Hautes-Alpes : 3 jours au Pays des Ecrins

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 Par Bénédicte de Valicourt

Avec ses faux airs de vallée perdue, le pays des Ecrins, berceau de l’alpinisme, se découvre à ski, à pied ou en raquettes, avec un détour par Puy Saint Vincent et Pelvoux-Vallouise, les deux petites stations familiales du coin. Un retour bienvenu aux sources de la montagne telle qu’on l’aime : tranquille et belle.

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Puy-Saint-Vincent

Au Pays des Ecrins, les prairies tutoient les glaciers, l’eau joue avec les paysages, sous forme de cascade de glaces, très nombreuses. Il n’est d’ailleurs pas rare d’apercevoir au loin des alpinistes, accrochées à l’une d’entre elles. Ou, plus difficile, un chamois, tout en haut d’un rocher. Sans parler des skieurs, qui l’hiver sillonnent les 75 kilomètres de pistes toujours bien enneigées de Puy-Saint-Vincent, une petite station familiale, où il fait bon skier entre les mélèzes à l’abri des vents. Il fait beau, comme 300 jours par an environ et le savant compromis entre des paysages presque savoyards et une luminosité de ciel déjà méridionale, valent le détour. Mais ce n’est pas le seul atout de cette petite station construite sur trois niveaux et que l’on atteint par une route qui s’enfonce au cœur des Ecrins.

Pour les fans d’authenticité, il y a le village originel, 286 habitants. Il s’étale le long de la route, en trois hameaux, à la belle allure avec leurs maisons anciennes dont le rez-de-chaussée vouté sert d’étable, tandis que la famille est installée au premier, sous la grange ouverte du troisième où sèchent et s’aèrent les récoltes.

Pelvoux, station freeride

Pelvoux, station freeride


Le panorama est magnifique

Un petit arrêt au belvédère de l’église s’impose pour contempler la vallée de la Vallouise, le Pelvoux, le glacier blanc et le pic de Clouzis au nord. Tout au bout quelques hôtels et un télésiège qui permet d’accéder avec la route à la station à 1600 mètres. Là, changement d’ambiance, avec « la Voile », une résidence très années 70, qui déploie ses larges ailes au-dessus de la vallée. Mais cela reste convivial, malgré le départ de la plupart des remontées mécaniques. Comme à 1800m, la partie la plus récente de la station, où sont sorties de terre des résidences, plus proches de l’architecture locale avec des hébergements 3-4 étoiles en bois et pierres.

Dormillouse

Dormillouse

D’ici, on grimpe au pied de la Pendine (2748 m), d’où le panorama est magnifique. Au programme : calme et sérénité. Et pistes plutôt pentues que l’on peut descendre à toute vitesse. Très prisé également dans la station, le hors- piste qui offre de jolies possibilités, quand le temps et la neige le permettent. Comme le ski de fond avec une boucle de 30 kilomètres de pistes damées, en particulier sur le plateau de Tournoux à 1800 mètres, avec vaste panorama sur le Massif des Ecrins et la crête de Dormillouse. C’est certes moins « branché » que Montgenèvre, Serre-Chevalier et La Grave-La Meije, les grandes stations à une heure maximum de voiture, mais plus authentique.

 

   

Comme Pelvoux-Vallouise, notre deuxième station coup de cœur des Ecrins, douze pistes sur 1050 mètres de dénivelé, dont une éclairée pour le ski nocturne et un circuit hors- piste de 5 kilomètres réservé aux bons skieurs. A midi, impossible de faire l’impasse sur une  pause-déjeuner à la Ferme Auberge de Puy Aillaud, un charmant petit hameau de 25 habitants, sur le bord des pistes. Spécialités du terroir et plats malgaches sur commande, préparés par Marie-Claude Granet, la maitresse des lieux.

igloo_pelvoux_jannovakphotogOn est bien loin des usines à ski, sous l’œil des animaux du coin empaillés. Lui est comédien amateur et il vous invitera surement pour une représentation. Autre pose presque obligatoire ici, surtout si on a des enfants: l’Igloo-Pelvoo, et son exposition de sculptures de glace, au pied des pistes. On peut aussi si l’on a encore un peu de force, faire un tour en chien de traineau avec Rémi, le musher. Ou prévoir, après le diner, une astro-rando nocturne avec David, un amoureux des nuits étoilés et de la nature. Une plongée dans les mystères nocturnes, avant de rejoindre les bras de Morphée.

Bénédicte de Valicourt.

Ailefroide

©Jan Novak

Ailefroide ©Jan Novak

De Pelvoux, on peut partir à pied vers Ailefroide. Ce petit village en pierre au pied du Mont Pelvoux, sous les clochetons aigus de la crête de Clouzis, à deux heures de marche environ est  le second centre d’alpinisme français, aux portes du Parc National des Ecrins. C’est le départ de nombreuses randonnées à ski ou à pied et le départ des alpinistes pour la barre des Ecrins et il baigne déjà dans l’atmosphère vibrante d’un camp de base.

