Le tourisme dans tous ses états

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Activité essentielle au rayonnement de la région Centre-Val de Loire, le tourisme tenait ses états généraux lors d’un forum spécial organisé par le Conseil régional, à la Halle-aux-Grains de Blois le 31 mars. Est-il la nouvelle locomotive de l’économie régionale ? Les élus et prestataires aimeraient bien.

Chaumont-sur-Loire festival des jardins

Dans l’optique d’élaborer son SRDEII (Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation), la Région Centre – Val de Loire a lancé six grandes concertations sur les grands secteurs d’activité de la région. A Blois le 31 mars, c’était au tour du tourisme, « la nouvelle locomotive de l’économie régionale ? » d’être sur le grill d’états généraux lors d’un forum qui a réuni environ 350 personnes, professionnels du secteur, chambres consulaires, élus, et tous les acteurs touristiques se sentant concernés. Ce schéma régional devra ensuite guider les actions en matière de développement touristique.

Bonneau forum tourismeAutour du président de Région François Bonneau, plusieurs grands témoins (1) ont d’abord brossé les grands enjeux de cette économie touristique, qui draine environ 9 millions de touristes dans la région chaque année, et pèse 8,5 M€ dans le budget régional. 32.500 emplois salariés sont concernés (3 % de l’emploi régional), 956.000 cyclistes empruntent la « Loire à vélo » dégageant 19,8 M€ de retombées économiques directes sur les 6 départements traversés. « Nous avons désormais un bouquet touristique régional qui fait l’originalité de l’offre. Certes nous n’avons pas de sommets à 3.000 mètres, ni la mer. Mais nous avons une offre touristique en prise avec ce que souhaitent les gens » a expliqué à la presse François Bonneau. Et que veulent-ils donc, les gens ? « Des moments de détente, un apaisement, réduire la vitesse dans une vie stressante qui va trop vite ». En somme, du « slow », un autre rythme.

tourisme la loire à véloA bien regarder l’offre, en effet très variée (du vélo au bord de la Loire, aux trois plus grands sites de la région Chambord, Chenonceau et Beauval en passant par les innombrables propositions de tourisme nature, chambres d’hôtes etc.) on peut se demander ce qu’il reste encore à faire ou à améliorer. « Il reste énormément de choses à inventer », assure le président Bonneau. « A commencer par la réalité augmentée, les gens qui préparent leur séjour ici le font d’abord par Internet. Il faut qu’ils puissent faire un cheminement ». Le Conseil régional deviendrait-il lui aussi un acteur touristique à part entière ? « Nous sommes là pour donner de la crédibilité à des initiatives émanant d’acteurs du privé, on est là pour accompagner » insiste-t-il.

Emplois, hébergements, transports : peut mieux faire

Quelques bémols existent cependant. Notamment sur le front de l’emploi, où, paradoxe étrange, des prestataires touristiques et hôteliers-restauration peinent à trouver les salariés dont ils ont besoin alors que dans le même temps, des demandeurs d’emploi n’en trouvent pas. « La saisonnalité n’aide pas, il faut faire en sorte que le tourisme devienne un travail durable, augmenter la saisonnalité », argumentent François Bonneau et son premier vice-président Marc Gricourt (aux finances et développement économique). Le financement de 12.000 formations vient d’être obtenu lors de la visite de la ministre du Travail Myriam El Khomri le 21 mars dernier à Orléans. « Le niveau d’anglais est faible, c’est l’une des priorités », indique le président de Région. Selon Marc Gricourt, « on a des avancées, 2.000 jeunes sortent de formation avec un diplôme sur le tourisme, l’objectif de 40.000 emplois dans le secteur est ambitieux, mais il est atteignable ».

gîte Rose, la chambreL’autre bémol concerne les offres d’hébergement : le haut de gamme mais aussi les hébergements sociaux – pour une clientèle qui ne peut se permettre de partir loin mais qui pourrait éventuellement partir dans la région – manquent à l’appel, malgré les efforts récents sur l’hébergement en plein air.

Et puis, comment ne pas évoquer les distorsions entre les discours et les actes ? Marc Gricourt rappelle la SNCF à ses responsabilités : « Les dessertes ferroviaires venant de Paris sont délaissées. Nous devons insister pour une recherche de cohérence entre les paroles de cette grande maison et les actes ».

En matière de tourisme comme dans les autres secteurs, il y a du pain sur la planche pour sortir des nombreux paradoxes et de l’immobilisme qui freinent son développement.

Frédéric Sabourin.

1* Mélanie Fauconnier (conseillère internationale pour Slow food France et vice présidente du Consortium Slow food Touraine-Val de Loire) ; Nicolas Barret (directeur Destinations France de Voyages-Sncf.com) ; Philippe Frémeaux (journaliste économique et éditorialiste chez Alternatives Economiques) et Rodolphe Delord (DG du Zooparc de Beauval).

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