Nicolas Sarkozy à Montargis: “l’usine me passionne”

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Nicolas Sarkozy persiste et signe. En fin de journée jeudi au Leclerc d’Amilly, il a dédicacé son dernier livre, “La France pour la vie“. Un ancien Président de la République qui paraphe son ouvrage sur la zone d’activités de la banlieue de Montargis…(Loiret). Qui dira après ça qu’il n’est pas proche des Français?

sarkozy

Il a signé aussi à la table de l’hôtel de la poste, la grande brasserie de Montargis, très province jusqu’au bout des nappes à carreaux, son bouquin que les militants et les élus du Loiret lui ont mis sous le nez en fin de repas. Il y avait là presque toute la grande famille de LR, car c’était le déjeuner des popotes, rien à voir avec la primaire, on n’en parle pas. D’ailleurs quand un journaliste évoque 2017, Nicolas Sarkozy reste muet. Trop tôt. Idem quand on l’interroge sur le nouveau mouvement lancé par Emmanuel Macron. Se déclarera-t-il avant septembre? Ce n’est pas l’actualité.

Avec les parlementaires du Loiret

Nicolas Sarkozy grouard doligé dubois door

Le président LR attablé avec les parlementaires du Loiret

Jeudi à Montargis, Nicolas Sarkozy avait sa casquette de président de LR. La hache de la primaire, les couteaux de la course à droite et au centre, étaient restés au vestiaire. D’ailleurs à la table d’honneur, hormis Charles-Eric Lemaignen, le président de l’agglo d’Orléans pro-Juppé déclaré, retenu à Paris et le sénateur Jean-Noël Cardoux, sans doute à la préparation du lancement de son comité de soutien à François Fillon le soir même près d’Orléans, tous les “éléphants” départementaux de la droite entouraient Nicolas Sarkozy. Le nouveau maire d’Orléans, Olivier Carré, soutien de Bruno Le Maire, Serge Grouard l’ancien maire qui ne soutiendrait Fillon que du bout des lèvres et n’a pas toujours reconnu les mérites du patron de LR, mais aussi Marianne Dubois, Eric Doligé et Claude de Ganay. Mais le seul sarkozyste déclaré du Loiret qui a cornaqué Nicolas Sarkozy en son village, c’est Jean-Pierre Door, le député-maire de Montargis qu’accompagnait Stéphane Fautrat, secrétaire départemental de LR.

Le Sarko show

En début d’après-midi, l’ancien Président de la République, piloté par le docteur Door avait participé à une table ronde sur le thème de la santé et du désert médical à la Maison de la santé de Montargis. Mais c’est en début de visite que Nicolas Sarkozy a sorti le grand jeu, le “sarko show” lors d’une visite dans l’entreprise Visco à Chalette-sur-Loing, la banlieue ouvrière et multiculturelle de Montargis.

 Au fil des ateliers et des bureaux, souriant, décontracté, le visage halé mais les traits tirés, Nicolas Sarkozy discute avec les ouvriers. Avec dans sa mallette les thèmes du candidats de 2007, l’année de la victoire. Comme dans tout bon show il trouve une “chouchoute”, c’est Jacqueline, à quelques semaines de la retraite qui vérifie des pièces. Soixante salariés travaillent dans cette entreprise de pointe qui fait des pièces pour les moteurs d’avion, fournit Safran, Thales, pour l’armement aussi.  “J’ai le même âge que vous”, lance Jacqueline à Nicolas Sarkozy qui se délecte de ce contact facile. Un peu plus tard, toujours guidé par le directeur Fabrice Doizon, un échange est organisé avec une dizaine de salariés. A priori l’échantillon n’a pas été filtré, de toutes façons chez Visco, les syndicats ne font pas un  tabac. Nicolas Sarkozy se régale. Il lorgne vers le plateau de viennoiseries devant lui et n’y tient plus, succombe à un croissant.

L’usine symbole de production

sarkozy“L’usine ça me passionne depuis toujours. Elle est le symbole de la production et la France doit rester une terre où l’on produit”. Nicolas Sarkozy persiste et signe, son programme d’avant et celui d’après. Les questions sont pertinentes: “pourquoi les machines-outils ne sont-elles pas françaises? On a de plus en plus de mal à recruter des tourneurs, des fraiseurs…“. Nicolas Sarkozy déroule: “la voie de l’apprentissage c’est une voie royale”. Et revoilà sur le métier les fameuses heures supplémentaires. “Pourquoi les avoir supprimées, je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête”, dit-il à propos de François Hollande qu’il se paiera une bonne demi-douzaine de fois lors de ces échanges. “Neuf millions de travailleurs en bénéficiaient”, lance t-il et il raconte derechef comment un cycliste rencontré dans les Alpilles en juillet 2012 lui avait lancé à ce propos, “Hollande est un S…”.

Le refus du changement c’est la pensée unique

Le président LR Question d’un salarié: “si votre famille politique revient au pouvoir est-ce que vous reviendrez dessus?”. L’occasion pour le visiteur de détailler sa “loi” sur les 35 heures. “Discuter à l’intérieur de l’entreprise de la durée hebdomadaire” et utiliser le référendum, “un homme une voix”. Interrogé sur la peur du changement des Français, Nicolas Sarkozy a estimé encore, “ce ne sont pas les Français qui refusent le changement, c’est la pensée unique”. Et à propos des difficultés du Président en place à faire passer la loi El Khomry, il a commenté: “si François Hollande est si mal c’est parce qu’il a menti. Moi pendant cinq ans, personne ne m’a dit que j’avais menti”.

Questionné sur la sécurité par un salarié dont la femme prend “le train tous les jours de Montargis à Paris avec le peur au ventre”, l’ancien Président a proposé de réinstituer le service militaire obligatoire pour les jeunes “décrocheurs” qui ne sont ni en formation ni au travail, parce que “l’armée peut leur redonner des repères”. Il s’est d’autre part dit favorable à la déchéance de nationalité inscrite dans la constitution pour les bi-nationaux, estimant que François Hollande “à force de vouloir faire plaisir à la droite et à la gauche, s’est pris les pieds dans le tapis”.

Enfin répétant à l’envi son “travailler plus pour gagner plus, l’ancien Président s’est même fendu d’une citation de Freud, “Vivre c’est aimer et travailler”.

Ch.B

“Cette foutue lutte des classes”

sarkozyA propos de la loi El Khomry, Nicolas Sarkozy a commenté: “on veut passer d’une démocratie sociale de confrontation à une démocratie de concertation (…) Cette vision d’un chef d’entreprise qui rêve de virer les gens c’est une vision d’un autre siècle.” S’agissant des licenciements Nicolas Sarkozy a expliqué sa vision d’une entreprise ou salariés et patron sont dans le même bateau:

“Si l’entreprise perd un marché elle doit pouvoir se séparer d’un salarié. Si elle gagne des marchés elle doit pouvoir embaucher. Aujourd’hui c’est sous le contrôle des tribunaux, ce sont les juges qui décident de l’opportunité ou pas de débaucher. Qu’est-ce qu’il y connait le juge? Il  faut que le juge constate la réalité du marché disparu mais laisse les salariés et les dirigeants décider des conséquences sociales de ces marchés disparus.”

Pour la représentation syndicale, Nicolas veut la supprimer avant cinquante salariés. Il propose encore de supprimer les contrôles de l’inspection du travail, du fisc, sur place dans les entreprises sauf en cas de suspicion de fraude. Et il conclut: “Il faut oublier cette foutue lutte des classes!”

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