La pâtée de Patay

  • PDF
  • Email
  • Add to favorites

affich10L’artiste Pierre Rebichon, présenté l’an passé à la Galerie le Garage dans une exposition intitulée “Ma Vie d’Ange” (voir Magcentre), revient cette année pour une nouvelle présentation de ses œuvres accompagnée d’animation diverses comme des ateliers de coloriage et la création d’un jeu d’échecs (voir le détail de la manifestation http://www.patay.fr/1-446-la-mediatheque.html)

Cette manifestation qui honore la ville de Patay est l’occasion de rappeler un fait d’armes, quelque peu oublié, qui donna naissance à l’expression “mettre la pâtée” encore usitée de nos jours…

“À l’annonce de la défaite d’Orléans, une armée de secours anglaise, commandée par sir John Fastolf, quitta Paris. Les Français avaient exploité leur avantage avec énergie, reprenant coup sur coup trois ponts et obtenant la reddition anglaise à Beaugency la veille de la jonction des troupes de Fastolf.

Les Français savaient qu’ils ne pourraient vaincre leur adversaire en bataille rangée si celui-ci parvenait à réorganiser leurs rangs. Ils opérèrent donc une série de reconnaissances dans l’espoir d’intercepter les Anglais avant qu’ils aient pu terminer leurs préparatifs.
Les Anglais firent eux aussi des reconnaissances avec les troupes laissées en défense à Meung-sur-Loire. Les Français avaient pu s’emparer du pont, mais n’avaient pu prendre le château commandant la ville. Les troupes vaincues à Beaugency purent rallier la garnison de Meung-sur-Loire. Grâce à leur puissance de trait, les Anglais excellaient depuis des décennies dans les batailles rangées. Les historiens français disent ne pas connaitre exactement l’endroit où ils prirent position, la tradition attribuant cet honneur au petit village de Patay. Les historiens militaires anglais situent précisément la rencontre : sur la vieille route romaine, à une intersection à un demi-mile, vers le Nord, de Patay, le 18 juin 1429  à 14 heures précisément
John Fastolf, John Talbot et Thomas de Scales commandaient l’armée anglaise. La tactique défensive habituelle des archers du Corps des Long Bow anglais consistait à ficher en terre devant leurs compagnies des épieux taillés en pointe, ce qui arrêtait les charges de cavalerie et ralentissait suffisamment les progrès de l’infanterie pour leur laisser le temps d’éliminer les assaillants.

Mais à Patay, ces hommes révélèrent leur position avant d’avoir pu se mettre en ordre de bataille : on rapporte qu’un cerf ayant traversé le champ près des lignes anglaises, les archers abattirent l’animal et poussèrent un cri de triomphe qui révéla leur position aux éclaireurs français. Les historiens militaires anglais confirment cette relation des faits.
L’avant-garde française d’environ 1.500 hommes, menée par les capitaines La Hire, Ambroise de Loré, Jean Poton de Xaintrailles et le connétable Arthur de Richemont, attaqua les archers par les flancs qui n’étaient pas protégés (par manque de temps)]. Ceux-ci se débandèrent rapidement. Tandis que l’élite des archers était taillée en pièces par les piquiers, les chevaliers anglais fuyaient la charge de cavalerie française.
La tactique française de la charge de cavalerie lourde l’emportait. C’est le capitaine Jean Dagneau, sous les ordres du Grand-Ecuyer Poton de Xaintrailles, qui fit prisonnier le célèbre John Talbot. Ce fait d’armes lui rapporta ses lettres de noblesse, qui lui furent délivrées en mars 1438, et sont à l’origine du nom de Dagneau de Richecour.
On estime à environ 2.000 le nombre de morts anglais, contre moins de 5 du côté français. Les historiens militaires anglais indiquent 2.500 morts du côté anglais sur les 5.000 engagés, et 100 du côté français. Le corps d’élite des archers anglais était décapité. Il ne sera pas reconstitué. Les armées françaises ne rencontreront plus de difficultés dans leur progression, seules les places fortes résisteront. Mais à partir de 1434, l’artillerie nouvelle conçue par les frères Jean et Gaspard Bureau mettra fin à la présence anglaise sur le sol français.

L’amélioration portait à la fois sur la technique – boulets en fer, amélioration substantielle de la poudre – et sur l’utilisation tactique. Le boulet en fer s’avèrera redoutable, plus destructeur car moins friable à l’impact que la pierre. Chauffé au rouge, il permet de tirer “à boulets rouges”, ce qui peut déclencher de gigantesques incendies dans les structures en bois des places fortes. Castillon (1453) sera la dernière bataille, mi place forte, mi campagne, où l’artillerie éliminera des champs de bataille les vestiges des archers anglais et fera tomber la ville.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Patay_%281429%29

Patay 2016 RebichonPierre Rebichon 2016

Du vendredi 26 février 2016 au mercredi 30 mars 2016

• Mardi de 15h30 à 18h • Mercredi de 9h00 à 13h et de 14h à 16h30 • Vendredi de 15h30 à 18h • Samedi de 9h à 12h00

Médiathèque Marcel Proust place des Découvertes, 45310 PATAY

http://www.rebichon.fr/

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *



Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail