Rencontre/signature avec Annie Ernaux

Cette-photo-identite-Annie-Ernaux-celle-annee-Bac-Annie-Ernaux-1958_0_730_865“En 1988, Annie Ernaux notait dans son journal  : «  Ces deux années, 58-60, m’ont ­“rendue” écrivain, je crois.  » Elle avait tenu à ce que la phrase figure parmi les extraits de ses ­carnets publiés dans Ecrire la vie, le ­volume de la collection «  Quarto  » ­consacré à son œuvre.

Et, pourtant, à ce jour, Annie Ernaux n’avait exploré cette période, allant de ses 18  ans à ses 20  ans, dans aucun de ses livres, même si l’on en trouve de discrets échos dans Les Années. Aujourd’hui, avec l’extraordinaire Mémoire de fille, si juste et si troublant, elle se collette à cette époque matricielle que, dans le même passage de son journal, elle qualifiait d’«  abîme  ». 

Longtemps, Annie Ernaux a tourné autour  : 
«  Depuis vingt ans,
 écrit-elle dans les premières pages de son récit, je note “58” dans les projets de livre. C’est le texte toujours manquant. Toujours remis. Le trou inqualifiable.  » Elle a fini par se résoudre à descendre dans cet « abîme  », à combler ce «  trou  », sans l’aide de son agenda ni de son journal d’alors, brûlés à la fin des années 1960 par sa mère, désireuse d’effacer les traces de la «  mauvaise vie  » de sa fille.
C’était compter sans «   la grande mémoire de la honte, plus mi­nutieuse, plus intraitable que n’importe quelle autre. Cette mémoire qui est en somme le don spécial de la honte  ». (Raphaëlle Leyris, Le Monde, 30/03/2016)

Jeudi 12 mai à 17 h 30

Librairie Les Temps Modernes 57, Rue Notre-Dame de Recouvrance, 45000 Orléans
Tél : 02 38 53 94 35

http://www.librairietempsmodernes.fr/

 






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