Pédophilie: l’évêque d’Orléans “licencie” un prêtre qu’il avait dénoncé à la justice

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Une affaire de prêtre pédophile est en cours d’instruction depuis 2012 devant le parquet d’Orléans, à la suite d’un signalement de l’Eglise, a révélé l’évêque d’Orléans, Mgr Jacques Blaquart, lundi, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a fait le bilan du dispositif “Ecoute des blessures”, mise en place sur le diocèse. Un numéro de téléphone et un mail gérés par une équipe d’accueil installés depuis un peu plus d’un an et qui fait école dans l’église secouée par les affaires de pédophilie notamment à Lyon.

Jacques Blacart.

Jacques Blacart.

Les faits à Orléans remontent  à 1993, et se sont produits à l’occasion d’un camp du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) où officiait ce prêtre en tant qu’aumônier, dans le sud-ouest de la France, a précisé l’évêque, qui a agi après avoir été contacté par une victime en 2011.

évêque Orléans Blacart “J’ai aussitôt saisi le procureur. L’enquête est en cours et aurait mis en évidence huit ou neuf cas d’attouchements sur mineurs, sur des victimes âgées d’une douzaine d’années”, a ajouté Mgr Blaquart.

Ce prêtre, qui était aussi aumônier auprès des scouts d’Europe, a été mis en examen en 2012 et le procès pourrait avoir lieu l’an prochain. Selon l’évêque, il a reconnu les faits.

“J’aurais du le faire plus tôt”

Les prédécesseurs de Mgr Blaquart avaient eu connaissance de ses agissements et avaient pris “des mesures conservatoires” contre le prêtre, aujourd’hui âgé de 65 ans, pour éviter qu’il soit seul en contact avec des jeunes, mais ils n’avaient pas porté plainte, a-t-il ajouté. Le prêtre a été admis dans une maison de retraite religieuse de la ville.

La médiatisation des faits a fait monter le nombre de contacts réalisé par la cellule d'Orléans.

La médiatisation des faits a fait monter le nombre de contacts réalisé par la cellule d’Orléans.

L’évêque a récemment supprimé les derniers ministères de ce prêtre. “J’aurais dû le faire plus tôt, j’ai maintenu ce prêtre en activité, j’ai sous-estimé les risques”, a t-il confessé. Jacques Blaquart a rencontré des victimes de prêtres pédophiles depuis quatre ans. “C’est alors que j’ai découvert la souffrance de ces personnes et je me suis dit c’est comme une profanation”. Et l’évêque d’Orléans, visiblement très motivé par cette “mission” martèle, “la pédophilie est un acte très grave… Oui c’est un péché grave”.

A chaque fois qu’il a eu vent d’une affaire il a prévenu le parquet. Dans un autre cas récent celui-ci s’est terminé par un non lieu car les faits étaient très anciens.

Douze appels depuis mars

Quatre appels ont été reçus au cours de la première année de fonctionnement, mais depuis un mois et la médiatisation des cas de pédophilie dans l’église, le rythme s’est accéléré, avec 12 appels depuis mars. Quatre contacts concernent des faits anciens commis dans le Loiret par des prêtres décédés. Les autres appels concernent d’autres diocèses et les contacts ont été aussitôt transmis aux évêques concernés.

Ne pas vivre seuls

MontoireA Orléans qui montre le chemin, Jacques Blacart s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire de bénévoles, composée d’un psychothérapeute, une infirmière, un avocat, un prêtre… “Cette équipe est d’abord là pour écouter”, confie l’évêque. Des cellules d’écoute se mettent progressivement en place dans tous les diocèses à la suite des mesures annoncées par l’assemblée plénière des  des évêques des 11 et 12 avril. En région Centre-Val de Loire seul le diocèse de Blois a pour l’instant suivi l’exemple d’Orléans. 

Pour l’évêque d’Orléans la prévention passe par un travail de prévention plus important au séminaire, mais ensuite il “faut pousser au maximum pour que les prêtres puissent vivre en assemblée, qu’ils ne soit pas seuls”. Quant aux camps de vacances où se produisent de nombreux actes de pédophilie, “nous allons envoyer un mot à tous les responsables” révèle encore l’évêque d’Orléans qui ne pense pas que le mariage des prêtres soit une des solutions.  “Il existe aussi beaucoup de cas à l’intérieur des familles” répond-il. Favorable à la “tolérance zéro” au sein de l’église, Jacques Blacart envisage maintenant une action auprès des familles et il martèle, “il ne faut plus que cela se reproduise”.

Ch.B

L’équipe d’accueil du diocèse d’Orléans réservée aux victimes d’agression sexuelles de la part de responsables de l’église, est joignable au 06 42 08 26 03

ecoutedesblessures@gmail.com

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