Spring in Bourges : un vendredi qui avait des airs de fête

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Il faut se faire une saison, le Printemps n’est plus à Bourges, il a suivi d’autres voix. A 40 ans il est passé de premier festival de la chanson française à cet aîné qui se fait tirer les peaux pour ne pas devenir un vieux son.

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Jeudi, à l’Auditorium, en attendant Lola Marsh, deux dames de son âge (au Printemps) ou presque devisaient sur « les chansons à texte », tombant à la fin d’accord sur le fait que cette expression ne veut plus rien dire. Faut dire que les chansons sont plutôt désormais world et que le world est tellement américano-english qu’au milieu de cette semaine au six jeudis, la fête a été baptisée Happy Friday (Bon Vendredi). L’eusse tu cru Zoé ?

Dans l’après midi, sous le mini chapiteau du département, Tous en Scène, deux jeunes filles, voix et revers de jupes hauts perchées cherchent à affirmer leurs voix prometteuses du côté de the first lady of song. Elles et leur guitariste s’appellent Midnight Call. Elles viennent de Tours. Zoé a aimé.

Un peu plus loin, further in time, sur la scène of Republican Berry, un rappeur vloulait entendre son public « clapper ». Alors il est descendu pour lui faire faire des « oh,oh,oh » et des « yé,yé,yé ». Tout le monde avait l’air content.

A la terrasse d’à côté, une table de cinq (deux adultes et trois ados). Anna est venue de Lille. Ce doit être son premier Printemps tellement ses yeux brillent. Ils n’ont pas fini, vu qu’elle est venue pour l’Happy Friday et en particulier Odezenne…Kézaco ? « C’est incohérent mais sympa…Décalé quoi ! ». I am totaly larguède.

Noiserv et ses comptines

J’erre dans les allées. Ici on sonde, là on cherche des places. De l’espace prévention, deux créatures vénitiennes aux cornettes felliniennes surgissent pour bénir les passants et disparaissent…Mission anti Sida. L’âme en peine je déambule jusqu’à l’Auditorium non sans me faire copieusement fouiller. Dans le hall, j’hallucine devant un « bar à lait ». Je monte m’asseoir dans la salle n’attendant plus rien…Après une heure des comptines pour adultes d’un drôle homme orchestre du nom de Noiserv je suis un brin requinqué.

Qu’est-ce qui m’a pris de vouloir aller m’immerger dans le Palais d’Auron ? Ca bouchonne gros pour la teuf. Billie Brelok allume la chaudière tandis que General Elektriks, au W, maintient une douce chaleur…

La nuit tombe sur le bitume glissant et je sors du Printemps comme un vieillard en sort mon vieux Victor. Encore une nuit blanche et Bourges va se rendormir.

Au fait où sont passées les paimpolaises ? Et Lucie ? Ah d’accord… Lucie était elle aussi à l’Happy Friday. Elle aussi elle est devenue odezienne. « Je ne connaissais pas mais il a mis une grosse ambiance dans le Palais d’Auron. Des textes amusants et un rap entraînant ».

Elle a eu un second coup de cœur Lucie : « Caravan Palace. Un festif mélange des genres, entre rétro et moderne. Les rythmes sont énergisants. Sur scène, la chanteuse dansait le Lindy hop avec une sacrée pêche! Et puis c’était chouette de voir du gros son avec de vrais musiciens, ça change de ceux qui ne font que tourner des boutons et c’est agréable à regarder! Ca envoyait du pâté comme on dit!! »

Elle l’a dit.

Si le W maîtrisait ses poum-poum…

Quant au paimpolaises…Couchées à plus de trois plombes du mat’, pas facile de leur faire cracher la valda… Lorsqu’elles émergent c’est la fête à Dominique A. « Monotone »…Qu’elles disent. Avant de nuancer. Le chauve à la belle voix a « proposé un récital de ses chansons oubliées, celles que d’autres n’ont pas voulu » sourit le chauve. Marie reconnaît qu’il « fallait oser imaginer une création de fonds de tiroirs ». Elle avait de Dominique A un autre souvenir…

The Avener

The Avener

Les iNOUïS d’Edith ? Nord et son rock pas trop violent venu de Rouen et Fishbach de Champagne-Ardenne, cousin éloigné de Bashung. Beau pas comme Bowie mais beau Tharin quand même, Fabian pourrait…Mais un peu trop vulgaire. En revanche, au W, The Avener et « son électro fort et magnifique » lui a fait penser à Jean-Michel Jarre. « Du visuel rafiné » confirme Marie mais qui décidément reproche à la sono du chapiteau son excès de poum-poum qui pénalise le reste…Souvent le plus beau.

Ada

Ada

Annick de Nice (non, non, ce n’est pas la petite amie de Brice) a découvert au Pub des Jacobins « un projet expérimental et libre, un voyage dans une musique de laboratoire anti conformiste et romantico-mélancolique » annonçait les critiques. Annick a retenu que c’était vraiment beau ce que chantait Ada. Du groupe Santino.

Frédérique était à la soirée privée des bus. C’est là qu’elle a rencontré le groupe Le Balluche de la Saugrenue. Et bien ce « musette festif des années 30 plein d’humour et de poésie » proposé les quatre musiciens (guitare, contrebasse, batterie, accordéon) aurait mérité d’être moins privé. Elle le conseille au prochain arrêt.

Et Phil  dans tout ça?

P.M. et Cie

 

L’œil de Phil

Rover

Rover

« Rover …Royal. Trois guitares et une batterie, une scène à l’espace-lumière léché, comme pour toute cette soirée d’ailleurs, Rover était jeudi soir au Palais d’Auron pour un concert de rock qui a impressionné. De sa voix juste et profonde, bien en place sur des compositions musicales écrites pour la scène et jouées par des musiciens heureux. Il a fait un rock & roll contemporain très personnel et créatif. Roots ou d’inspiration « Radiohead », il a su s’approprier la scène, emporter le public pour terminer par un morceau électro rock décoiffant dans une ambiance bleu irréelle. Bluffant.

Jeanne Added : Be sensational!

Jeanne Added

Jeanne Added

Tout a commencé par le titre “Be sensational” de l’album du même nom. Apres un “See me, See me…” presque incantatoire, elle a embarqué le public sans attendre, pour un concert électro Rock (mais pas que…), envoûtant, éblouissant même! Sa présence magistrale sur scène a électrifié un Palais d’Auron plein à craqué. Elle a fait monter les BPM1 en enchaînant ses titres, d’une voix puissante capable de toutes les fantaisies. Sur des morceaux d’inspiration hip hop, rap même, elle a explosé la ligne des styles de la musique electro, a dansé sur des beat répétitifs, ethniques et occupé la scène avec une énergie débordante. 

Dans son concert à la scénographie soignée, aux contre-jours chorégraphiés presque, les lumières étaient à couper le souffle, mais certainement pas le sien ! Derrière elle, ses excellentes musiciennes faisaient battre le cœur, le Beat du concert avec Narumi Herisson aux claviers, Anne Paceo aux percussions…

Jeanne Added a terminé son set en beauté sur le titre “Suddenly”, chanté avec le public, sans même qu’elle lui demande de participer! C’était la star électrique de la soirée, sans aucun doute! »

Philippe Cluzel

1 BPM : Beat Per Minute

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