La maison du parc à Vallouise

vallouise_village_jannovakphA défaut de randonner sur les 740 kilomètres de sentiers du Parc National des Ecrins crée en 1973, sur 91 800 hectares protégés, à cheval sur l’Isère et les Hautes-Alpes, n’hésitez pas à faire un tour à la Maison du Parc des Ecrins à Vallouise, qui vient de faire peau neuve et propose des animations ludiques sur l’histoire du parc, sa faune et sa flore très riches : chamois, bouquetins, aigles royaux, renards, écureuils, marmotte. Et edelweiss, chardon bleu, génépi, gentiane… côté flore. Et n’oubliez pas de faire un tour à Vallouise, dont les rues étroites sont d’une grande richesse architecturale. Vous pouvez aussi frapper à la brasserie Alphand, tenu par le frère de Luc, qui fabrique des bières artisanales délicieuses.   

Raquettes en pleine nature

raquette
La haute vallée de la Freissinières, ouverte sur la Durance, est typiquement alpine mais se cache derrière un paysage d’allure méditerranéenne. C’est un haut lieu de randonnée, à pied ou en raquettes, loin des stations. On peut aussi y dormir à flanc de montagne, à Dormillouse, un village isolé dans un cadre superbe, qui a servi de refuge aux vaudois, une secte déclarée hérétique en 1214 et ralliée à la Réforme en 1532. C’est aujourd’hui, le seul hameau habité du Parc National des Ecrins. A sa création en 1973, il ne restait plus qu’un habitant : le berger Julien Mathurin. En 1999, il a été rejoint par Serge Baridon qui y réalise son rêve de gamin : revenir vivre dans la maison familiale, l’ancienne école du village. Il transforme le chalet en gîte d’étape, où il régale ses hôtes le soir au coin du feu d’une soupe d’orties, d’un ragoût de cou de cochon, et d’une tarte aux myrtilles arrosée d’une bonne rasade de liqueur de mélèze. Et ravit l’auditoire avec son flot d’histoires.

Pour y aller : au départ du parking du fond de la vallée, suivre le « sentier des cascades », qui chemine sous-bois le long de la rivière.

Une halte à Briançon

Sur le chemin du retour, ne ratez pas Briançon. Au point de passage stratégique entre la France et l’Italie, c’est la plus haute ville de France. Elle a été fortifiée par Vauban, ce qui lui a valu, dans un premier temps, de rester inviolée, et  bien plus tard un classement  au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais Briançon, c’est aussi le départ des pistes pour Serre Chevalier et une halte de charme pour les randonneurs,  avec ses airs de belle italienne et ses façades hautes et colorées. On y entre en franchissant le mur d’enceinte par la porte de Pignerol ou la Porte Dauphine.

Ne pas rater la Collégiale et ses tours jumelles (XVIIIème), les fresques de l’Église des Cordeliers (XIV/XVème), la Fontaine François 1er (XVIème)et le centre d’art contemporain sis dans les anciennes prisons du palais de justice. Ni tout autour de la ville, les forts qui ont fait sa célébrité : le Fort des Salettes, le Fort Dauphin, le Fort du Randouillet et surtout le Fort des Têtes, le plus important du dispositif défensif. Il est relié à la ville par le Pont d’Asfeld, d’où de petits malins s’amusent à sauter à l’élastique. Et avant de partir n’oubliez pas d’acheter un gâteau de Voyage de Vauban, dans une des pâtisseries de la vieille ville. Et de faire une petite pause déjeuner au café Turin, un italien de pure souche (www.patisserieturin.com).

En pratique

-Forfait 6 jours Galaxie (permettant de skier Serre-Chevalier, Montgenèvre ou l’Alpe d’Huez) : 157 euros

-Forfait 3 heures à Puy Saint-Vincent :  26 euros

Se loger et manger

-La Ferme Auberge, menu montagnard 14 euros
Puy Aillaud, 05290, Vallouise. Tél. : 04 92 23 37 32

-Hôtel/résidence le Glacier Blanc.  Lieu-dit Saint-Antoine, 05340 Pelvoux . Tél. : 04 92 23 37 87 Grands appartements à louer et  restaurant tenu par Erwan, qui a travaillé au Ritz… Raclette ou fondue traditionnelle, crêpes et desserts maisons.

-Chalet-hôtel Ailefroide (uniquement en été) www.chalethotel-ailefroide.com. 

Alpe Lune à  Puy Saint-Vincent, 6 chambres dans un grand chalet.   www.alpelune.com.

-Au fil de l’Onde, à Vallouise, une éco-construction en bois, située au pied des pistes de ski de fond et proche des stations de ski de Puy-Saint-Vincent et Pelvoux-Vallouise. Table d’hôtes, à base de produits frais et du terroir. www.aufildelonde.fr.

-Les 5 saisons, chambres et restaurant dans la vallée de la Freissières à Les Meynies. Tel. O4 92 20 94 40. www.les5saisons.com 

Se faire accompagner

-Mushing Addict – Rémi
05120 Les Vigneaux
Téléphone : 06 34 27 39 72

-David, accompagnateur en montagne
Téléphone : 06 09 87 02 63

Vincent Verrier, accompagnateur en moyenne montagne
Téléphone : 06 80 45 76 15

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