“Qu’est ce que vous fabriquez?” : une superbe Flûte enchantée au Zénith d’Orléans

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Est-ce l’effet Jean-Marc Ayrault? Ils ont été trois mille à prendre le plus beau des cours d’Allemand vendredi soir dans la grande salle du Zénith à Orléans. Tellement attentifs et subjugués par ce conte philosophique donné par deux cents artistes qu’on aurait entendu une flûte gazouiller! Dire que Mozart, twittait sans le savoir! D’ailleurs le plus merveilleux des opéras dans la langue de Goethe du génial Mozart était entrecoupé de sous-titres en live du livret en Français, agrémentés de quelques commentaires explicatifs, souvent sur le ton de l’humour et de la fantaisie.

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La Reine de la nuit, Marlène Assayag.


Une flûte qui n’est pas pipeau

Et ce n’est pas parce que la troupe qui s’est produite sous le label de la Fabrique opéra était

Clément Joubert, le chef d'orchestre du projet de la Fabrique opéra d'Orléans.

Clément Joubert, le chef d’orchestre du projet de la Fabrique opéra d’Orléans.

composée d’artistes professionnels et amateurs, d’apprentis aussi, que cette Flûte enchantée serait du pipeau. Tout le contraire. C’est un spectacle total, de la grande et belle musique donnée par des musiciens remarquables, un art lyrique servi par des chanteurs de très haut niveau, qui ont …enchanté le public vendredi soir.  Celui-ci a fait un triomphe à toute la troupe, 17 solistes, trente choristes, trente musiciens, et la présentation sur scène au final des apprentis régionaux qui ont participé à l’aventure de cet opéra participatif, a donné une touche supplémentaire d’émotion à cette soirée.

IMG_5292Les coiffures, les maquillages, les costumes, les décors ont en effet été préparés, parfois confectionnés par les élèves des CFA de la Chambre de métiers et de bac pro. Clément Joubert, le chef d’orchestre (l’Orchestre de Léonie), qui est à la baguette de ce  projet d’opéra pour tous, a réussi son pari avec maestria: après Carmen en 2015, monter un projet pédagogique tout en offrant un spectacle complet qui a pour objectif de “désacraliser l’art lyrique”, en y convertissant  un public béotien, en faisant descendre l’opéra dans les zéniths. Pour ce faire, il ancre la “Fabrique” dans le territoire régional, en y faisant participer des jeunes en formation et des choristes amateurs. Du grand art et ça marche!

Un opéra sur le CV

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Papageno et Pamina

L’énorme succès de la première de vendredi soir va encore plus motiver cette troupe qui donnera encore deux représentations ce samedi et dimanche.

“Il n’y a plus de frontière entre artistes et artisans”, aime à dire Clément Joubert. Les 400 jeunes de l’agglomération ont les yeux qui brillent en racontant leur travail notamment sous la coupe du metteur en scène Jean-Claude Cotillard (le père de Marion!).

Clément Joubert, la cheville ouvrière de la Fabrique à Orléans dit, “nous leur offrons une expérience professionnelle unique, c’est rare de trouver un stage au sein d’un projet culturel”. Entre deux CV qui tombent sur le bureau d’un patron, celui  qui a participé à un opéra bénéficiera d’un vrai plus. Confirmation de Vanessa, une des quatre esthéticiennes en alternance en CFA qui a maquillé trois solistes avant le spectacle: “je n’envisage pas forcément de devenir maquilleuse dans le théâtre mais pourquoi ne pas travailler avec des photographes, c’est possible maintenant j’ai un pied de dedans”. Et lorsque son patron d’apprentissage a su IMG_5315qu’elle s’engageait sur la Flûte, il n’a pas hésité à lui donner des facilités d’horaires.

Faire sortir l’opéra des opéras

Coté professionnels, deux cents solistes ont été auditionnés par Clément Joubert et son équipe qui, tout au long de l’année, fabriquent cet opéra coopératif. “Certains découvraient le concept, il y a eu un vrai engouement, un engagement de la part des artistes pour le projet”. Et il avoue n’avoir pas engagé forcément les meilleurs mais ceux qui, à valeur égale, semblaient les plus motivés par la démarche.  Pour Nicolas Certenais (Sarastro, la basse) qui  a déjà chanté quinze fois à Grenoble,

Nicolas Certenais.

Nicolas Certenais.

la ville à l’origine de La Fabrique, “ce qui m’a plu c’est la synergie entre les compétences au cœur d’un territoire”. Pour Clément Joubert, “l’opéra, c’est aussi le meilleur moyen de faire aimer la musique classique”.

Pour la première fois à la Fabrique Orléans des danseurs.

Pour la première fois à la Fabrique Orléans des danseurs.

Les statistiques le disent bien, tant à Grenoble où la Fabrique en est à son dixième “chantier” d’opéra, qu’à Orléans l’an dernier avec Carmen, “50% des spectateurs n’étaient  jamais allés à l’Opéra”.

Avec un budget de 550 000€ dont 60% sont couverts par la billetterie, la Fabrique opéra soutenue par 90 “ambassadeurs” (des sponsors), “fait sortir l’opéra des opéras” comme dit la présidente de la Fabrique Orléans Val de Loire. Fait-elle un peu d’ombre cette “Fabrique”, à d’autres “entreprises” classiques comme l’ Orchestre d’Orléans et l’opéra de Tours, en tirant la couverture médiatique et partenariale à elle? Cela se dit dans le landernau musical régional. Qu’importe.

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Les apprentis ont eu leur part de succès.

 

En tous cas, les 2h 45 du spectacle (avec entracte) pourraient faire hésiter certains néophytes. Qu’ils le sachent, les “tubes” sont légion et les toutes petites minutes de l’air de la Reine de la nuit, magistralement interprété par Marlène Assayag, valent même, à elles seules, le déplacement.

Ch.B

 

  • La flûte enchantée: représentations, ce samedi soir à 20heures et dimanche 16h, au Zénith d’Orléans. Place disponibles de 19 à 59€. Ouverture des portes 1h 30 avant. Parking gratuit.
  • lafabriqueopera-valdeloire.com

 

 

Originally posted 2016-04-30 14:18:38. Republished by Blog Post Promoter

Commentaires

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  1. Je partage l’enthousiasme de Ch.Bidault, j’y suis allé
    hier soir samedi et c’était la même ferveur que vendredi, à priori.

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