Salon de l’Agriculture: le préfet aux champs…

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Ce n’est pas tous les ans que le préfet de région accompagne le président du conseil régional dans sa tournées des popotes agricoles du Centre-Val de Loire. Nacer Meddah lui, n’a pas hésité mardi à lever son verre de Bourgueil et à déguster des crottins de Chavignol avec François Bonneau et un “troupeau” d’élus de la majorité et de l’opposition.
 
La dégustation des crus locaux fait partie de la liturgie d'une visite au Salon.

La dégustation des crus locaux fait partie de la liturgie d’une visite au Salon.

N’est-t-elle pas consensuelle cette défense des terroirs et du monde agricole secouée par la crise que l’on sait? D’ailleurs Xavier Beulin, à la fois régional de l’étape comme président du CESR et président de la FNSEA, qui a bien du mal à tenir ses troupes, était de la partie en début de matinée. Tous les jours, le céréalier du Loiret se doit d’accueillir les “bêtes” politiques qui les uns après les autres défilent devant les moutons frisés à souhait et au cul des vaches.
Bien qu’ayant passé le témoin au jeune Harold Huwart avec lequel il n’est pas prévu qu’elle parte en vacances dans le Perche, Marie-Madeleine Mialot qui pilotait jusqu’à 2015 la politique agricole régionale, avait tenu aussi à être de la partie.
 

L’agriculture dans les fondamentaux

Démonstration culinaire par Audrey Pencolé, une blésoise.

Démonstration culinaire par Audrey Pencolé, une blésoise.

 Ce préfet de région était-il envoyé par le ministère de l’Intérieur pour bien montrer que malgré la conduite lamentable faite au président de la République samedi, l’Etat ne lâche pas son agriculture? Certes a t-il dit, “ma  présence marque la considération de l’Etat vis-à-vis du monde agricole”. Mais Nacer Meddah le disait haut et fort à la presse, il est venu à Paris de sa propre initiative, d’ailleurs il tâtait déjà le cul des Limousines à Paris lorsqu’il était en Moselle.
 Les 220 m2 de l’espace région Centre-Val de Loire sont situés (forcément) au centre du hall 3 consacré aux régions et accueillent en permanence une quarantaine d’exposants et d’organisations de la profession. François Bonneau et Nacer Meddah ont rendu visite aux éleveurs dès potron-minet avant de faire de longues haltes chez les viticulteurs, les producteurs de fromage, sans oublier les agro-alimentaires comme Ebly,IMG_2787 joint-venture entre Axereal et Mars, une entreprise dans une région grenier de la France, mais qui reste à la traîne en matière d’agro-alimentaire. “Nous devons mettre l’agriculture parmi nos fondamentaux”, a lancé François  Bonneau à l’heure de l’apéritif devant le président de la Chambre régionale d’agriculture, Jean-Pierre Leveillard et les élus régionaux, Marc Gricourt, Harold Huwart, Constance de Pélichy,  Jean-Patrick Gille, Laurence Reynié, Tania André… Le prochain grand “salon” de l’agriculture aura lieu en région, lors des assises qui se tiendront dans le Cher. Et il y aura du grain à moudre.
 

Les cartes agricoles rebattues

 
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Xavier Beulin, le président de la FNSEA.

 Comme en économie, les cartes vont être rebattues en ce qui concerne les compétences agricoles. En France, sur les 64 milliards de la PAC (politique agricole commune), 11,4 milliards de fonds européens vont être maintenant gérés par les régions. Ce n’est pas rien. Des crédits qui servent à financer les aides à l’installation, les mesures agro-environnementales, l’agriculture  biologique… En région Centre-Val de Loire, le FEADER représente environ 346 millions d’euros. Le 24 février dernier, Philippe Richert, le président de l’ARF (Association des régions de France) avait appelé à un “repositionnement clair des régions comme unique chef de file sur l’accompagnement structurel des entreprises et des filières”. 
 

L’Etat ne veut pas disparaître

 

Pour autant l’Etat ne veut pas disparaître du paysage rural et agricole. Lorsqu’il va serrer la main et s’entretenir avec les producteur locaux, le préfet Meddah ne fait pas que des relations publiques. Devant le gratin de l’agriculture, il parle de “prendre des initiatives” et de “faire preuve de pragmatisme, en étant à vos côtés dans l’action”. 
Les départements, eux, vont être délestés de la plus grande partie de leur compétence agricole, ils ne garderont qu’un peu d’immobilier. Les régions veulent un transfert complet des compétences en matière agricole. Au risque un jour de goûter au fumier du petit matin devant les hôtels de région.
Ch.B
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Marine Le Pen  veut récolter les fruits de la colère paysanne

Marine Le Pen a été cornaqué sur le Salon par Philippe Loiseau (FN-Eure-et-Loir).

Marine Le Pen a été cornaqué sur le Salon par Philippe Loiseau (FN-Eure-et-Loir).

Jusqu’au week-end prochain, le défilé des stars, petites et grandes, de la politique va se poursuivre. Mardi Marine Le Pen, visiblement épuisée, y a fait son marathon d’une dizaine d’heures, accueillie sans sifflets et parfois par des “Marine présidente”. La présidente du Front national qui milite pour que l’agriculture se défasse du carcan européen était cornaquée dans les allées du Salon par Philippe Loiseau, député européen et conseiller régional du Centre-Val de Loire. Elle s’est longuement attardée au stand de la Réunion, comme si les images de la présidente du FN avec des français d’Outre-                                                                                           mer étaient dans son cahier des charges.
IMG_2857Fidèle d’ordinaire au RPR puis à l’UMP et maintenant à LR, l’électorat agricole est visiblement guigné par le FN. Toujours mardi, il était possible de croiser Bruno Le Maire qui fut ministre de l’Agriculture, lui sans service d’ordre musclé, et qui était reconnu par quelques visiteurs. Ce mercredi c’était au tour d’Hugues Saury (LR) le président du conseil général du Loiret de “faire” le Salon, de Maurice Leroy (UDI)  président du Loir-et-Cher et d’un certain Nicolas Sarkozy.
 

Commentaires

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  1. Cela fait longtemps que l’on n’avait pas vu un Préfet “aux champs” ! Tout n’est donc pas que littérature…

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