Les abattoirs, avec démonstrations, seront présents au prochain Salon de l’Agriculture

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C’était le chaînon manquant du Salon de l’agriculture. Désormais, à partir de 2017, les abattoirs seront présents comme tous les autres volets de la filière agricole dans la “plus grande ferme de France”. En effet, depuis des décennies, le Salon décline toutes les étapes de la production agricole. Du grain de blé à la baguette de pain, en passant par le meunier et la moissonneuse batteuse, du poussin à la poularde en passant par l’enseignement agricole et les fabricants d’étables, tout y est Porte de Versailles, ou presque. Seul l’abattage des animaux est exclu de la chaîne, du producteur au consommateur.

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 “Nous avons été mis en cause à plusieurs reprises” explique M. J.Estourbi, le président des métiers de l’abattoir. “Or, nous tuons les animaux selon les règles européennes dans la très grande majorité des cas”. Les professionnels de l’abattage souhaitent montrer aux visiteurs du Salon qu’ils travaillent dans la plus parfaite transparence. “Il faut que les visiteurs et les consommateurs comprennent qu’entre l’élevage d’une belle vache comme celles qui concourent au Salon et la viande hachée  de chez MacKey, qui fournit les hamburgers de chez Mac Do, il existe une étape incontournable, celle de l’abattoir“.

 “Certes tout n’est pas bisounours dans l’agriculture” admet Xavier Beulin, le président de la FNSEA, qui a déjà du mal avec les éleveurs,”mais je souhaite que les démonstrations soient interdites au moins de 18 ans et à Brigitte Bardot”, ajoute le céréalier du Loiret. Pour sa part  l’association L214 qui avait dénoncé “la cruauté” pratiquée dans les abattoirs du Gard et qui fait clairement de la retape pour le végétarisme, se réjouit de cette initiative: “Nous n’aurons plus à nous cacher, nous pourrons installer une caméra fixe pour filmer les scènes de tuerie” dit le secrétaire général de l’association, Romain Laitue. “Lors des concours d’animaux de boucherie créé à Poissy en 1844. on tuait le cochon sur place”, témoigne Françoise Caries, journaliste et historienne.

L’abattage participatif

IMG_2836Une start up agricole est même en passe d’expérimenter une “ubérisation” de l’abattage des ovins, une forme d’abattage participatif. En s’inscrivant sur le site  “jedessoudemonmouton.com”, le consommateur, tiré au sort, pourra abattre lui-même son mouton et se découper un gigot en direct au salon. Un bel exemple de circuit court. “Il s’agit aussi de faire prendre conscience au consommateur des joies de nos métiers” explique J.Estourbi. A la façon des concours de labour, des concours d’abattage pourraient aussi à l’avenir opposer les abattoirs municipaux sur les podiums du salon.

Le Goracentre

 

 

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