Stationnement: les Verts orléanais pour payer mais…

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Suite à la polémique suscitée par la décision de la ville d’Orléans d’étendre le stationnement payant dans le centre ville dans un périmètre défini par les mails (voir Magcentre) assorti une nouvelle politique tarifaire pour les parkings, le groupe municipal des écologistes d’EELV se prononce clairement en faveur de cette décision du maire d’Orléans, tout en y apportant quelques propositions et suggestions de leur cru.

Communiqué

“Le groupe municipal EELV d’Orléans se prononce en faveur cette mesure*

parking parcmètreCette annonce a généré rapidement une mobilisation contre « la fin des places de parking gratuites en centre-ville », notamment via une pétition à laquelle EELV ne s’associe pas. Notre souci est en effet d’encourager nos concitoyens à privilégier les modes de déplacements doux et les transports en commun, afin de limiter progressivement l’usage de la voiture en centre-ville, tout en apaisant la circulation et en partageant mieux l’espace public.

En premier lieu, EELV Orléans considère que la valeur d’une place de voiture est très largement sous-estimée par les utilisateurs. Sa gratuité n’était qu’apparente car elle avait un coût pour la collectivité. C’était un avantage en nature qui avait fini par paraître naturel aux automobilistes. Or une régulation par les prix s’avère nécessaire, pas simplement pour dégager des revenus mais aussi parce qu’une offre gratuite ou sous-tarifée entraîne une demande toujours plus grande. Agir sur les prix est un outil d’urbanisme et de transport.

Fluidifier le trafic est fondamental. Or il est prouvé que ce type de mesure fluidifie à long terme le trafic en centre-ville, générant à la fois moins d’accidents et moins de pollution. C’est uniquement dans les semaines ou mois qui suivent la mise en place que le trafic est plus congestionné, parce que les gens continuent d’essayer de trouver une place gratuite. Au fur et à mesure de l’application, la part de la voiture dans les déplacements diminue.

Nous contestons l’argument selon lequel le commerce de proximité en centre-ville aurait à pâtir de la disparition de places de stationnement gratuites. De nombreuses études montrent au contraire que les piétons et cyclistes sont de « meilleurs consommateurs » que les automobilistes, notamment celle de Christoph LEINBERGER et Patrick LYNCH de la George Washington University School of Business1 ou encore celle de l’Ademe finalisée par Frédéric HERAN du CNRS2. En résumé, les piétons et les cyclistes font des emplettes un peu moins grandes que les automobilistes, mais ils reviennent beaucoup plus souvent ! En voiture, à l’inverse, on saisit le moindre prétexte pour filer à l’hypermarché, souvent loin du centre-ville.

Pour autant, il est indispensable d’accompagner cette décision par des mesures complémentaires.

Pour être pertinente et juste, cette mesure ne devait pas être imposée brutalement sans compensations destinées à permettre aux ménages modestes de continuer à vivre en centre ville, et aux commerçants de profiter pleinement de l’essor des modes de déplacements doux et de l’émergence d’un espace public agréable à tous.

La ville d’Orléans doit rapidement prendre d’autres décisions permettant de palier aux insuffisances de la politique orléanaise en matière de stationnement en particulier et de mobilité en général :

il faut accompagner les entreprises situées en centre-ville en rendant la mesure progressive : accorder la gratuité des transports en commun, ou des parkings pendant une période donnée pour celles qui s’engagent dans une démarche type plans de déplacement entreprise (PDE), dans des actions de co-voiturage, de mise en place de l’indemnité kilométrique vélo (IKV) ou autre mesure parmi celles qui sont suggérées ci-dessous.

il faut encourager plus fortement les alternatives aux déplacements individuels motorisés :

– en particulier inciter tous ceux qui arrivent à Orléans en voiture à se garer dans les parkings relais du tram. La capacité de ceux-ci doit être augmentée et les tarifs plus attractifs encore qu’ils ne le sont aujourd’hui. La fréquence des passages et les horaires (particulièrement en fin de journée) doivent être revus en fonction des besoins des nouveaux usagers n’utilisant plus leurs voitures.

