Le second échangeur autoroutier de Blois en débat

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La CCI de Loir-et-Cher organisait le 19 avril un colloque sur l’opportunité d’un second échangeur autoroutier à Blois. L’actuelle unique entrée/sortie de l’A10 arrive fréquemment à saturation, particulièrement aux heures de pointes, et freine le développement économique du Blésois.

echangeur autoroute blois

C’est un peu l’Arlésienne, cette seconde entrée/sortie d’autoroute A10 à Blois. Dix ans que les élus, chefs d’entreprises, chambres consulaires et usagers de la route en parlent, mais toujours rien à l’horizon. Car en France, on aime bien deux solides vertus qui traversent les âges : faire des erreurs d’aménagement du territoire ; et perdre du temps avant de faire des choix.

Marc Gricourt, maire PS de Blois

Marc Gricourt, maire PS de Blois

Les premières réflexions remontent à 2006, du temps de la présidence d’Alain Courtois à la CCI, et du maire de l’époque Nicolas Perruchot, désormais 1er vice-président du Conseil départemental. Une étude du cabinet Egis, cofinancée par le Conseil départemental, Agglopolys (la communauté d’agglomération blésoise), et la CCI a rendu son verdict, il y a 5 ans déjà. Tout y est passé au peigne fin : impact environnemental et agricole, impact économique, estimation des coûts, etc. Le temps passe, et la circulation devient de plus en plus dense et difficile aux heures de pointes, sur l’axe nord-sud. Particulièrement aux abords du rond point dit de « Cap-Ciné », et de la sortie autoroute. Ça bouchonne et ça râle, de tous côtés. Le maire de Blois, Marc Gricourt, est peu emballé par un second échangeur, et selon lui « il n’y a pas ou très peu de problèmes de circulation » ; il préfèrerait qu’on agrandisse d’abord les équipements actuels avant d’envisager un second équipement.

“La CCI est favorable à l’unanimité”

Yvan Saumet, président de la CCI, aimerait bien que l’on prenne en considération l’avis de la CCI, et de son alter ego, le Medef. « La CCI est favorable à l’unanimité à ce second échangeur. Le Medef est favorable à 80 %». Même l’ancien président Alain Courtois y va de son avis : « 10, 15 minutes de perdues sur un temps de trajet, c’est bien quand on va faire du shopping, mais pas pour les camions qui ont des horaires très précis pour décharger et recharger dans les entreprises », dit-il. Sans compter que pour attirer de nouvelles boîtes, la promesse d’un second échangeur est un gage de leur éventuelle acceptation, en tout cas un argument de poids pour la CCI.

12994533_10206510260218436_6662596846530158774_nLe coût est estimé à 15 M€, finalement pas grand-chose au regard de certaines dépenses urbaines récemment faites à Blois et pointées du doigt par le président Saumet. Mais en y ajoutant les raccordements, déviations et autres doublement de giratoires, on atteint les 40 M€, coquette somme. Pour que la sortie autoroute se fasse, il faut d’abord faire entendre la voix du consensus entre élus, chefs d’entreprises, CCI, Département, et agglo. « Je n’y suis pas opposé » a dit de façon normande le président d’Agglopolys Christophe Degruelle. « Cette seconde sortie est évoquée depuis 5 ans par les élus de l’agglo, c’est notamment inscrit dans le Scot (Schéma de cohérence territoriale) ». Yvan Saumet approuve : « si nous ne sommes pas d’accord entre nous, comment convaincrons-nous l’Etat ? »

Selon lui, il y a urgence à rééquilibrer le territoire entre l’est et l’ouest de Blois. La zone d’activités est en effet quasiment saturée à l’est, et à l’ouest on compte bon nombre de friches industrielles qui ne pourront trouver acquéreur que s’il ne faut pas 15 ou 30 minutes comme c’est le cas parfois pour s’extraire de la sortie de l’A10… Mais « L’Etat est très prudent en matière d’aménagement du territoire », ajoute C. Degruelle, « sans avoir l’enjeu médiatique de ND-des-Landes ou Sivens, il peut y avoir des opposants, des occupations, des dérapages ». Sans compter la recherche de productivité de l’argent public : pour 1 € dépensé, combien en rapportera-t-il ? L’impact environnemental et agricole n’est pas non plus à négliger, et il a été soulevé par la présence au colloque de représentants de la Chambre d’Agriculture : les terres convoitées sont en effet arables et de qualité, et les agriculteurs concernés craignent qu’une nouvelle fois on leur retire le peu qu’il leur reste pour survivre, au nom « d’un élément structurant de l’attractivité du territoire ».

12994359_10206510260258437_8799062548025304754_nPetite lueur d’espoir pour les partisans du second échangeur : il est inscrit au PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal) qui va plancher dessus dans les 4 ans à venir. Il faut l’accord de toutes les communes (actuellement seules 4 communes sont concernées et Blois est loin d’en être chaudement partisane). Cofiroute a indiqué qu’elle pourrait participer financièrement, comme elle l’a récemment fait dans l’Eure-et-Loir. « Si c’est inscrit dans les documents opposables d’urbanisme, cela nous permet de dire à des chefs d’entreprises qui souhaiteraient s’installer ici que ça va se faire, même si on doit encore attendre dix ans il vaut mieux ça que de dire peut-être, voire non », espère le président Yvan Saumet. Nicolas Perruchot pense même que cela peut être plus rapide : « Une fois que les décisions politiques sont prises, c’est 18 mois de travaux » (mais sans compter les rocades annexes…).

Un peu comme dans une chanson célèbre, on se dit rendez-vous dans dix ans, pour voir si les grands hommes du Blésois ont leur second échangeur autoroutier. D’ici là…

Frédéric Sabourin.

Quelques chiffres

A l’heure actuelle, une seule entrée/sortie de l’autoroute A10 irrigue le bassin de Blois, à hauteur de La Chaussée-Saint-Victor et Saint-Denis-sur-Loire. 11.000 véhicules/jour.

72 % de l’activité est concentré dans les zones d’activités situées autour de cette sortie.

L’axe sud-nord (D956-D200) subit chaque jour un engorgement sur certains carrefours. 45.000 véhicules transitent quotidiennement sur le pont Charles-de-Gaulle (60 % des véhicules qui traversent la Loire).

Plusieurs options : variante est, la plus proche de Blois, située sur les communes de Saint-Sulpice-de-Pommeray et Fossé. Une variante ouest, la plus éloignée de Blois, située à hauteur d’Herbault. Une variante intermédiaire située du la commune de Saint-Lubin-en-Vergonnois. Financièrement et d’un point de vue environnemental, il semblerait que la variante est soit la plus intéressante économiquement.

La fréquentation de l’A10 augmenterait de 11 à 21 %. Le nouvel échangeur capterait 40 % du trafic total, dont 4.000 véhicules/jour de l’échangeur actuel.

Entre 300 et 330 ha de potentiel foncier à vocation économique s’ouvriraient à l’ouest de Blois.

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