Jeanne vire très à droite ?

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On commence à en savoir un peu plus sur la crise qui affecte l’association Orléans Jeanne d’Arc, crise qui a provoqué la démission surprise de sa présidente, Marie-Christine Chantegrelet , mais aussi de cinq de ses membres. Le conflit interne à l’association porte, d’après son ex- présidente, en substance sur le projet, élaboré en pleine concertation avec la mairie d’Orléans,  d’organiser une cérémonie festive sur le quartier de la Source pour les fêtes de Jeanne d’Arc 2016.

Il semble bien que la présidente sortante ait du faire face à un front du refus de cette propagation missionnaire du mythe johannique, vers des populations qui ne seraient pas aptes à en recevoir le message unificateur de la nation…

Chantegrelet

A gauche : Marie-Christine Chantegrelet

Il n’est pas nouveau que Jeanne d’Arc fasse l’objet de récupération politique, de Pétain à Le Pen pour ne citer que les plus récentes, et, selon nos informations, il s’agirait en l’occurrence, en ce qui concerne l’association Orléans Jeanne d’Arc, de quelques nostalgiques d’une restauration royale, qui n’apprécieraient pas que l’on mêle Jeanne à une population allogène.

Tout ceci serait, somme toute, une tempête dans un verre d’eau de Loire, mais au delà du symptôme du retour de certaines idéologies réactionnaires, cette prise de pouvoir risque de poser quelques problèmes à l’organisation des fêtes johanniques, fêtes dont l’association s’est faite, au fil du temps, la conscience et la gardienne de la tradition, au sein d’un comité d’éthique où sont représentées, la ville, l’église et l’armée. Il faut reconnaitre, et on le mesurera sans doute dans les prochains jours, que Marie-Christine Chantegrelet a, sous sa présidence, toujours su éviter l’écueil de la récupération politique ou religieuse en proposant une image de Jeanne plus universelle et dégagée des interprétations par trop partisanes, une Jeanne dont le mythe est riche de ses contradictions, entre une femme audacieuse qui commande aux hommes de guerre, et une pucelle soumise à Dieu et à son roi.

Réponse lundi soir lors de l’AG du Comité Jeanne d’Arc, pour l’élection d’un(e) nouve(elle)au président(e) au sein de l’association Orléans Jeanne d’Arc…On parle d’une présidente…

C.T

Originally posted 2016-03-10 13:59:17. Republished by Blog Post Promoter

Commentaires

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  1. En somme, certains voudraient que la Source, du fait de sa population hallo…gène, reste aux …abonnés absents des fêtes.
    Allo… jeanne? Entends la voix des sourciens!!!

  2. Pour aller de Domrémy vers Chinon, ainsi qu’à son retour vers Orléans depuis Blois, la PUCELLE est bien passée par deux fois par la rive gauche de la Loire, côté Sologne…
    Il ne serait donc pas inadmissible que lors de sa commémoration annuelle, elle fisse un petit tour à la Source, même si à l’époque cette ville n’existait point encore. La Source (celle dite du Bouillon) est là, elle, depuis toujours.
    Mais ça ne s’arrête pas là…

    “PRÈS DE LA SOURCE” était autrefois la devise des CARMES…
    Et ça n’est pas sans rapport avec l’Histoire de Jeanne et d’Orléans car…

    Les CARMES (initialement l’Ordre des “Frères de ND du Mont-Carmel”) ont disparu à la Révolution Française mais, du temps de Jeanne, l’ordre comptait plusieurs centaines d’établissements en France, dont un qui a laissé sa trace dans la toponymie d’Orléans, tout comme son mystérieux homologue “L’Ordre de ND du Mont-Sion” a laissé la sienne avec “Montission” sur St-Jean le Blanc…
    — le siège international de ND du Mont-Sion était depuis 1154 en l’église St-Samson d’Orléans, église aujourd’hui disparue qui était située sur l’actuelle place de la République —

    Comme les Franciscains ou les Templiers, les Carmes avaient eu quelque difficulté à se faire reconnaître comme “ordre monastique” par le Vatican du XIIe siècle… un Ordre érémitique, tourné vers l’étude et la méditation intérieure, dont les porte-paroles étaient surnommés : “les Voix”…
    Se pourrait-il qu’elles soient celles que Jeanne a entendues ?… Oh ! quelle question hérétique !…
    Pourtant, deux de leurs monastères existaient bel et bien à cette époque tout près de Domrémy et, à l’instar des soeurs Clarisses franciscaines, les frères Carmes et les soeurs Carmélites se faisaient appeler par le nom du saint ou de la sainte qu’ils ou elles avaient choisi comme saint-patron… On pouvait donc parler directement avec frère St-Michel ou soeur Ste-Catherine comme entre vous et moi…

    Bien d’autres éléments étranges troublent la belle légende imposées par l’Eglise depuis le “procès en réhabilitation” de 1456, légende dorée qui a atteint son summum au début du XXe siècle avec l’instauration au plan national de cette fête de Jeanne, quasi simultanément avec sa béatification en 1909 puis sa canonisation en 1920…

    Découvrez les dans mon roman “JEANNE D’ARCADIE, ou la secrète couronne” (dispo dans les librairies “Passion Culture”, “La Nouvelle Librairie” ou sur Amazon).

  3. Ce “virage” à droite (toute) n’est pas surprenant quand il s’agit de “partager” Les fêtes johaniques avec les “gueux” de la Source ! Saint-Marceau était déjà l’extrême limite pour une certaine bourgeoisie orléanaise qui doit déjà “cohabiter” intra-muros avec un “tiers état” rouge, rose et vert !

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