– mais aussi chercher réellement à donner un véritable essor aux déplacements à vélo.

Il faut organiser une tarification plus sociale, avec des abonnements qui tiendraient compte par exemple du statut d’étudiant boursier ou du quotient familial.

Il faut favoriser délibérément l’autopartage (amélioration et amplification d’auto-tao notamment) et le covoiturage, par exemple par des mesures de gratuité de stationnement dans certains parkings.

Il faut instituer des aides à l’achat et à l’entretien de vélos.

Il faut augmenter la capacité des parkings vélo sécurisés, notamment par des espaces dédiés dans les parkings en ouvrage..

Il faut lancer une expérimentation de « parksharing ». Les applications mobiles se développent pour faciliter une utilisation en partage des parkings privés, particulièrement des parkings d’entreprises non exploités dans certains créneaux horaires. Certaines villes innovent en ce sens, et cela permet de libérer de l’espace en voirie.

La ville d’Orléans doit également s’engager à investir dans ce type de mesures les montants perçus dans le cadre de cette augmentation de la tarification des parkings de voirie.”

*La ville d’Orléans a annoncé au mois de janvier, une réforme de la politique tarifaire s’agissant du stationnement à compter du 1er mars 2016. Cette réforme comporte plusieurs aspects :

· une baisse du coût des abonnements aux parkings souterrains à destination des résidents (avec notamment un contrat réservé aux étudiants-résidents à 20 euros par mois) ;

· une hausse des tarifs pour les non-résidents

· l’extension du stationnement payant et la mise en place de zones « orange », « verte » et « boulevards », avec des abonnements à 20 € par mois pour les résidents.

http://www.orleans.fr/pratique/deplacements-circulation/stationnement.htm

 

1 : http://www.smartgrowthamerica.org/documents/foot-traffic-ahead.pdf

2 : http://www.fubicy.org/IMG/pdf/VeloCommerce03RapFin.pdf

 

Commentaires

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  1. Quand le vélo à Orléans aura la même place qu’à Tours alors peut être que je prendrais mon vélo. En attendant, le résultat c’est que je vais prendre ma voiture et aller à Cap Saran et plus au centre ville.
    Sur le vélo à Tours : http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Communes/Tours/n/Contenus/Articles/2016/03/07/Le-Collectif-cycliste-vent-dans-le-dos-2644384
    Quand Orléans aura une asso velo de cette envergure peut etre que les cyclistes verront les choses changer

  2. Sauf qu’entre le centre ville d’Orléans et Cap saran , il n’y a pas photo. Moi je prefere le centre ville à pieds.

  3. pat
    oui pour le vélo a condition d’avoir de vrais pistes cyclables. Pas de véhicules qui stationnent dessus, piste cyclable de la rue des droits de l’homme par exemple. A voir des bordures de trottoir adaptées.

  4. Il faut savoir ce que l’on veut. Ceux qui braillent sur le stationnement payant dans l’hypercentre et disent puisque c’est comme ça et bien j’irai à Cap Saran, na, entre parenthèse temple de la consommation de masse, n’ont à subir ni le bruit ni la pollution. On ne vient pas dans les villes centres pour faire ses courses au supermarché mais bien pour profiter d’un environnement agréable et de commerces plus spécialisés, de plus accessibles en tram depuis les parkings relais pour un ticket collectif très avantageux.
    Si, effectivement, vous ne voulez pas bouger votre cul de votre voiture, eh bien oui, allez à Cap Saran, ou ailleurs, c’est fait pour vous. Sinon, il existe les transports en commun, la navette du centre ville ligne O, le vélo, et les pieds !
    Pour revenir à des questions plus sérieuses, il y a évidemment à revoir le prix des abonnements étudiants 20 €/mois, c’est cher, sachant que s’est développée (on a longtemps laissé se développer ) dans le centre ancien une offre de logements étudiants bon marché sans parkings. Au risque de vider la ville des catégories modestes et d’en faire un musée.

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