Vienne, la Sécession ou l’Art total

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Véritable incitation au voyage, la conférence de Claire Grebille, invitée ce mercredi soir par les Amis des Musées d’Orléans, fut l’occasion d’un passionnant flash-back artistique dans la capitale austro-hongroise au temps de la magnificence de l’Empereur François Josef, en pleine effervescence intellectuelle et créatrice avec des personnalités comme Freud, Zweig, Wittgestein, Mahler ou Schoenberg,  Vienne qui vit s’implanter dès 1897 un des mouvements les plus marquants de l’avant garde européenne qui s’appela de lui-même “Sécession viennoise”.

S’il n’y avait pas de référence explicite à la guerre américaine, le choix du titre de ce mouvement esthétique viennois le plaçait en rupture forte, radicale, avec l’académisme artistique qui régnait alors à Vienne. Pensé comme l’expression d’un art total, le mouvement réunit toutes les formes d’art, de l’architecture à la peinture au graphisme en passant par la décoration ou la création de tissu. Et le grand mérite de cette conférence fut de nous guider dans une visite imaginaire (compte tenu de la dispersion des œuvres), pour découvrir l’exceptionnelle créativité de ce mouvement artistique qui visait à une amélioration de l’homme par l’art, dans une approche quasi mystique…

Le Ver Sacrum

Secessionsgebäude cl Thomas Steiner

Secessionsgebäude cl Thomas Steiner

Et d’abord, le “Ver Sacrum” (” le printemps sacré”, titre également d’une revue éditée par la Sécession), étonnante construction par son esthétique, en rupture totale avec les bâtiments néo-romains ou néo-gothiques construit sur le Ring de Vienne, ce Pavillon de la Sécession, affichant sur son fronton :”Der Zeit ihre Kunst. Der Kunst ihre Freiheit” (« À chaque âge son art, à chaque art sa liberté »),  fut conçu par l’architecte Josef Maria Olbritch et construit en 1897 pour abriter les expositions du mouvement dont l’une des plus marquantes fut celle consacrée à Ludwig Von Beethoven en 1902. Cette exposition fut l’occasion de la création d’une des œuvres majeures de Gustav Klimt, la fresque au symbolisme très marqué (avec une référence au peintre belge James Ensor), consacrée au dernier mouvement de la 9ième symphonie de Beethoven, plus connu sous le nom d’Hymne à la Joie.

Détail de la fresque: les Puissances Hostiles Gustav Klimt

Détail de la fresque de Beethoven: “les Puissances Hostiles” Gustav Klimt


L’Art total

Puis, petit détour par Bruxelles pour une visite virtuelle du Palais Stoclet, construit par l’architecte autrichien Josef Hoffman, nouvel exemple de cet art total aux lignes géométriques révolutionnaires, décoré par Gustav Klimt et Fernand Khnopff, et où tout est conçu dans la définition du moindre détail de la décoration et du mobilier pour créer: « un lieu enchanté, un coin du monde où l’on se sentirait plus beau et meilleur ».

Wiener WerkstätteMais retour à Vienne pour découvrir l’innovation graphique de la sécession viennoise, qui s’appliquera tant à la création textuelle (le double w du Wiener Werkstätte, atelier qui commercialise des objets créés par les artistes de la Sécession viennoise), qu’à l’invention de nouveaux tissus, à la réalisation de vitraux par Koloman Moser (Eglise Steinhof) ou de motifs architecturaux d’une modernité absolue, sorte d’abstraction musicale, par Otto Wagner.
Gustav Klimt réalisera une forme de synthèse de cette création de motifs picturaux dans ses tableaux les plus connus, comme le portrait d’Adèle Bloch-Bauer (aujourd’hui à New York) où le décor se font avec la robe du modèle pour mieux souligner l’expression d’un visage aux lèvres entrouvertes et de mains à la posture tourmentée.

Otto Wagner

Création Otto Wagner

Mais comment ne pas conclure cette visite viennoise avec deux artistes incontournables de la Sécession que furent Oskar Kokoshka et surtout Egon Schiele qui mourra tragiquement en 1918 à 28 ans, s’éteignant ainsi (comme Gustav Klimt) avec la fin de la capitale de l’empire des Habsburg.

Egon Schiele "La famille" 1918 Musée du Belvédère Vienne

 Egon Schiele “La famille” 1918 Musée du Belvédère Vienne

Un grand merci donc à Claire Grébille pour ce voyage en images au pays de l’art total.

Gérard Poitou

Prochaine conférence des Amis des Musées d’Orléans:

Picasso, 1924 – 1939 : les décades prodigieuses
par Marie-Laure Ruiz-Maugis, conférencière des musées nationaux

Mercredi 9 mars 18 h 15

Auditorium du Musée des Beaux Arts 1 rue Fernand Rabier 45000 Orléans

http://www.amismuseesorleans.com/

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