une des solutions envisagée lors de la rencontre le 25 février dernier entre le Premier ministre Manuel Valls et l’Assemblée des départements de France présidée par Dominique Bussereau et dont Maurice Leroy est vice-président – aura sans doute pesé lourd dans la balance de G. Baraban et du groupe socialiste au Conseil départemental.

Un voeu pour les trains d’équilibre

ter train sncfComme au Conseil régional jeudi 24 février dernier lors du vote du budget, le Conseil départemental a adopté un « vœu » pour s’opposer au démantèlement des « Trains d’équilibre du territoire » (TET) afin de faire pression sur la SNCF en matière de ponctualité, de renouvellement du matériel roulant, d’augmentation des dessertes et correspondances, et d’étudier un possible arrêt des trains de la ligne Paris-Orléans-Tours à la bibliothèque François-Mitterrand. Les contribuables loir-et-chériens pourront peut-être se consoler en prenant ou en regardant passer les trains.

 

Frédéric Sabourin

 

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